Vendredi 3 décembre 2021

Foire

FOIRE D’ART, D’ANTIQUITÉS ET DE DESIGN

Le discret retour de la Biennale

Par Marie Potard · Le Journal des Arts

Le 26 novembre 2021 - 912 mots

PARIS

Alors qu’on ne l’attendait plus, l’ex-Biennale des antiquaires revient pour une 32e édition au Grand Palais éphémère, du 26 novembre au 5 décembre.

Le Grand Palais Éphémère. © RMN-GP / Patrick Tourneboeuf
Le Grand Palais Éphémère.
© RMN-GP / Patrick Tourneboeuf

Paris. Ces derniers temps, il était devenu difficile de suivre les intentions du Syndicat national des antiquaires (SNA), organisateur de l’ancienne Biennale des antiquaires (un temps nommée « La Biennale Paris »), quant à la tenue (ou non) d’un événement, et sous quelle forme. Début mars 2021, le SNA annonçait mettre en sommeil sa manifestation phare vieille de plus de soixante ans, pour la remplacer par un nouveau salon au nom plutôt malvenu, « EX.Paris », mêlant arts et haute facture – fruit d’un partenariat avec un spécialiste de l’événementiel, Alexis Cassin. Mais, à la suite d’un désaccord entre les partenaires, le contrat est rompu. Le SNA décide alors de réactiver son ancien salon sous l’appellation de « La Biennale » (sans les mentions de « Paris » ni d’« antiquaires ») – un nom désormais déposé, assorti d’une nouvelle identité visuelle.

Ces nombreux revirements, ajoutés aux errements stratégiques du passé et aux conflits internes, n’ont pas facilité la commercialisation des stands, même si les marchands qui avaient signé pour EX.Paris ont presque tous accepté un transfert de contrat. Toujours est-il que La Biennale fait bel et bien son retour pour une édition annoncée comme « un événement fort pour lequel tout sera mis en œuvre », précise Henri Jobbé-Duval, venu soutenir les organisateurs. Ces derniers ont d’ailleurs revu leur copie par rapport à la version 2019, celle de 2020 ayant été annulée pour cause de crise sanitaire : dix jours d’exposition au lieu de cinq ; un plan au sol modifié avec un axe central en croix composé de deux grandes allées de 6 mètres chacune ; le tout ponctué par un « parcours sculptures » composé d’une dizaine de pièces, prêtées par des galeries, collectionneurs et musées, français et étrangers. Par ailleurs, le dîner de gala est supprimé, tout comme la section « Nouveaux Talents ».

56 exposants

Sur les 10 000 mètres carrés d’exposition qu’offre le bâtiment éphémère, 2 650 seulement sont attribués aux marchands, avec des stands de 40 m2 en moyenne (proposés entre 850 et 1100 € le mètre carré). Le reste est dévolu à des expositions muséales (Musée de Flandre, Musée Maillol, Ateliers d’art de la Réunion des musées nationaux, Mobilier national), tandis qu’un espace est confié aux salons Art Genève et Art Monte-Carlo et un stand alloué à des experts pour toute sollicitation d’expertise.

L’édition réunit 56 marchands, dont 25 % sont étrangers, contre 75 en 2019. Si elle compte quelques grosses pointures, elle comprend aussi une quinzaine de galeries quasi inconnues sur la scène internationale. Par rapport à la précédente édition, 22 seulement reviennent, à l’instar de Kent Antiques (Londres), Opera Gallery (Paris) ou Costermans (Bruxelles) – aux côtés de fidèles telles que les parisiennes Berès, Kevorkian ou Univers du bronze ; seules trois galeries de l’édition 2019 ont préféré le salon Fine Arts Paris. Une vingtaine participent à La Biennale pour la première fois à l’instar de Furstenberg (Paris), Louis & Sack (Paris), Françoise Livinec (Paris), Montagut (Barcelone), BG Arts (Paris) ou encore Guy Pieters (Knockke-Heist).

L’art moderne et contemporain, de même que la joaillerie, sont très présents avec respectivement une douzaine de galeries et dix créateurs ou marques, parmi lesquels Chopard, Elsa Jin, Horovitz & Totah mais aussi la maison Vever. Celle-ci, mise en sommeil en 1982, ressuscite pour fêter ses 200 ans sous la houlette de Camille et Damien Vever – 7e génération. On trouve également du design (10 exposants), de l’archéologie (4), des arts premiers (4), mais seulement une poignée de galeries spécialisées en objets d’art et mobilier ancien, ou en peinture ancienne, des catégories phagocytées par Fine Arts Paris.

Une offre classique

Parmi les œuvres à découvrir, signalons : Le Grand Bassin de Marquayrol au soleil, vue latérale depuis la maison, d’Henri Martin (1860-1943), toile qui vient d’être exposée au Musée de Giverny, proposée autour de 500 000 euros à la galerie Alexis Pentcheff (Marseille ; un masque Dan, Côte d’Ivoire, chez Montagut (autour de 40 000 €) ; un masque chamanique, Yup’ik Eskimo, XIXe siècle, issu de l’ancienne collection Michel Périnet (au-delà de 500 000 €) à la Galerie Flak (Paris) ; un collier sautoir Impératrice, inspiré de la broche Sylvia (Art nouveau) créée par Paul Vever il y a plus de cent ans, en perles, or, diamants de synthèse et émail à jour (350 000 €) chez Vever ; un grand vase zoomorphe en terre cuite, nord-ouest de l’Iran, fin du IIe-début du Ier millénaire av. J.-C. chez Kevorkian (moins de 50 000 €) ; Homme, 1969, de Judit Reigl, une toile issue d’une série fondée sur la figure et la couleur chez Berès ; « Les cinq sens », suite de cinq tableaux, 1865, d’Henri Guillaume Schlesinger, provenant de la collection de Napoléon III au palais impérial de l’Élysée, chez Marc Segoura (Saint-Ouen) ; ou encore Flamant en marche, un bronze de Bugatti, fonte Hébrard, vers 1904-1934, chez Nicolas Bourriaud (entre 150 000 et 180 000 €).

On peut aussi admirer chez Antonia Eberwein (Paris) un fragment de tête en granit de la déesse Sakhmet, à tête de lionne, Égypte (Karnak ?), Nouvel Empire, 18e dynastie (1550-1292 av. J.-C.), proposé à plus de 500 000 euros ; une statue reliquaire Fang, Gabon, XIXe-XXe siècle, de l’ancienne collection Jacques Kerchache chez Meyer (420 000 €) ou un ensemble de dix musiciens et deux danseuses en terre cuite, Chine, dynastie des Qi du Nord (550-575 apr. J.-C.), à la galerie belge Ming-k’i (65 000 €).

La Biennale,
du 26 novembre au 5 décembre, Grand Palais éphémère, place Joffre, 75007 Paris, labiennaleparis.com

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°577 du 12 novembre 2021, avec le titre suivant : Le discret retour de la Biennale

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