Ventes publiques - Restitutions

Huit œuvres issues du trafic illicite d’antiquités retirées récemment des ventes Christie’s

Par Julie Paulais · lejournaldesarts.fr

Le 17 avril 2015 - 397 mots

GLASGOW (ROYAUME-UNI) [17.04.15] – Grâce au travail d’un archéologue de l’Université de Glasgow, huit antiquités issues du trafic de biens culturels ont été retirées des ventes Christie’s au cours des six derniers mois. La maison de vente a annoncé qu’elle collaborait avec Scotland Yard pour enquêter sur la provenance des objets.

C’est la seconde fois en six mois que le Dr Christos Tsirogiannis, chercheur à l’Université de Glasgow, met en doute la provenance d’objets destinés à être mis aux enchères par Christie’s. L’affaire est rapportée par The Scotsman. Au total, huit rares antiquités, dont la valeur totale est estimée à plus d’1,2 million de livres, ont été retirées des ventes. Le Dr Tsirogiannis a découvert dans des archives que ces objets avaient été saisis à des marchands d’art italiens condamnés pour trafic de biens culturels. Le 14 avril, quatre artefacts devaient être vendus aux enchères à Londres, mais ils ont finalement été retirés après que le Dr Christos Tsirogiannis ait avisé Interpol et les autorités italiennes.

Le Dr Tsirogiannis est membre de Trafficking Culture, un programme de recherche basé à Glasgow qui rassemble des preuves du commerce mondial d’objets culturels pillés. Avant la vente prévue, il a recherché les artefacts dans les archives confisqués des deux marchands, Giancomo Medici et Gianfranco Becchina, auxquelles il a accès via la police et les procureurs grecs. Les quatre artefacts remontent à 540 av. J.-C. et comprennent une amphore attique à figures noires et une antéfixe étrusque. Ils valent près de 100 000 livres.

Le Dr Tsirogiannis, qui dénonce le manque de zèle de Christie’s, déclare dans The Scotsman : « Christie’s continue à inclure dans ses ventes des antiquités présentes dans les archives confisquées de marchands d'art condamnés. Parfois, ils vendent les lots […] Christie’s déclare qu'ils n’ont pas accès à ces archives ce qui n’est pas vrai. Chaque maison de vente aux enchères, marchand et musée doit se référer aux autorités italiennes et grecques, qui vérifieront gratuitement avant les ventes ».

Dimanche dernier, une porte-parole de Christie’s a annoncé la collaboration de la maison de ventes avec Scotland Yard pour établir la provenance des objets concernés. Elle a rappelé que la maison de François Pinault ne vendra jamais un artefact si elle avait des raisons de croire qu’il avait été volé, et a appelé ceux ayant accès aux archives Medici et Becchina à les rendre « libre d’accès ».

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Les artefacts qui ont été retirés de la vente et à gauche, l'expert Dr. Tsiriogiannis © Photo Christie's - 2015

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