Dimanche 16 février 2020

Histoire

Versailles (78)

Versailles abandonné, oublié mais ressuscité !

Château de Versailles - Jusqu’au 15 mars 2020

Par Isabelle Manca · L'ŒIL

Le 22 janvier 2020 - 305 mots

Face aux interminables files d’attente de visiteurs venus des quatre coins du globe et la nuée de touristes prenant des selfies dans la galerie des Glaces, qui pourrait imaginer que le château de Versailles n’a pas toujours été une destination incontournable ? Et pourtant, l’engouement pour ce site est un phénomène on ne peut plus récent.

Pendant près d’un siècle, de la Révolution française au Second Empire, le château s’est presque mué en palais fantôme. Vidé de ses œuvres et de son mobilier, il a été laissé pratiquement à l’abandon et ses mythiques jardins en jachère. Ce lieu honni, car incarnant l’Ancien Régime mieux que n’importe quel autre château, ce « royal cimetière », comme le surnomme Proust, a été complètement refoulé dans l’inconscient collectif jusqu’à ce qu’il génère une certaine nostalgie, puis des vagues successives de redécouverte. C’est cette histoire, qui s’écrit de Napoléon III aux années folles, que narre le château dans sa nouvelle exposition. Avouons-le, sur le papier, ce sujet oscillant entre histoire du goût et sociologie du patrimoine avait tout pour n’enthousiasmer que les érudits. C’était sans compter sur la scénographie très vivante imaginée par Hubert Le Gall qui regorge de trouvailles, comme la projection d’extraits de film dans des encadrements de tableaux et une succession d’atmosphères variées et festives. Une tonalité légère et enjouée que l’on retrouve aussi dans la sélection inspirée d’œuvres et d’objets réunis par les commissaires. Laurent Salomé, le directeur des lieux, et Claire Bonnotte, collaboratrice scientifique de l’établissement, ont en effet exhumé des pièces inédites ou peu connues en France, et osé le mélange des registres. Les œuvres majeures côtoient ainsi allègrement des pièces mineures, surfant avec gourmandise sur l’historicisme, voire le kitsch assumé. Mention spéciale pour les toiles de La Touche et les peintures presque fluorescentes de Félix Courché immortalisant avec exubérance les fameux feux d’artifice versaillais.

« Versailles revival 1867-1937 »,
château de Versailles, place d’Armes, Versailles (78), www.chateauversailles.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°731 du 1 février 2020, avec le titre suivant : Versailles abandonné, oublié mais ressuscité !

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