Commémoration

Mobilisation artistique « sans précédent » pour les 50 ans de la mort de Picasso

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 13 septembre 2022 - 642 mots

MADRID / ESPAGNE

Du Prado au Centre Pompidou en passant par le Met de New York, 42 expositions vont être organisées dans le monde pour le cinquantenaire de la mort de Picasso, une « mobilisation sans précédent » pour « l'artiste le plus célèbre de l'art moderne », selon Madrid et Paris.

Les ministres de la culture espagnols et français prononçant un discours devant la toile Guernica de Pablo Picasso au musée Reina Sofia de Madrid, lors des célébrations du cinquantenaire de la mort de l'artiste. © Thomas Coex / AFP
Les ministres de la culture espagnols et français prononçant un discours devant la toile Guernica de Pablo Picasso au musée Reina Sofia de Madrid, lors des célébrations du cinquantenaire de la mort de l'artiste.
© Thomas Coex / AFP

Préparée depuis 18 mois par la France et l'Espagne, l'« année Picasso » mobilisera « 38 institutions majeures en Europe et aux États-Unis », a annoncé lundi devant la presse le ministre espagnol de la Culture, Miquel Iceta, en lançant les célébrations au musée Reina Sofia de Madrid. Ces expositions permettront de « montrer toutes les facettes » de l'artiste espagnol, né en 1881 à Malaga (sud de l'Espagne) et mort en 1973 à Mougins (sud-est de la France), avec une série de « colloques » et de « débats » sur le peintre et sur son œuvre, a ajouté la ministre de la Culture française, Rima Abdul Malak.

Les célébrations débuteront le 23 septembre à la Fondation Mapfre, à Madrid, avec l'exposition « Pablo Picasso et la dématérialisation de la sculpture ». Elles prendront fin en avril 2024 au Petit Palais, à Paris, avec une rétrospective sur « Le Paris des modernes (1905-1925) ».

Sept pays accueilleront des expositions consacrées au peintre espagnol, décrit par la ministre française comme l'« artiste le plus célèbre et le plus emblématique de l'art moderne » : l'Espagne, la France, les États-Unis mais aussi l'Allemagne, la Suisse, la Roumanie et la Belgique. Parmi les institutions mobilisées figurent le Metropolitan Museum of Art (Met) de New York (Etats-Unis), le musée madrilène du Prado, le musée Guggenheim de Bilbao (Espagne), le Centre Pompidou de Paris et les musées Picasso de Barcelone (Espagne) et Paris.

« Excès » et « contradictions »

Ces différentes expositions seront l'occasion de mettre en lumière « l'immense héritage » laissé par l'artiste espagnol, dont l'œuvre « continue de servir de référence absolue pour des artistes du monde entier », a souligné le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez lors d'une cérémonie de lancement de l'année Picasso.

Un message également relayé par Miquel Iceta, qui a insisté sur la « permanence » et la richesse de son œuvre. Les célébrations permettront « de profiter » d'un art « qui est toujours vivant », tout en symbolisant « le XXe siècle », a-t-il insisté devant le tableau Guernica, peint par Picasso en 1937. Cette peinture - elle immortalise le massacre de la ville basque de Guernica, bombardée en avril 1937 par l'aviation nazie venue soutenir le général Franco durant la Guerre civile espagnole - est « un manifeste pour la paix », a ajouté Rima Abdul Malak.

Ce plaidoyer « prend une connotation forcément particulière » à l'heure « où la guerre fait rage aux portes de l'Europe et où nous nous tenons aux côtés du peuple ukrainien », a insisté la ministre, en référence à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Au-delà des références politiques et historiques, les rétrospectives organisées dans le cadre de l'« année Picasso » seront l'occasion, selon les organisateurs, de se pencher également sur les « excès » et les « contradictions » de l'artiste. La figure de Picasso, longtemps déifié pour son génie pictural, est écornée depuis plusieurs années par des accusations de misogynie et de violences envers ses compagnes, placées sous les feux des projecteurs depuis le mouvement #MeToo.

L'auteur des Demoiselles d'Avignon et de La femme qui pleure, qui a passé l'essentiel de sa vie en France, a notamment été accusé par la journaliste Sophie Chauveau dans son ouvrage Picasso, le Minotaure d'être un homme « jaloux », « pervers » et « destructeur ».

« Il est important que le public connaisse mieux Picasso et connaisse aussi la part de violence qu'il y avait en lui. C'est quelque chose qu'il ne faut pas cacher », a reconnu lundi Rima Abdul Malak, tout en jugeant nécessaire de « ne pas réduire toute l'œuvre de Picasso » à ce sujet.

Le rapport aux femmes du peintre et sculpteur espagnol sera notamment abordé dans le cadre d'une exposition prévue au Brooklyn Museum (New York) à l'été 2023.

Par Valentin Bontemps

Cet article a été publié par l'AFP le 12 septembre 2022.

Thématiques

Tous les articles dans Expositions

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque