Dimanche 24 janvier 2021

Grands anciens et jeune garde au coude à coude

Par Adam Guillaume · Le Journal des Arts

Le 1 mai 1996 - 1861 mots

Des "primitifs" français aux œuvres récentes de Bernard Plossu, d’Hannah Collins, de Keiichi Tahara, de Toni Catany et de Jorge Ribalta, en passant par des photogrammes de Man Ray et des tirages de Raoul Ubac, le programme des galeries françaises, belges et suisses reflète la diversité des modes d’expression adoptés par les artistes depuis l’invention de la photographie.

À Paris
La galerie Alain Paviot (5, rue du Marché-Saint-Honoré, Ier, 42 60 68 08) exposera, de début mai à fin juin, une vingtaine de photogrammes du début du siècle, dont certains de Man Ray et Moholy-Nagy.

Invité il y a un an à la galerie Françoise Paviot (57, rue Sainte-Anne, IIe, 42 60 10 01), Robert Asman y revient cette année pour sa première exposition personnelle, "Nus, 1990-1996", jusqu’au 25 mai. Pour obtenir des couleurs et des textures originales, ce photographe américain, né en 1951, retravaille certains négatifs papier à la main ou combine différents agents – sélénium, agent de blanchiment, sépia – pour ses tirages argentiques. Une exposition consacrée à Gilles Gerbaud est programmée ultérieurement, du 28 mai au 12 juillet.

Jusqu’au 1er juin, la galerie Polaris (8, rue Saint-Claude, IIIe, 42 72 21 27) propose la première exposition personnelle de Nigel Rolfe en France. Ce photographe anglais, né en 1950, qui vit et travaille à Dublin, présente en parallèle un ensemble d’œuvres vidéo à l’Arc, au premier étage du Musée d’art moderne de la Ville de Paris.
 
Si vous haïssez les dimanche, parce qu’il règne ce jour-là "une vacuité horrible qui nous pousse à prendre la fuite dans la névrose…", rendez-vous – sauf le lundi… et le dimanche – à la galerie Bouqueret Lebon (69, rue de Turenne, IIIe, 40 27 92 21), jusqu’au 3 juin, pour y voir "Les névrose du dimanche et autres pièces" de Jürgen Klauke.

La galerie Michèle Chomette (24, rue Beaubourg, IIIe, 42 78 05 62) montre un autre Bernard Plossu. Loin des étiquettes qui lui collent à la peau (le voyage, l’autobiographie…), il expose une soixantaine de photographies d’intérieurs, d’architecture et d’objets… jusqu’au 25 mai. Ensuite, "Presque rien, œuvres photographiques 1850-1996", du 4 juin au 27 juillet, reprend la formule utilisée lors du Mois de la photo 1995, en confrontant des clichés du siècle dernier (Auguste Ravier, Charles Marville…), de l’entre-deux-guerres (Eli Lotar, Piet Zwart…) et d’aujourd’hui (Alain Fleischer, Éric Rondepierre…).

L’Andalousie de Jorge Camacho
Pour la première fois en France, la galerie Thessa Herold, (7, rue de Thorigny, IIIe, 42 78 78 68) organise une exposition regroupant deux activités de l’artiste cubain Jorge Camacho : des peintures récentes, "La nature des choses", et des photographie d’Andalousie, "Les bois des sables", du 21 mai au 29 juin.

Anne Deguelle a conçu une installation pour la galerie Isabelle Bongard (4, rue de Rivoli, IVe, 42 78 13 44), autour de laquelle une dizaine de diplopies sur verre seront montrées du 25 avril au 1er juin. Puis, du 6 juin au 13 juillet, "Histoires de colles…" sera consacré aux collages de Cozette de Charmoy, Jacques Jouet et Manuel Salvat, qui proposera des "mises en scènes photographiques" créées dans des boîtes-aquariums.

La galerie Agathe Gaillard (3, rue du Pont-Louis-Philippe, IVe, 42 77 38 24) présente, du 25 avril au 25 mai, des photographies emblématiques des années d’adolescence dans les années cinquante et soixante, vues par Émile Guérin. Les stars du cinéma hollywoodien et parisien de la même époque, photographiées pour Paris Match par Willy Rizzo, prendront le relais du 29 mai au 3 juillet.

Après les "Autoportraits" de Robert Mapplethorpe (jusqu’au 4 mai, lire notre article p. 10), la galerie Baudoin Lebon (38, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, IVe, 42 72 09 10) exposera, du 6 juin au 12 juillet, une vingtaine d’œuvres récentes de Keiichi Tahara : des représentations d’antiques sur pierre et sur verre, telles qu’on peut en voir actuellement à la MEP.

Première exposition personnelle d’Hannah Collins
Fariba Hajamadi, artiste américaine d’origine iranienne récemment exposée au Frac Basse-Normandie à Caen, propose sa vision des "problèmes de l’industrie des musées, leurs dysfonctionnements et leurs négligences" à la galerie Laage-Salomon (57, rue du Temple, IVe, 42 78 11 71) jusqu’au 25 mai. Du 1er juin au 20 juillet, la galerie accueillera la première exposition personnelle de la Britannique Hannah Collins, qui explore les marges de notre société et remet en question ses valeurs.

En attendant l’exposition Paul Chateau, du 22 mai au 29 juin, la galerie Jean-Pierre Lambert (3, place du Marché-Sainte-Catherine, IVe, 42 78 62 74) propose une exposition collective des artistes qu’elle représente jusqu’au 11 mai.

Après l’hypogée de Nefra (1990) et la bibliothèque de Babylone, Thierry Urbain, ancien pensionnaire de la Villa Médicis, propose "l’hypothèse métaphysique" de la citadelle et des sanctuaires de Qsar el Saràb, à la galerie Pons (38, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie, IVe, 42 71 46 70), jusqu’au 27 avril. Des photographies de Luis Gonzalez Palma seront ensuite accrochées du 4 mai au 15 juin.

Né en 1952 à Bolzano, en Italie, où il vit actuellement, Walter Niedermayr expose une série de paysages des Alpes dolomitiques à la galerie Anne de Villepoix (11, rue des Tournelles, IVe, 42 78 32 24), jusqu’au 27 avril.

La galerie Zabriskie (37, rue Quincampoix, IVe, 42 72 35 47) présente une cinquantaine de paysages de petit format imprimés sur toile du jeune artiste espagnol Jorge Ribalta, du 15 mai à la fin juillet.

Secrétaire de l’association Pierre Loti, Régine Lussan organise, du 28 mai au 14 juin, une exposition (7, rue de l’Odéon, VIe, 46 33 37 50) à l’occasion de la publication de son ouvrage (500 exemplaires numérotés, 495 F) consacré aux photographies qu’a prises Pierre Loti au cours de ses pérégrinations (Inde, Égypte, Turquie, Perse, Polynésie, Pays basque…).

Comme chaque semestre, la galerie Nesle, (8, rue de Nesle, VIe, 43 25 25 41) organise, du 6 mai au 19 mai, son "Mois bis de la photographie". Une centaine de photographes représentatifs de la photographie contemporaine y exposeront chacun six œuvres.

"Déambulations en état d’ivresse" est le titre de l’exposition de Pan Hsiao Hsia, qui présente 24 photos en noir et blanc du Red District de Taiwan à la galerie Lalaverie (9, rue Keller, XIe, 47 00 11 38), du 6 mai au 8 juin.

Jusqu’au 25 mai, la galerie Noire et Blanche (18, rue Keller, XIe, 48 07 81 82) propose des tirages de Raoul Ubac, dont la qualité n’a rien à envier aux vintages de l’artiste.

Après les vidéos des actions et des performances de Lucy Orta, visibles jusqu’au 1er juin, les espaces de la galerie Yvonamor Palix (13, rue Keller, XIe, 48 06 36 70) seront occupés par les installations photographiques de l’artiste espagnol Daniel Canogar : "Incorporeo", du 4 juin à la fin juillet.

Une quarantaine de photographies de Willy Ronis, datées de 1938 à 1986, illustrent le thème de la fenêtre au sens large – "l’ouverture" sur le monde – à la galerie Camera Obscura (12, rue Ernest-Cresson, XIVe, 45 45 67 08), jusqu’au 4 mai. Un choix de vues de Palestine, de Tunisie et de Grèce, par Lorand Gaspar, lui succédera du 14 mai au 13 juin.

Comme à son habitude, la galerie Léon Herschtritt (marché aux puces Paul Bert, allée 1, stand 2, Saint-Ouen, 40 11 50 06) propose un choix d’acquisitions récentes de photographes des XIXe et XXe siècles : Baldus, Boubat, Tabard, Karsh… Par ailleurs, Léon Herschtritt expose au Musée de la photographie de Mougins une série de portraits qu’il a réalisés dans les années soixante (jusqu’au 20 mai).

En régions
À Amiens, la galerie Snapshot (13, rue Latour, 22 89 50 54) présente "La montagne Sainte-Victoire" vue par Julie Ganzin, du 24 mai au 8 juin. Puis, un ensemble de vingt photographies de Nancy Wilson-Pajic sur le cirque, prêtées exceptionnellement par le Fonds national d’art contemporain, sera exposé du 15 au 30 juin.

À Bordeaux, la galerie Arrêt sur l’image (20, rue de la Liberté, 56 48 56 36) organise, comme tous les ans depuis cinq ans, la manifestation "Itinéraire des photographes voyageurs" : ainsi, douze expositions sont organisées dans sept lieux différents durant tout le mois d’avril.

À Lyon, la galerie Le réverbère 2 (38, rue Burdeau, 72 00 06 72) propose une double exposition Lionel Fourneaux et Jean-Claude Palisse, jusqu’au 11 mai. Une installation-métaphore de la photographie, due au couple Chantal Mélia et François Loriot, qui sera présent au Mai de Reims et aux Rencontres d’Arles, sera ensuite exposée du 21 mai au 7 juillet.

À Lyon toujours, la galerie Vrais rêves (6, rue Dumenge, 78 30 65 42) expose, jusqu’au 11 mai, les installations de deux auteurs, Danielle Cassenx et Jacques Roux, préoccupés par les notions de mise en espace et d’illusion. Après la Pologne l’année passée, la galerie posera ensuite son regard sur la "Photographie contemporaine tchèque", du 17 mai au 29 juin. Vladimir Zidlicky, ancien directeur de l’École de beaux-arts de Brno, a choisi de présenter ses propres œuvres ainsi que celles de deux jeunes photographes, Vaclav Jirasek et Yvan Pinkava.

À Lyon enfin, la galerie B.F. 15 (5, rue Bonnefoi, 72 61 95 39) se focalise sur un plasticien maniant la photographie, Jean-Claude Guillaumon, qui utilise toutes les ressources de l’image jusqu’au diaporama, en passant par la vidéo.

À Marseille, les Ateliers Nadar (3, rue Lafon, 91 33 41 21) accueillent, du 25 mai au 29 juin, une exposition présentée en janvier à l’Alliance française de Rotterdam, fruit de la rencontre du peintre néerlandais Marian Breedveld et du photographe marseillais Olivier Menanteau, co-fondateur des Ateliers Nadar.

L’unique galerie de Toulouse spécialisée dans la photographie, la galerie du Forum (18, rue de la République, 61 42 63 47), propose, jusqu’au 4 mai, des photos à la gomme bichromatée de l’artiste liégeois Roland Castro, imprimées sur tissu et sur papier japonais. Des nus masculins et des natures mortes du photographe catalan Toni Catany seront exposés du 14 mai au 15 juin, puis des tirages originaux du XIXe siècle seront accrochés du 18 juin au 20 juillet.

En Belgique et en Suisse
À Anvers, l’exposition consacrée à Thomas Florschuetz à la Vera Van Laer Gallery (Hoogstraat 11-13, 03 227 32 42) s’achève le 22 avril, mais ses travaux seront disponibles jusqu’à la mi-mai. Neils Donckers et Jan Kempenaers sont ensuite invités à participer à une exposition collective de jeunes artistes anversois : "Contractions", du 27 avril au 19 mai. Puis, du 30 mai à la fin septembre, le photographe italien Attilio Maranzano exposera en compagnie d’Ettore Spaletti.

À Bruxelles, la galerie Coppens (avenue du Mont Kemmel, 02 534 50 23) propose, du 25 avril au 1er juin, une sélection de photographies récentes de John Coplans, né en Angleterre en 1920, qui fut tour à tour peintre, critique d’art, commissaire d’exposition…

À Lausanne, le photographe lausannois Olivier Christinat exposera au Musée de l’Élysée du 15 mai au 20 juin. Il livre ses "Photographies apocryphes" inspirées de la représentation du sacré, à la galerie Knapp (28, rue Pré-du-Marché, 021 312 23 20), jusqu’au 18 mai.

À St. Gall, la Erker-Galerie (Gallusstrasse 32, 071 22 79 79) propose, jusqu’au 8 juin, une série de portraits d’artistes et d’intellectuels (Hartung, Tàpies, Ionesco, Cioran, Jünger…) réalisés entre 1980 et 1995 par Franziska Messner-Rast, née à St. Gall en 1951.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°25 du 1 mai 1996, avec le titre suivant : Grands anciens et jeune garde au coude à coude

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