Commande publique

Emmanuel Macron détaille (enfin) son « grand » programme de commande publique

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 9 novembre 2021 - 711 mots

FRANCE

Le président a présenté l’esprit des 264 projets retenus dans le cadre du dispositif renommé « Mondes Nouveaux ».

Emmanuel Macron lors d'une vidéoconférence avec des artistes, le 6 mai 2020, avant l'annonce du « plan culture ». © Ludovic Marin/Pool/AFP
Emmanuel Macron lors d'une vidéoconférence avec des artistes, le 6 mai 2020, avant l'annonce du « plan culture ».
© Ludovic Marin / Pool / AFP

Annoncé en mai 2020 par le Président Macron, le « grand programme de commande publique pour les jeunes créateurs », doté de 30 millions d’euros a été présenté lundi 8 novembre au soir dans les salons de l’Elysées. 

Si le programme a mis autant de temps à voir le jour, c’est d’abord parce qu’il a fallu définir une méthode. A l’Elysée on insiste sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une commande publique classique mais d’un appel à projets qui part des aspirations des artistes. Puis il a fallu gérer le nombre très important de candidatures : plus de 3 200 entre juin et août 2021. D’autant que finalement l’Elysée a décidé de revenir sur le critère d’âge et d’ouvrir les candidatures à tous les artistes, auteurs, designers, compositeurs, vivant et travaillant en France, quel que soit leur âge et nationalité.

Le comité chargé de piloter le programme, présidé par Bernard Blistène, l’ancien directeur du Musée national d’art moderne, a choisi de procéder en deux temps. 264 projets ont été retenus, 85 portés par des collectifs et 179 par des artistes seuls. Ils ont maintenant trois mois pour définir avec le lieu d’accueil, l’objet précis de la commande, le coût de production et le calendrier. Ils sont rémunérés pour cela entre 3 000 et 10 000 € en fonction de l’ampleur du projet, ce qui laisse grosso modo une enveloppe moyenne de 90 000 € par projet, une fois déduits les coûts de cette première phase d’étude et les coûts de fonctionnement du comité de suivi (5 millions d’euros).

Dans les faits, cette somme de 90 000 € est purement indicative, car elle dépend beaucoup de la nature du projet. Conformément aux annonces initiales, tous les secteurs de la création sont concernés. Si les arts visuels sont les mieux représentés (29 %) et sans doute plus si on ajoute les projets pluridisciplinaires (26 %), la musique et le spectacle vivant sont également bénéficiaires du programme (22 %), ainsi que le design (14 %) et l’écriture (9 %).

Le coût de mise en œuvre de la proposition d’Hélène Frappat qui va aller interroger les habitants autour de la basilique de Saint-Denis pour écrire sur leurs morts n’est pas le même que celui de l’artiste Katia Kameli qui veut créer pour un jardin méditerranéen, une installation sculpturale et musicale réinterprétant un conte persan.

D’autres induisent des coûts de production nettement plus élevés, ainsi le designer Frédéric Bonin veut récupérer les déchets plastiques dans les fonds marins pour en faire du mobilier. Les designers Pablo Bras et Violette Vigneron veulent, eux, concevoir un mobilier public à installer autour du Cairn de Barnenez dans le Finistère.

Certains projets ont besoin d’être affinés avant de calibrer le budget. L’artiste britannique Olivier Beer souhaite enregistrer les sons des grottes de la Vézère pour les restituer ensuite en une sorte d'opéra musical. Le collectif constitué de l’artiste Jean-Marie Appriou et de l’historienne de l’art Charlotte Cosson, veut créer un bateau-phare, « une sorte d’œuvre navire », qui naviguerait de port en port à partir d'un assemblage d'anciennes voiles et qui pourrait accueillir des programmations culturelles sur le bateau, sur des enjeux écologiques. C’est aussi le cas du projet du collectif de designers (Lily Gayman, Baptiste Viala) qui consiste à créer un jardin d’eau salé avec une œuvre sculpturale et une aire de jeux. 

L’autre particularité du programme est le fléchage des lieux d’accueil : un tiers environ des projets se situent dans les monuments gérés par le Centre des monuments nationaux et un autre tiers dans les sites naturels du Conservatoire du littoral. Le dernier tiers est hors réseau ou encore à définir. Le comité de sélection s’est cependant attaché à choisir des projets conçus pour des sites précis.

Le comité est composé du philosophe Ronan de Calan, de l’écrivaine Lucie Campos, de la spécialiste du design Caroline Naphegyi, de la commissaire d’exposition Rebecca Lamarche-Vadel, de l’artiste Julien Creuzet, du chorégraphe Noé Soulier, du spécialiste des musiques contemporaines Bruno Messina, et de Chloé Siganos qui gère la programmation du spectacle vivant au Centre Pompidou. Ce comité sera chargé d’accompagner les artistes tout au long de la réalisation des œuvres. Un site internet recensant les projets est en cours de réalisation.

Cet article a été publié le 8 novembre à 20h00

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