Mercredi 22 janvier 2020

Art contemporain

Christo va emballer l’Arc de Triomphe 

Par Antonin Gratien · lejournaldesarts.fr

Le 4 avril 2019 - 345 mots

PARIS

35 ans après le Pont-Neuf, Christo recouvrira en avril 2020 le célèbre et gigantesque monument des Champs-Elysées.

Christo, L'Arc de Triomphe, empaqueté (Projet pour Paris ; Place de l'Etoile – Charles de Gaulle) - Photo André Grossmann © 2019 Christo
Christo, L'Arc de Triomphe, empaqueté (Projet pour Paris ; Place de l'Etoile – Charles de Gaulle), dessin en 2 parties : 38 x 244 cm et 106,6 x 244 cm.
Photo André Grossmann
© 2019 Christo

L’Arc de triomphe va temporairement se transformer en œuvre d’art contemporain. Après le Reichstag (Berlin, 1995), c’est au tour du bâtiment napoléonien d’être recouvert par Christo Vladimiroff Javacheff (83 ans). Du 6 au 19 avril 2020, 25 000 m² de polypropylène argent bleuté habilleront l’édifice des Champs- Élysées.

Le projet en lui-même n’est pas neuf. Il avait été imaginé des années auparavant par Christo et sa défunte compagne, Jeanne-Claude Denat de Guillebon (1935-2009). Sur le site officiel christojeanneclaude.net, un premier photomontage de 1962 est effectivement visible, ainsi que des images plus récentes. Paris n’est pas une ville comme les autres pour le couple qui s’y était rencontré en 1958 et y avait vécu jusqu’en 1964, avant de s’installer définitivement à New York.  

Ce n’est pas la première fois que Christo intervient à Paris. En 1962 il avait bouché la rue Visconti avec 89 barils d’huile. En 1985 il avait ainsi empaqueté de toile le Pont-Neuf.

De mars à juin 2020, le Centre Pompidou consacrera précisément une exposition aux années parisiennes des deux plasticiens. Documentation, photographies et dessins apporteront un éclairage sur leurs créations. Par-delà cette exposition rétrospective, Christo se disait « désireux d’offrir quelque chose ». L’Arc de triomphe empaqueté sera dévoilé durant la même période.

Le Centre des monuments nationaux se veut rassurant sur les conséquences de cette installation : « Durant toute la période où l’œuvre sera visible, comme pendant la durée des travaux d’installation, l’espace sous l’Arc de Triomphe qui surplombe la dalle sacrée où brûle en permanence depuis 1923 la Flamme de la Nation devant la tombe du Soldat Inconnu sera entièrement préservé ». Les hommages, officiels ou non, pourront donc avoir lieu normalement.

L’intégralité de l’installation sera autofinancée grâce, comme à son habitude, à la vente de travaux préparatoires, d’anciennes maquettes, et de lithographies liées à d’autres études. Ainsi les multiples études sous forme de dessin du recouvrement de la rivière Arkansas se vendent couramment aux enchères autour de 30 000 €.


 

Thématiques

Tous les articles dans Création

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque