Dimanche 19 janvier 2020

Restitutions

Un héritier demande aux Pays-Bas la restitution de plus de 140 œuvres

Par Jérémie Glaize · lejournaldesarts.fr

Le 22 novembre 2018 - 306 mots

CHARLESTON / ETATS-UNIS

Le descendant de deux marchands juifs poursuit le gouvernement hollandais pour obtenir la propriété d’œuvres vendues pendant la guerre.

Cette peinture du Loth et ses filles, attribué au cercle de Rembrandt et peint en 1640, est l'un des 143 tableaux que l'héritier des frères Katz demande en restitution au gouvernement hollandais.
Cette peinture du Loth et ses filles, attribué au cercle de Rembrandt et peint en 1640, est l'un des 143 tableaux que l'héritier des frères Katz demande en restitution au gouvernement hollandais.
© photo Musée Catharijneconvent

Bruce Berg, descendant des marchands d’art Benjamin et Nathan Katz, deux frères juifs hollandais, a déposé plainte devant une cour de district de Charleston, en Caroline du Sud, à l’encontre du gouvernement et de divers musées hollandais pour la restitution de 143 œuvres, comme le rapporte le New York Times

« Les Pays-bas ont un intérêt manifeste à conserver ces œuvres, les Etats-Unis ont un intérêt manifeste à ce qui est juste », a déclaré Joel Androphy, l’un des avocats de l’héritier. Les héritiers Katz ont, par le passé, tenté de récupérer une première fois les œuvres, en adressant une requête auprès du comité hollandais de restitution, créé en 2002 et qui a depuis tranché 42 affaires de restitutions à des héritiers. 

Leur demande avait été refusée, au motif que les œuvres auraient été vendues, à l’époque et selon le comité, à des prix justes et en des circonstances « qui ne pouvaient pas être considérées comme involontaires ».

« Contrairement aux propriétaires privés, qui ne doivent pas prouver que les ventes entre 1940 et 1945 n’étaient pas voulues, les marchands d’art, eux, doivent prouver que les ventes n’étaient pas souhaitées », explique Eric Idema, secrétaire du comité, ce à quoi les héritiers ont toujours répliqué que les ventes avaient eu lieu sous la contrainte.

Durant la Seconde Guerre mondiale, les deux frères auraient vendu de nombreuses œuvres d’art en leur possession, parfois afin d’obtenir des faveurs de la part des autorités nazis, comme l’obtention de visa pour 25 de leurs proches, afin de fuir les Pays-Bas occupés, ou encore pour faire libérer leur mère, emprisonnée dans un camp. Ils auraient également, selon le quotidien new-yorkais, aidé et conseillé des officiers et dignitaires nazis à acquérir des œuvres d’art.

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