Dimanche 23 septembre 2018

Restitutions

Restitution de quatre œuvres de la collection Gurlitt

Par Jérémie Glaize · lejournaldesarts.fr

Le 13 septembre 2018 - 366 mots

BERLIN / ALLEMAGNE

Ces dessins ont appartenu un temps à Renate Gurlitt, la fille décédée d’Hildebrand Gurlitt « le marchand des nazis ».

Charles-Dominique-Joseph Eisen (1720-1778), <em>Pourquoy la chagriner? Elle est jolie et sage</em> (détail), 1768, oeuvre sur papier, 26,90 x 20,10 cm
Charles-Dominique-Joseph Eisen (1720-1778), Pourquoy la chagriner? Elle est jolie et sage (détail), 1768, oeuvre sur papier, 26,90 x 20,10 cm

Quatre dessins ayant appartenu à Renate Gurlitt (décédée en 2012), la sœur de Cornelius Gurlitt, ont été rendus à leurs propriétaires légitimes, comme l’ont confirmé les autorités allemandes.
Un collectionneur en possession de ces derniers avait découvert qu’ils se trouvaient dans les archives de la German Lost Art Foundation qui recensent les œuvres d’art confisquées par le régime nazi. C’est ainsi qu’il a compris que ces quatre dessins avaient appartenu à Renate Gurlitt. 

Charles-Dominique-Joseph Eisen - O le bon tems que la moisson! On est ensemble sans façon
Charles-Dominique-Joseph Eisen (1720-1778), O le bon tems que la moisson! On est ensemble sans façon, 1768, oeuvre sur papier, 26,80 x 20,20 cm

Cette dernière, tout comme son frère, avait hérité d’œuvres ayant appartenu à son père, le marchand Hildebrand Gurlitt, chargé par les nazis de vendre à l’étranger des tableaux de l'« art dégénéré » ainsi que des oeuvres spoliées. Parmi celles-ci, figurent les quatre dessins - deux de Charles Eisen, un d’Augustin de St Aubin et un autoportrait d’Anne Vallayer-Coster, qui ont finalement été authentifiés comme ayant appartenu à la famille de la Meurthe, industriels juif hollandais installés à Paris et dont certains membres furent déportés. 

Le collectionneur a décidé de restituer ces dessins aux héritiers de la famille. Une décision saluée par la ministre de la Culture allemande : « C’est une étape supplémentaire concernant les œuvres spoliées par les nazis, à savoir que les collectionneurs privés prennent également leurs responsabilités et acceptent de voir leurs collections examinées. »

Cette restitution spontanée s’ajoute à une série de requêtes et d’accords ayant fait suite à la découverte en 2014 de près de 1 500 œuvres d’art au domicile de Cornelius Gurlitt et léguées par testament au Musée des beaux-arts de Berne. En juillet dernier, un accord avait été trouvé entre le Kunstmuseum de Berne et les héritiers du peintre Paul Cézanne concernant une toile du peintre.

Liste des oeuvres restituées :

  • Charles-Dominique-Joseph Eisen (1720-1778), O le bon tems que la moisson! On est ensemble sans façon, 1768, oeuvre sur papier, 26,80 x 20,20 cm 
  • Charles-Dominique-Joseph Eisen (1720-1778), Pourquoy la chagriner? Elle est jolie et sage, 1768, oeuvre sur papier, 26,90 x 20,10 cm
  • Augustin de Saint-Aubin (1736-1807), Portrait de femme en profil, oeuvre sur papier, diamètre 10 cm
  • Anne Vallayer-Coster (1744-1818), Autoportrait, oeuvre sur papier, diamètre 32,30 cm

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