Architecture - États-Unis

A New York, une sculpture géante fermée au public après plusieurs suicides

Par Marion Pedram · lejournaldesarts.fr

Le 21 janvier 2021 - 431 mots

NEW YORK / ÉTATS-UNIS

Des mesures préventives sont étudiées avant une éventuelle réouverture de l’œuvre (le Vessel) haute de 45 mètres.

Thomas Heatherwick, Vessel, 2019, New York. © WalksNY / Pixabay License
Thomas Heatherwick, Vessel (Le navire), 2019, New York.
Photo WalksNY, 2019

C’est le troisième suicide en moins d’un an : lundi matin, un jeune homme de 21 ans a sauté du haut du Vessel, l’observatoire en forme de ruche signé Thomas Heatherwick, entraînant la fermeture de l’œuvre au public et ce jusqu’à nouvel ordre. 

Situé au cœur du complexe d’immeubles de Hudson Yards, à Manhattan, le Vessel (navire en français) est constitué de 154 volées d’escaliers reliées entre eux, 80 paliers et près de 2 500 marches. Offrant depuis 2019 aux visiteurs une vue panoramique sur la ville, il est le joyau d’un énorme projet immobilier privé. Le projet Hudson Yards, à l’initiative du milliardaire américain Stephen Ross et de son entreprise immobilière Related Companies, est en effet estimé à 25 milliards de dollars.

D’après le New York Times qui rapporte l’information, Related Companies consulte actuellement des spécialistes et psychiatres pour trouver un moyen d’endiguer ce phénomène.  Une série de mesures préventives est attendue par le conseil d’administration de la communauté locale. D’ici là, la fermeture sera maintenue. 

<a href="http://www.heatherwick.com/" target="_blank" title="ouvre le site">Heatherwick Studio</a>
Le Projet « Vessel » du designer anglais Thomas Heatherwick.

Les barrières des escaliers et paliers du Vessel sont en effet relativement basses, un peu au-dessus de la taille, constituant un risque de sécurité non négligeable. La dangerosité de l’édifice avait déjà été pointée par visiteurs et critiques d’art. En 2016, année où les plans du Vessel avaient été dévoilés, la journaliste Audrey Wachs de The Architect’s Newspaper, écrivait « quand on construit en hauteur, les gens sautent ». Une sinistre prophétie qui se réalise d’abord en février 2020, moins d’un an après l’inauguration de l’œuvre : un jeune homme de 19 ans se donne la mort en sautant du monument. Puis en décembre dernier, une jeune femme de 24 ans saute également dans le vide, quelques semaines à peine avant le troisième suicide, lundi dernier. 

Le président du conseil d’administration de la communauté locale, Lowell Kern, avait déjà contacté Related Companies après le premier suicide pour l’alerter de la dangerosité des barrières trop basses, et de la probable récurrence d’un tel évènement. Pour lui, la seule solution est d’élever les parapets. Il affirme qu’il comprend l’hésitation à altérer une œuvre d’art, tout à fait concevable en temps normal, mais superflue lorsque des vies humaines sont en jeu.  

Ce n’est pas la première fois qu’une œuvre de Heatherwick est dangereuse. A Manchester, sa sculpture B of the Bang constituée de 180 pics d’acier a finalement été démantelée à la demande de la ville, et le studio sommé de verser 2 millions d’euros de dédommagement à la municipalité. 

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