Politique culturelle

EUROPE, MONDE

Les labels européens et mondiaux de la culture

Par Damien Roger · Le Journal des Arts

Le 11 mai 2022 - 707 mots

Délivrés par des organisations internationales, ces labels sont devenus des outils de valorisation très convoités par les États et les différents acteurs de la culture.

En 1987, le Conseil de l’Europe lançait les « Itinéraires culturels ». Ce label prend la forme de parcours traversant plusieurs pays et qui s’organisent autour de thèmes dont l’intérêt culturel est de dimension européenne. Près d’une quarantaine d’Itinéraires culturels ont été certifiés parmi lesquels les « Routes des Impressionnismes » ou encore les « Destinations Le Corbusier ». C’est également pour relever le défi du patrimoine culturel que, s’inspirant des Journées portes ouvertes dans les monuments historiques lancées en France en 1984, le Conseil de l’Europe a créé en 1991 les « Journées européennes du patrimoine », devenues en 1999 une action conjointe avec l’Union européenne (UE). En 2008, le Conseil de l’Europe créait par ailleurs le label « Événement culturel » qui récompense des projets culturels et artistiques exceptionnels et novateurs qui véhiculent des messages forts liés à la mission et aux valeurs de l’institution.

Les labels de l’Union européenne

Bien que ses compétences en matière de politiques culturelles soient réduites, l’UE s’est saisie de l’outil des labels pour développer des actions dans ce domaine. Lancé en 1985, le programme « Capitale européenne de la culture » est conçu pour promouvoir les cultures européennes au sein des États membres. Athènes a été la première ville désignée. Depuis 2009, deux villes en Europe se partagent chaque année le label. Quatre villes françaises ont déjà reçu le titre de Capitale européenne de la culture : Paris en 1989, Avignon en 2000, Lille en 2004 et Marseille en 2013. En 2028, une ville française sera à nouveau à l’honneur. Certaines villes se sont déjà portées candidates comme Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), Montpellier (Hérault), Nice (Alpes-Maritimes) ou Bastia (Corse).

Lancé en 2005 à l’initiative de la France, le label « Patrimoine européen » a quant à lui pour objectif de mettre en valeur les sites choisis pour leur valeur symbolique car ayant joué un rôle important dans le processus d’intégration européenne. À ce jour, 48 sites européens ont été labellisés dont cinq français parmi lesquels le quartier européen de Strasbourg (Bas-Rhin) ou le Lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon (Haute-Loire).

Et ceux de l’Unesco

Synonymes de l’identité culturelle mondiale, les labels délivrés par l’Unesco sont aujourd’hui des dispositifs très convoités. Le plus connu d’entre eux est le label « Patrimoine mondial » dont les bases ont été posées par la Convention du patrimoine mondial de l’Unesco de 1972. Il est matérialisé par une liste sur laquelle sont inscrits les biens culturels et naturels présentant « un intérêt exceptionnel pour l’héritage commun de l’humanité ».Établie par le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco, la liste comprend aujourd’hui près de 1 100 biens inscrits, à laquelle s’ajoutent une cinquantaine de biens inscrits sur une liste spéciale recensant le patrimoine mondial en péril. On trouve sur cette dernière le site du Krak des Chevaliers (Syrie, [voir ill].) et le centre historique de Vienne (Autriche). En 2022, la France compte 49 biens inscrits au Patrimoine mondial parmi lesquels la grotte Chauvet (Ardèche), le bassin minier du Nord - Pas-de-Calais ou le canal du Midi.

Si la Convention Unesco de 1972 concernait exclusivement la préservation du patrimoine matériel, il est ensuite apparu nécessaire d’agir pour le patrimoine culturel oral et immatériel. Ce patrimoine immatériel inclut les traditions et langues, les arts du spectacle, les pratiques sociales et rituelles ou le savoir-faire artisanal. À l’image du patrimoine mondial, une convention a été signée en 2003 qui crée deux listes : une liste représentative et une liste de sauvegarde urgente. En France, parmi les près de 500 pratiques inventoriées au titre du patrimoine immatériel, vingt éléments sont inscrits sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité tenue par l’Unesco. On y trouve la tapisserie d’Aubusson (Creuse), l’alpinisme (partagé avec la Suisse et l’Italie), le carnaval de Granville (Manche) et le repas gastronomique des Français. Enfin, l’Unesco a créé en 1992 le programme « Mémoire du monde » afin de « promouvoir la conservation des collections d’archives et de bibliothèque partout dans le monde ». En 2022, le registre international « Mémoire du monde » comprend près de 450 éléments du patrimoine documentaire dont quatre pour la France parmi lesquels la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 et les films des frères Lumières.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°589 du 13 mai 2022, avec le titre suivant : Les labels européens et mondiaux de la culture

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