Samedi 16 février 2019

Justice

Hauts-de-France : deux « passionnés d'art » condamnés pour le vol de près de 120 objets de culte

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 6 février 2019 - 419 mots

BOULOGNE-SUR-MER

Statuettes, ossuaires, sculptures : deux hommes ont écopé mardi de six et huit mois de prison avec sursis pour avoir dérobé près de 120 objets de culte dans des églises du nord de la France, volés selon eux par « passion » de l'art.

L'église de Fressin, dite la "Petite Cathédrale", 2007
L'église de Fressin, dite la "Petite Cathédrale", 2007
Photo Zabriskie

Ils ont également été condamnés à verser conjointement 900 euros de dommages et intérêts à la commune de Fressin (Pas-de-Calais). Les prévenus comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Boulogne-sur-mer (Pas-de-Calais) pour des vols commis entre 2015 et 2018, après une longue enquête de la section de recherches de la gendarmerie de Lille. Les gendarmes, qui avaient repéré les deux individus à la suite d'une annonce publiée sur le site d'enchères eBay, estiment le préjudice total à 200.000 euros. 

"Si j'ai dérobé ces objets de culte, c'est parce que je suis vraiment un passionné d'histoire et d'architecture. Je voulais posséder un morceau de notre patrimoine chez moi", a déclaré à la barre l'un des deux hommes, âgé de 28 ans et professeur d'histoire en collège. Lors d'une perquisition à son domicile, 67 objets de culte avaient été retrouvés, provenant d'églises situées dans 15 communes différentes.

"J'ai fait des études dans l'art et l'archéologie. Posséder ces objets était quelque chose d'inespéré. Je voulais les avoir chez moi pour les admirer, en prendre soin", a expliqué le deuxième, âgé de 30 ans et employé dans une boulangerie. Il était pour sa part accusé d'avoir volé des objets à 9 reprises. "Les églises, c'est d'une simplicité : elles sont ouvertes, et vides", a-t-il souligné. 

La plupart des œuvres, récupérées par les gendarmes chez les prévenus, ont finalement été restituées. Certaines avaient été transformées, "restaurées" selon les deux "passionnés d'art". Partie civile, la commune de Fressin a réclamé 3.000 euros de dommages et intérêts pour la détérioration d'un "Jésus en culotte courte". "Lorsque nous avons volé cette statue, j'ai constaté la présence de polychromie datant d'une trentaine d'années. Je me suis simplement permis d'enlever la peinture qui ne présentait pas d'intérêt à mon sens", a commenté l'employé de boulangerie. "Quelques" œuvres ont néanmoins été revendues, ont reconnu les prévenus. 

Lors de sa plaidoirie, l'avocat Hervé Krych a défendu "des individus victimes de leur passion dévorante, presque maladive". Le tribunal a finalement prononcé une peine de huit mois de prison avec sursis à l'encontre du professeur d'histoire, le deuxième écopant de six mois d'emprisonnement avec sursis, conformément aux réquisitions du parquet. Trois autres communes qui s'étaient constitué partie civile ont été déboutées. 

Cet article a été publié par l'AFP le 5 février 2019.

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