Tollé général autour d’un projet de tour à Saint-Pétersbourg

Par LeJournaldesArts.fr · lejournaldesarts.fr

Le 24 septembre 2009

SAINT-PETERSBOURG (RUSSIE) [24.09.09] – Les autorités russes ont donné leur feu vert à la construction d’une tour de 400 m dans le centre historique de la ville. Depuis, un recours en justice a été déposé par l’opposition municipale

Le 22 septembre 2009, la ville de Saint-Pétersbourg a autorisé la construction de la Tour Gazprom (du nom de la société russe exportatrice de gaz naturel), déclenchant la fureur des organisations protectrices du patrimoine et du parti d’opposition Iabloko.

Le projet, choisi en 2006, consiste en un gratte-ciel de 403 mètres situé sur les rives de la Neva à deux pas du centre historique de la ville, dans un site classé au Patrimoine mondial de l’Unesco. Conçu par le cabinet d’architecte anglais RMJM, le « Okhta Center » (son nom officiel) comprendra le siège de l’entreprise Gazprom Oil, une salle de concert, un musée d’art, un hôtel et un centre d’affaire. Le projet est estimé à 1,8 milliards d’euros selon l’AFP.

Pour permettre cette construction, le gouverneur de la ville Valentina Matviyenko a accepté, le 22 septembre, d’affranchir le projet des règles d’urbanisme de la zone, qui interdisent la construction de bâtiments d’une hauteur supérieure à 100 mètres.

Le 23 septembre, le parti d’opposition Iabloko a déposé un recours en justice. Dans un communiqué, le parti explique que « cette décision n’est pas conforme à la loi et viole les droits et les libertés des citoyens ».
Pour les organisations de défense du patrimoine de la ville russe fondée en 1703 par le tsar Pierre Le Grand, cette autorisation porte atteinte à l’unité architecturale de la ville. L’Unesco a déjà fait savoir que la construction de la tour pourrait remettre en cause l’inscription de la ville sur la liste du patrimoine mondial.

« C’est une décision barbare et monstrueuse » a déclaré David Sarkisyan, directeur du Musée d’architecture de Moscou, interrogé par Bloomberg. « Cette tour est le symbole de l’ego politique et tout le monde le ressentira toujours ainsi » a-t-il ajouté.

Le projet doit encore être soumis à l’expertise de l’Etat, mais Vladimir Poutine a toujours insisté sur le fait que la décision revenait à la ville de Saint-Pétersbourg. Si le président Dimitri Medvedev ne s’est pas exprimé sur le sujet, il a toutefois été Président du conseil d’administration de Gazprom de 2002 à 2008 et a de fait participé au choix du projet.

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