Dimanche 15 septembre 2019

Place aux seconds

Palmarès des musées 2014

Par Jean-Christophe Castelain · L'ŒIL

Le 23 juin 2014 - 827 mots

À Angers, Aix, Arles, Nancy ou Dunkerque,
les musées s’illustrent par de spectaculaires remontées dans le palmarès L’Œil-JdA.

Les palmarès se suivent et leurs résultats ne se ressemblent pas forcément. Cette année encore, tous les vainqueurs de l’année précédente ont été détrônés. Le Centre Pompidou – Musée national d’art moderne a repris la tête du classement des musées dans les villes de plus de 200 000 habitants, reléguant Le Louvre à la deuxième place devant le Quai Branly et le Musée d’Orsay. C’est la quatrième fois depuis la création du Palmarès en 2004 que Beaubourg occupe la pole position. Cette année, il doit sa place à une baisse moins importante que ses concurrents parisiens du nombre de visiteurs payants (- 1,1 %). Car, particularité de cette édition, la fréquentation des quatre majors parisiens a fléchi, entraînant, compte tenu de leur poids, la stagnation de la fréquentation générale dans les musées en 2013.  Sans les quatre premiers, le nombre de visiteurs payants a augmenté de 2,6 % (à périmètre constant) pour s’établir à 25,7 millions. Si dans l’absolu ces chiffres ne sont pas catastrophiques, à comparer notamment à la baisse de 5,3 % des entrées dans les salles de cinéma, ils marquent une inflexion après plusieurs années consécutives de hausse. Le Centre Pompidou doit également sa performance à un enrichissement considérable de ses collections, dix fois plus que l’an dernier grâce à des donations prestigieuses (plusieurs Matisse).

Dans le même temps, les nouvelles acquisitions du Louvre ont baissé de 32 %. Après avoir mis fin au Centre Pompidou mobile, changé une grande partie de sa garde rapprochée, éloigné l’ancienne directrice adjointe du MNAM et vu partir Laurent Le Bon du Centre Pompidou-Metz, deux personnalités avec qui il s’entendait peu, Alain Seban peut maintenant se concentrer sur sa stratégie de développement à l’international. Toujours dans le peloton de tête, le Quai Branly accuse cependant une baisse de sa fréquentation, tandis que le Musée des beaux-arts de Lyon (premier musée en région) occupe une solide cinquième place. Cette édition voit enfin les premiers résultats positifs pour les musées de la Ville de Paris.

Dans le classement des 139 musées dans les villes comptant entre 20 000 et 200 000 habitants, les musées d’Angers, regroupés sous une même bannière, reprennent le leadership devant La Piscine de Roubaix. C’est dans cette catégorie que l’on mesure le mieux les effets dynamisants des manifestations communes à l’échelle d’une ville ou d’une région. Il en est ainsi du Musée Granet à Aix-en-Provence, qui gagne 9 places, ou du Musée départemental Arles antique, qui en gagne 22, tous les deux étant dopés par Marseille-Provence 2013 (les musées marseillais, ouverts ou rouverts en cours d’année, tel le Mucem, ne sont pas classés). Le Musée des beaux-arts de Nancy gagne 22 places grâce à « Renaissance Nancy 2013 ».

Même le petit Musée des beaux-arts de Dunkerque progresse de 28 places, entraîné par la dynamique de son label de Capitale régionale de la culture 2013. C’est d’ailleurs dans cette catégorie intermédiaire que le nombre de visiteurs payants augmente le plus : 12 %.

Le Musée Matisse au Cateau-Cambrésis paie manifestement la gouvernance de sa directrice, qui vient d’être remerciée, il cède la plus haute marche du podium du classement « Petites villes » au château de Fontainebleau et perd même 3 places. Sa fréquentation payante a baissé de 9 %, quand celle de la catégorie augmente de 5 %. La consécration de Fontainebleau est logique. Le lieu est d’abord un château avant d’être un musée et bénéficie comme les grands musées parisiens d’une rente de situation avec un flux important de touristes étrangers, qui représentent 53 %
de ses visiteurs (70 % au Louvre). Mais son président, Jean-François Hebert, a su dynamiser la programmation, y faire venir le Festival de l’histoire de l’art et attirer des mécènes pour restaurer le théâtre de Napoléon III.

Plus inattendu que la troisième place du Musée des impressionnismes à Giverny, qui lui aussi bénéficie d’une « rente » touristique amplifiée en 2013 par le Festival impressionniste, le Centre national du costume de scène à Moulins (CNCS) progresse de 3 places et occupe la deuxième marche du podium. De création récente (2006), comme beaucoup de musées dans ce classement, le CNCS montre que l’on peut séduire le public (60 657 visiteurs payants, 2,5 %) avec une offre originale divertissante. C’est d’ailleurs une autre caractéristique des musées de petites villes : on y trouve moins de musées traditionnels de beaux-arts que de collections historiques, régionales, archéologiques ou « hors sol », tels les deux musées du septennat. La performance du petit Musée d’art contemporain de Rochechouart ( 18 places) est d’autant plus méritoire que l’art contemporain est réputé difficile dans les petites villes de région.

11e Palmarès des musées en ligne

Le Palmarès des musées 2014 L’Œil-Le Journal des Arts a été établi sur 63 critères éprouvés. 329 musées participent à cette enquête. L’intégralité des résultats est disponible dans le dossier du Journal des Arts

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°670 du 1 juillet 2014, avec le titre suivant : Palmarès des musées 2014

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