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Le Mans recentre son chantier culturel

Par Sindbad Hammache · Le Journal des Arts

Le 30 décembre 2022 - 699 mots

LE MANS

Annoncée fin 2020, la restructuration des musées manceaux se fera autour du Musée de Tessé et du Carré Plantagenêt. La Ville multiplie les partenariats pour mener à bien son projet.

Le Musée de Tessé. © Ville du Mans / Gilles Moussé
Le Musée de Tessé.
© Ville du Mans / Gilles Moussé

Le Mans (Sarthe). Deux ans après son lancement, le redéploiement des musées du Mans a été modifié. Trois musées devaient initialement constituer la nouvelle offre culturelle de la ville : le Musée de Tessé (beaux-arts), le Musée Jean-Claude-Boulard-Carré Plantagenêt et un nouveau musée d’histoire de la ville implanté dans l’hôtel de Tucé, niché dans les fortifications tardo-antiques de la ville. Initiative du maire Stéphane Le Foll, l’idée de transformer l’hôtel particulier du XVIe siècle s’est finalement révélée trop coûteuse sur le plan des travaux. C’est donc sur un pôle muséal bicéphale que travaille désormais la municipalité, « en respectant le calendrier initial », précise Alice Gandin, directrice des musées manceaux.

Une offre clarifiée

Deux petits musées ferment leurs portes, clarifiant par la même occasion l’offre culturelle du Mans. Le Musée de la Reine-Bérengère, une collection d’arts et traditions populaires présentée dans une bâtisse médiévale de la cité Plantagenêt, ne peut être mis aux normes d’un établissement recevant du public. Ce musée à la fréquentation confidentielle est fermé depuis un an. Quant au Musée vert, ses collections de sciences naturelles rejoindront bientôt celles du Carré Plantagenêt.

Ce dernier ne sera plus seulement un musée archéologique, mais aussi un véritable « musée de territoire », dont le parcours commencera aux temps du Jurassique et du Crétacé. Pas de thématisation excessive dans ce nouveau programme : « Le parcours sera chronologique, ce qui reste encore le plus clair. La mission de service public est intégrée dès le départ. » Chaque section sera néanmoins l’occasion d’interpeller le visiteur sur un enjeu actuel, à l’instar du changement climatique. Le fil rouge du musée sera urbanistique, mettant en avant les spécificités du Mans : une ville-carrefour mais aussi une ville militaire, théâtre de massacres et de batailles.

Fleuron des collections du Mans, l’émail Plantagenêt quittera le Carré Plantagenêt pour rejoindre les collections du Musée de Tessé, trônant en tant que chef-d’œuvre de l’art médiéval. Le Musée des beaux-arts, dont la surface réduite ne permet pas de faire cohabiter parcours permanent et expositions temporaires, doit récupérer des espaces et bénéficier d’une extension pour doubler sa superficie (1 400 m2). Le parcours se concentrera sur les deux points forts des collections : la peinture, les céramiques. Tessé devrait également s’enrichir d’un fonds contemporain, pour l’heure inexistant. L’objectif est fixé à deux acquisitions annuelles, en invitant chaque année un artiste au musée : Philippe Cognée sera le premier hôte.

C’est aussi dans ses jardins que le Musée des beaux-arts veut introduire la création contemporaine. En partenariat avec le Centre Claude-Cahun de Nantes, la Ville souhaite programmer des expositions de photographies en extérieur – mais « pas des photos de grilles de préfecture », prévient Alice Gandin, qui envisage le jardin comme une extension du musée.

Autre partenariat, celui signé avec le Musée du Louvre au début du mois de novembre. Prêteur de quatre grandes toiles pour l’exposition « L’étoffe des Flamands, mode et peinture au XVIIe siècle », le Louvre va intensifier ses échanges avec Le Mans : en ligne de mire, une grande exposition sur l’enfant dans la peinture prévue en 2025. Mais cette convention, loin de ne reposer que sur des prêts, est aussi scientifique avec la mise à disposition du conservateur Côme Fabre pour la préparation de cette exposition. « C’est un projet commun, et Côme connaît très bien notre fonds », se réjouit la directrice, qui souhaite profiter de la présence du conservateur du Louvre pendant cette période de restructuration. Enfin, le Musée de Tessé est intégré à un réseau informel réunissant les musées du Val de Loire (Angers, Orléans, Blois, Tours…), mettant à l’honneur la coopération scientifique entre les établissements.

Le programme de ce nouveau Tessé sera prêt pour 2024. Mais avant travaux, il faudra délocaliser les collections dans un centre de conservation flambant neuf, dont le bâtiment devrait être livré en 2026. L’ensemble des collections mancelles y seront conservées. Au total, la Ville affecte 60 millions d’euros à ce grand redéploiement (30 millions pour le centre de conservation, les 30 autres pour le musée), avec pour objectif un rayonnement sur le territoire de l’agglomération.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°601 du 16 décembre 2022, avec le titre suivant : Le Mans recentre son chantier culturel

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