Vendredi 19 juillet 2019

Monument

L’Alliance Internationale pour le Patrimoine va financer de nouveaux projets

Par Sindbad Hammache · lejournaldesarts.fr

Le 27 juin 2019 - 682 mots

GENEVE / SUISSE

L’organisation qui a levé 60 M$ de fonds va apporter son aide à 14 nouveaux projets dont le Minaret de Jam en Afghanistan.

Minaret Jam Afghanistan © Photo ALIPH.
Le minaret de Jam en Afghanistan.
© Photo ALIPH.

Voulue par l’ex-président François Hollande et créée en 2017, l’Alliance internationale pour la protection du patrimoine (ALIPH) finance depuis juin 2018 trois projets : la réhabilitation du Musée de Mossoul (Irak), la reconstruction du monastère syriaque de Mar Behnam (Irak), et la restauration du tombeau des Askia à Gao (Mali).

En janvier 2019, un appel à projet avait été lancé par l’ALIPH, qui avait a reçu cinquante propositions. Quatorze ont été sélectionnées par le Conseil de l’organisme, où siègent représentants des Etats donateurs et mécènes privés. Il est dirigé par le collectionneur milliardaire Thomas Kaplan.

L’aide de l’ALIPH vise spécifiquement la protection du patrimoine dans les zones instables politiquement : « Nous pouvons intervenir dans tous les pays où il y a un conflit, explique Valery Freland, directeur exécutif, pour Le Journal des Arts, en amont des conflits, ou bien après. » L’organisation travaille avec des ONG qui lui signalent les zones où le patrimoine est mis en péril. « L’organisation a une acception assez large du conflit, qui va de l’invasion aux troubles sociaux violents », précise Valery Freland. Pour l’instant, l’ALIPH, créée par la France et les Emirats Arabes Unis, dans la foulée des destructions causées par l’Etat Islamique, s’intéresse quasi exclusivement au patrimoine du Proche-Orient.

Musée national de Tripoli Libye © Photo ALIPH.
Le Musée national de Tripoli en Lybie.
© Photo ALIPH.

Parmi les projets qui seront financés en 2019, trois concernent la réhabilitation de musées. L’ALIPH poursuit ainsi ses efforts à Mossoul, réinjectant 500 000 dollars dans le musée archéologique qui s’ajoutent aux 430 000 dollars déjà alloués précédemment. Le Musée national de Tripoli (Libye) et le Musée de Raqqa (Syrie) reçoivent des dotations plus modestes, de respectivement 130 000 et 85 000 dollars.

Quatre initiatives concernent la préservation du patrimoine grâce à la numérisation : l’ALIPH financera ainsi la reconstruction virtuelle du temple de Baalshamin à Palmyre, détruit par l’Etat Islamique, et la numérisation des archives documentaires syriennes réalisée par l’Institut français du Proche-Orient. Il consacre également 900 000 dollars à la numérisation du riche patrimoine écrit Irakien. A Paris, la Cité de l’architecture reçoit 8 000 dollars pour numériser les chapiteaux du Krak des Chevaliers.

Enfin, des projets de restauration et de sauvegardes seront financés comme à Mossoul, où six lieux de cultes sont concernés. En Afghanistan, c’est le Minaret de Jam, récemment menacé par des inondations et les Talibans, qui reçoit une dotation de deux millions de dollars pour permettre sa protection et sa restauration. Ce projet est le premier financement de l’ALIPH en lien direct avec l’UNESCO qui pilote la réhabilitation de ce site inscrit à la liste du patrimoine mondial, et dont la restauration s’annonce périlleuse.

L’ALIPH compte un représentant de l’UNESCO à son Conseil, et a déjà travaillé avec l’organisation onusienne pour la restauration des tombeaux maliens, également classés au patrimoine mondial : le financement était alors adressé aux autorités maliennes et à l’association CRAterre, en charge des travaux. L’ALIPH financera la protection d’un quatorzième site, en Afrique, situé dans une zone potentiellement conflictuelle.

Jusqu’à présent, l’ALIPH a débloqué 7,5 millions de dollars pour la protection du patrimoine en danger ; une somme, rappelle Valery Freland, qui sera versée sur plusieurs années compte tenu des délais imprévisibles dus à l’instabilité des régions concernés. Un rythme  qui est en deçà de l’objectif annoncé de 30 millions de dollars d’ici 2021. L’organisme a toutefois lancé un nouvel appel à projet pour le 20 septembre

Au total, l’organisme basé à Genève a réussi à lever 60 millions de dollars, sur les 77,5 millions de promesses de dons. Ce n’est pas tout à fait ce qu’espérait François Hollande, qui imaginait un fonds de 100 millions de dollars. Pour le directeur exécutif de l’ALIPH, « on peut voir le verre à moitié plein ou le verre à moitié vide. Regardez Notre-Dame, combien ont-ils réussi à toucher sur leurs promesses de dons ? De notre côté, 75 % des promesses sont levés, ça n’est pas si mal. Ensuite, les donateurs et les Etats vont aussi juger sur nos résultats ». Pour ce qui est des promesses françaises, les 30 millions annoncés se trouvent désormais dans les caisses de l’ALIPH.

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