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Jean-Luc Martinez esquisse le Louvre de demain

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 25 juin 2020 - 602 mots

PARIS

Le président-directeur du Louvre a donné mardi quelques pistes sur ce que sera le musée dans le « monde d’après ».

Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre.
Jean-Luc Martinez, président-directeur du musée du Louvre.
Photo Florence Brochoire
© Musée du Louvre

Jean-Luc Martinez a profité de la présentation des conditions sanitaires prises pour la réouverture du musée le 6 juillet prochain pour indiquer quelques perspectives. A court terme, il prévoit une baisse de 70 % du nombre de visiteurs et a déjà enregistré une perte de 40 millions d’euros. S’appuyant sur les courbes de fréquentation après les attentats de 2015 (Bataclan) et de 2017 (au Carrousel du Louvre), il n’envisage pas à un retour aux 10 millions de visiteurs avant deux-trois ans. Il reste cependant confiant estimant que : « Je ne suis pas un optimiste naïf, mais par rapport à d’autres musées, le Louvre a une attractivité, une capacité à mobiliser, plus grande. »

« Je ne crois pas que le tourisme de masse va cesser du jour au lendemain » a-t-il précisé, se refusant à le stigmatiser en faisant un parallèle avec l’accès à l’électricité (!). « Allez expliquer aux 200 millions de Chinois qui n’ont pas l’électricité, qu’ils n’auront pas l’électricité car il faut travailler à la transition écologique. » C’est la même chose pour l’accès aux musées : « Accèdent au tourisme des générations entières d’Indiens, Chinois, Brésiliens, je ne vois pas pourquoi il faudrait leur dire que ce type de voyage doit être différé. »

Jean-Luc Martinez compte également sur les Jeux Olympiques de 2024 qui se tiendront à Paris pour retrouver la fréquentation. Il a indiqué qu’il travaillait avec le ministère avant la crise du Covid-19 à un « plan de transformation » du musée, plan qui supposera plus d’ouvertures de salles et des horaires élargis. En période normale, le Louvre est ouvert tous les jours sauf le mardi, de 9h à 18h avec évacuation des salles à partir de 17h30, ce qui n’incite pas les visiteurs à venir l’après midi (la durée moyenne de visite est de 2h40).

« Les expositions ont beaucoup d’avenir devant nous »

Après avoir une nouvelle fois rappelé que « lorsque j’ai pris mes fonctions, j’ai osé dire que l’exposition n’est pas au cœur du Musée du Louvre, tout simplement parce que le public vient au Louvre pour les collections permanentes. Si j’étais le directeur d’Orsay, je ne tiendrais pas ce discours », il s’est livré à un plaidoyer pour les expositions temporaires. « Je ne crois pas à cette antienne sur la fin des expositions, car les expositions, avec le catalogue c’est la langue naturelle des musées », explique-t-il. Il va même plus-loin : « La réalité est que la plupart des musées sont peu fréquentés et ont besoin d’expositions pour fidéliser un public. Le Louvre Lens [par exemple] ne peut pas vivre sans expositions. Un public ça se cultive. Dans beaucoup de musées, les salles sont vides alors qu’il y a des chefs-d’œuvre. »

Il concède cependant que « l’économie des expositions va être remise en question, c’est évident. Ce qui est sans doute derrière nous c’est une exposition qui réunit tout l’œuvre de Boucher par exemple. C’était nécessaire dans les années 80/90 et on en avait la possibilité […] Aujourd’hui on arrivera plus à réunir tout l’œuvre d’un artiste. »

Se félicitant que « la fréquentation du site a été multipliée par 10 alors que généralement la fréquentation des sites des autres musées a été multipliée par 2 ou 3 », il a annoncé qu’une nouvelle version du site du Louvre allait être mise en ligne l’an prochain. Un des axes du nouveau site, confirmé par les attentes lors du confinement, sera la mise à disposition, de contenus plus éditorialisés. Il a également indiqué qu’à cette occasion toute la collection sera en dorénavant accessible sur le site.
 

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