Mercredi 26 janvier 2022

Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Marine Le Pen confient au Figaro leurs goûts et leurs projets en matière culturelle

Par Doriane Lacroix Tsarantanis · lejournaldesarts.fr

Le 20 avril 2012 - 779 mots

PARIS [20.04.12] – Un questionnaire a initialement été adressé aux cinq principaux candidats à l’élection présidentielle. François Hollande et Jean-Luc Mélenchon ont néanmoins choisi de ne pas participer à l’enquête réalisée par Le Figaro. Ce sont donc les candidats de l'UMP, du MoDem et du FN qui ont accepté de partager leurs goûts en matière artistique, ainsi que leurs points de vue sur la politique culturelle.

A la veille du premier tour des élections présidentielles, Nicolas Sarkozy, François Bayrou et Marine Le Pen ont répondu à vingt questions du Figaro portant sur la littérature, les arts plastiques, le cinéma et le théâtre, la musique mais aussi la politique culturelle.

François Bayrou a ainsi déclaré que s’il n’avait pas été en campagne, il aurait souhaité voir l’exposition « Gaston Fébus » au Musée de Cluny, alors que Nicolas Sarkozy aurait préféré admirer la « Sainte Anne » de Léonard de Vinci, ayant récemment rencontré la restauratrice Cinzia Pasquali. Marine Le Pen aurait, quant à elle, choisi l’exposition consacrée à Sempé à l’Hôtel de Ville.

L’enquête se poursuit sur les œuvres d’art qui ont le plus choqué ou ému les candidats. Marine Le Pen, qui avoue ne pas aimer l’art contemporain, dit avoir été choquée par Piss Christ de Serrano, et émue par la Vénus sortant des eaux de Botticelli. Nicolas Sarkozy, que « rien ne choque lorsque l’on a affaire à l’art », apprécie Pierre Soulages, Yves Klein et Gérard Garouste, mais est toujours autant ému par la Pietà de Michel-Ange. François Bayrou n’aime pas « la provocation, tout ce qui cherche à heurter les convictions profondes », mais il reconnaît être « passionné d’architecture », et fait référence à sa première visite de la chapelle de Le Corbusier, « un moment d’émotion pure » à Ronchamp, en janvier dernier.

Il est ensuite demandé aux candidats de choisir l’institution culturelle qu’ils auraient aimé diriger. Ce serait le Château de Versailles pour Marine Le Pen, et le Musée d’Orsay pour Nicolas Sarkozy, « pour sa collection d’impressionnistes ». François Bayrou désigne le Grand Louvre, « pour enfin en connaître tous les recoins et les mystères ». Sollicité sur la question de savoir si la culture française est en déclin, le candidat du MoDem affirme que « bien au contraire, elle a une super pêche comme on dit ». Marine Le Pen répond par la négative et ajoute qu’il y a « à travers le monde, une forte demande de culture française. Ce qui décline, c’est le goût qu’ont les français pour leur propre culture ; sans doute un peu à cause de la télévision… ». Pour Nicolas Sarkozy, « il suffit de constater la reconnaissance mondiale dont jouissent nos cinéastes, écrivains, architectes, designers, plasticiens, musiciens et danseurs, metteurs en scène ou encore le succès de nos expositions et le rayonnement de nos musées pour se rendre compte à quel point la culture française est prospère. »

François Bayrou et Marine Le Pen s’accordent sur la réponse à la question de savoir quel a été le meilleur ministre de la Culture, en désignant André Malraux, « probablement indépassable » d’après le candidat du MoDem. Nicolas Sarkozy préfère quant à lui affirmer que « c’est la caractéristique de ce ministère que d’avoir eu à sa tête des hommes et des femmes passionnés, qui ont chacun apporté leur touche » et qu’il « serait injuste d’en distinguer un ». Néanmoins, seule la candidate du FN accepte de citer celui qu’elle nommerait à ce poste si elle était élue : Paul-Marie Coûteaux. François Bayrou craint de se « fâcher avec tous les postulants », tandis que Nicolas Sarkozy propose d’attendre « que les français se prononcent avant d’attribuer des postes », ajoutant que « toute autre attitude (me) semble choquante ».

Enfin, les candidats ont aussi été interrogés sur la première mesure culturelle qu’ils prendraient, s’ils étaient élus. Marine Le Pen a déclaré qu’elle imposerait aux grandes chaînes nationales des spots publicitaires culturels, qui porteraient sur l’histoire, des monuments, des œuvres d’art, des spectacles ou des grands classiques de la littérature, et seraient réalisés par un service audiovisuel du ministère de la Culture. François Bayrou souhaiterait supprimer la nomination des présidents de l’audiovisuel public par le président de la République, mesure qui a été mise en place par Nicolas Sarkozy, et qu’il estime contraire à l’idée d’indépendance des médias. Dans la perspective d’un second mandat, Nicolas Sarkozy, entend accélérer la relance du secteur musical, par l’intermédiaire du Centre national de la musique (créé en mars). Il doterait ainsi ce centre d’une contribution de 70 millions d’euros provenant des fournisseurs d’accès à Internet et lancerait également la préparation d’une loi-cadre dans le domaine du spectacle vivant.

Légendes photos

Nicolas Sarkozy, au sommet du Parti populaire européen, le 28 octobre 2010 - © Photo : European People's Party - Licence CC BY 2.0 

Marine Le Pen, le 15 avril 2012 - © Photo : - Licence CC BY 3.0

François Bayrou à Paris, le 23 mai 2009 - © Photo : Guermonprez

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