Vendredi 30 octobre 2020

La culture sur le site du candidat François Bayrou

lejournaldesarts.fr

Le 22 février 2012 - 626 mots

PARIS [22.02.12] - François Bayrou, qui a fait de la revalorisation du « produit en France » le cœur de sa campagne, affirme plusieurs fois sur son site l’importance de la production culturelle française. Néanmoins, il est difficile d’y trouver de véritables mesures destinées à aider le secteur. Seul l’Hadopi fait l’objet de propositions concrètes. PAR LÉA LOOTGIETER

À l’instar des autres candidats aux présidentielles, François Bayrou a créé son propre site de campagne, www.bayrou.fr. Outre sa biographie, le site est divisé en 3 parties : « Actus » qui réunit ses discours et interventions dans les médias, « Projet » qui regroupe une quarantaine de propositions concrètes dont plus de la moitié pour l’éducation et enfin « Méthode ». Cette dernière section présente la façon dont François Bayrou compte mettre en œuvre son programme, notamment par l’établissement d’un calendrier précis des actions à mener jusqu’en 2020 et par l’organisation d’une série de forums destinés à « confronter son projet aux acteurs de la vie réelle ». Le candidat du Modem rejoint ici l’idée d’un programme participatif développé par Jean-Luc Mélenchon.

Quelle que soit la rubrique, la politique culturelle semble absente des préoccupations de François Bayrou. Dans son « Projet », développé en 3 axes - Produire, Instruire, Construire - et 10 mots clés, seule l’Hadopi fait l’objet d’une prise de position. Le candidat du Modem se montre très critique face à une loi vue comme une sorte de « Big Brother, d’intrusion dans la vie des gens ». Mais dans le même temps il affirme sa volonté de rémunérer les ayants droit : « Il y a des créations qui n’existent pas s’il n’y a pas de droit d’auteur. Par exemple, Michel-Ange, s’il n’est pas sous le mécénat des papes, ne peint pas la chapelle Sixtine ». La solution, selon lui, n’est pas la licence globale, proposée, par exemple, par Marine Le Pen, mais la réduction du prix du téléchargement légal : « Pour une chanson, 1 euro c’est trop. » réagit-il sur son site.

L’une des tables rondes du 2e forum, celui du 4 février 2012, consacrée à l’instruction et à la formation, a pourtant abordé la politique culturelle. Étaient notamment présents Sylvie Gouttebaron, directrice de la Maison des écrivains et de la littérature ou Patrick Brunel, enseignant-chercheur à l’Institut catholique de Paris. Les intervenants ont évoqué le rapprochement des ministères de la Culture et de l’Éducation en matière d’enseignement artistique, la mise en place d’une heure de cours d’histoire de l’art par semaine au lycée ou le développement des activités culturelles dans les centres de loisirs. Pourtant, François Bayrou n’a retenu aucune de ces propositions dans son discours de clôture présentant ses 30 mesures pour l’éducation.

Restent les interviews, où François Bayrou décrit sa vision de la création artistique, partie intégrante pour lui des forces vives françaises qu’il faut développer et exploiter pour redresser le pays. « La création d’entreprise et la création, qu’elle soit économique, scientifique, culturelle, numérique ou artistique, c’est le même mouvement et le même acte créateur », affirme-t-il dans une interview donné au Décideur, le 16 février. Même son de cloche au Festival de la BD à Angoulême où il s’est rendu le 27 janvier : « Tous les problèmes du pays viennent de ce qu’on ne produit plus en France. Produire ça veut dire l’industrie, l’agriculture dont on parle (…) mais aussi la production culturelle qui est un marché très important… ».

L’interview donnée au Point, le 9 février permet également de connaitre le point de vue du candidat sur des thématiques déjà développées par ses concurrents et auxquelles il n’apporte pas de réelle nouveauté. François Bayrou y affirme son attachement à l’indépendance des médias, sa volonté de garder le budget de la culture « à moyens constants tout en faisant mieux » ou encore d’imposer un cahier des charges aux spectacles vivants avec un nombre minimum de représentations, avant de leur attribuer des subventions publiques.

Légende photo

François Bayrou en meeting politique à Toulouse lors de la précédente campagne présidentielle - © photo Guillaume Paumier - 2007 - Licence CC BY-SA 2.5 

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