Vendredi 6 décembre 2019

Cinéma

The Final Portrait : deux semaines avec Giacometti

Par Alexia Lanta Maestrati · lejournaldesarts.fr

Le 6 juin 2018 - 424 mots

Le film qui sort en salle aujourd’hui raconte les dix-huit séances de pose de James Lord en 1964 pour son portrait par Giacometti.  

Affiche du film The Final Portrait
Affiche du film The Final Portrait

Les artistes sont devenus un filon inépuisable pour le cinéma. Généralement destinés au grand public, ces biopics ne trouvent pas toujours le succès à l’instar de Gauguin - Voyage de Tahiti (2017) avec Vincent Cassel ou de Cézanne et moi  (2016) avec Guillaume Gallienne. The Final Portrait, qui sort aujourd’hui mercredi 6 juin 2018, relève davantage du film d’auteur, il raconte la dernière rencontre entre Alberto Giacometti et James Lord. Classique et sans grande surprise, le film réussit cependant à entraîner le spectateur dans l’univers de l’artiste. L’ambiance et les acteurs y sont pour beaucoup. 

« Je ne te garantis pas que le portrait sera fini un jour » annonce Giacometti, joué par l’Australien Geoffrey Rush, oscarisé pour Shine, à James Lord, incarné par Armie Hammer (Call me by your name). L’action se déroule à Paris dans les années 60, le plafond de l’Opéra vient d’être peint par Chagall, et Alberto Giacometti connaît un succès grandissant. James Lord, écrivain américain et ami de l’artiste, accepte de poser pendant quelques jours pour Giacometti. « Je ne pourrai pas te peindre comme je te vois » se désespère le peintre. Perfectionniste maladif, l’artiste ne cesse de repousser l'échéance, et recommence inlassablement le portrait pendant dix huit séances. 

Cette anecdote permet d’explorer les relations que Giacometti entretient avec son environnement, notamment avec l’argent, les femmes et l’art. Le film est presque un huis clos au 46 rue Hippolyte-Maindron, dans l’atelier de l’artiste, où son frère Diego (Tony Shalhoub) et son épouse Annette (Sylvie Testud), habitent également. Le Giacometti dépeint est sombre et attachant, fumant cigarette sur cigarette, abusant du vin rouge, tendre et dur avec son épouse et amoureux d’une prostitué (Clémence Poesie), muse de la série Derniers Portraits (1958-1960). En face, James Lord, très élégant, admiratif de l’artiste, s’amuse et parfois s'inquiète de la situation.

Connu pour ses rôles dans Le diable s’habille en Prada et Spotlight, Stanley Tucci est passé derrière la caméra dans The Final Portrait. Le film est très esthétique et l’atelier, rempli des sculptures longilignes emblématiques de l’artiste, a été recréé à l’identique par le décorateur James Merifield. Le film a été tourné en collaboration avec la Fondation Giacometti qui a supervisé la reproduction des peintures et des sculptures qui se trouvaient dans l’atelier à l’époque. La sortie du film se place en amont de l’ouverture de l'Institut Giacometti à Paris, le 21 juin prochain.

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