Lundi 24 septembre 2018

Galerie

La Galerie Makassar ferme ses portes

Par Marie Potard · lejournaldesarts.fr

Le 3 juillet 2018 - 488 mots

PARIS

Sophie Caparis vient de vendre l’espace de sa galerie avenue Matignon et va céder son stock  avant de se retirer définitivement.

Vue de la galerie Makassar
Vue de la galerie Makassar, 2018
© Galerie Makassar

L’Art déco semblait jusque-là insensible aux aléas du marché. La fermeture de la galerie Makassar annonce-t-elle des difficultés économiques dans ce secteur ?  « Si le marché de l’Art Déco est plus difficile depuis une dizaine d’années, ce n’est pas la raison principale de fermeture de la galerie, même si cela y participe », commente Thierry Chaudière, directeur de la galerie. En effet, ce sont surtout des raisons personnelles qui président à la décision de sa co-fondatrice de cesser son activité. « Sophie Caparis a consacré près de 40 ans de sa vie à sa galerie. Aujourd’hui, elle veut un peu plus de temps et être moins contrainte par les horaires d’une galerie », précise le directeur.  Fondée en 1984 par Monique Magnan (décédée en 2013) et Sophie Caparis, la galerie Makassar est spécialisée depuis plus de 30 ans dans la période Art Déco des années 1920-1940. Installée d’abord au Louvre des Antiquaires, elle déménage plusieurs fois mais toujours dans le Carré Rive droite. 

En 1993, elle s’installe avenue du Faubourg Saint-Honoré puis, en 1998, elle investit un immense espace de 600 m², répartis sur trois niveaux, avenue Matignon dans le prestigieux VIIIe arrondissement de Paris. Ceci n’était pas un hasard puisque c’est dans ce périmètre que les plus grands décorateurs des années vingt - Ruhlmann, Dominique et Frank - avaient élu domicile pour présenter leurs créations dans leurs galeries respectives.

Cet immense espace vendu, l’antiquaire se retrouve avec un stock important. Aussi a-t-elle décidé de le rapatrier dans son espace-entrepôt du XIe arrondissement de Paris.  « Nous n’arrêtons pas tout de suite notre activité. J’aurais bien aimé mais il faut essayer de vendre ce stock d’abord. Nous allons probablement en vendre une partie en salle des ventes. Mais j’ai le projet de me retirer définitivement du métier une fois ce stock écoulé, ce qui devrait prendre au moins un an. En attendant, je suis en semi-retraite. Ne plus être une galerie mais devenir un showroom et recevoir les clients sur rendez-vous va me permettre d’être plus libre », explique Sophie Caparis.

La galerie présentait des meubles de Jacques-Emile Ruhlmann, Eugène Printz, Dominique, ainsi que des laques de Jean Dunand, André Margat, ou encore le travail de ferronniers tels que Edgar Brandt, Raymond Subes ou bien Paul Kiss. Elle exposait aussi de la sculpture, du luminaire, de la verrerie mais aussi des tableaux du XXe siècle. « Il reste entre 500 et 600 pièces, voir plus », précise la propriétaire.

Régulièrement, la galerie Makassar organisait aussi des expositions thématiques : Dominique en 2005, Jacques-Emile Ruhlmann en 2010, le sculpteur Ferdinand Parpan en 2012, L’art du métal en 2013 et la dernière en date, en 2015, sur les céramiques nées de la collaboration de Fernand Léger et Roland Brice.

Cet article a été publié le 2 juillet 2018

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