Mercredi 21 février 2018

Jean-Pierre Osenat, commissaire-priseur et dirigeant de société de ventes, Fontainebleau

« Des relations humaines aujourd’hui déterminantes »

Par Armelle Malvoisin · Le Journal des Arts

Le 26 mai 2009

Le commissaire-priseur bellifontain Jean-
Pierre Osenat inaugure sa nouvelle succursale parisienne.

Vous ouvrez une galerie le 1er juin, au 66 de l’avenue de Breteuil (Paris-7e). Projetez-vous d’organiser des ventes à Paris ?
Non, je poursuis mon activité de ventes aux enchères à Fontainebleau. Ce nouvel espace, qui remplace le bureau parisien de la rue Freycinet devenu trop exigu, est une succursale de la maison de ventes Osenat, qui s’agrandit. Il intègre un bureau d’expertises gratuites, dirigé par un commissaire-priseur, Magali Teisseire. Il est également prévu d’organiser des conférences et d’accueillir une clientèle qui aura ainsi le choix de nous rencontrer, soit à Paris, soit à Fontainebleau. Enfin, cette galerie offre un service innovant et personnalisé : chaque semaine, pour les clients qui le désirent, une navette y dépose les objets achetés à la salle des ventes de Fontainebleau et transporte à Fontainebleau ceux confiés à Paris.

Quelle collection présentez-vous le 14 juin ?
Il s’agit de l’exceptionnelle collection d’un médecin parisien, réunissant une vingtaine de tableaux et œuvres sur papier de l’école abstraite d’après guerre, acquis entre 1950 et 1965 à la galerie parisienne Jacques Dubourg, grand découvreur de talent dans les années 1950. Ces lots restés jusqu’à ce jour dans la collection du docteur B. m’ont été confiés dans le cadre de sa succession. La vente comprend quatre huiles sur toile de Joan Mitchell, cinq peintures de Jean Paul Riopelle ainsi que des œuvres signées Nicolas de Staël, Georges Mathieu, André Lanskoy, Alfred Manessier et Sam Francis, toutes cédées sans prix de réserve.

Vous ne semblez pas être touché par la crise…
J’ai quitté la présidence du Symev (Syndicat national des maisons de ventes volontaires) il y a trois ans pour me consacrer entièrement à mon métier de commissaire-priseur qui me passionne. Entouré d’une équipe de jeunes collaborateurs très compétents, je dirige une maison de ventes familiale dont la solidité financière me permet d’être moins fragilisé par la crise qu’une grande structure. Actuellement, les clients recherchent un climat de confiance ; les relations humaines sont aujourd’hui plus que jamais déterminantes. Chacun d’entre eux bénéficie ainsi d’une relation « intuitu personae » auprès d’un interlocuteur privilégié. L’autre avantage de notre structure est que nous pouvons vendre les objets qui nous sont confiés dans un délai d’un mois, puisque nous organisons des ventes toutes les semaines, alors que les délais sont plus longs pour une grande société (jusqu’à six mois).

N’est-il pas pénalisant d’être situé à Fontainebleau plutôt qu’à Paris ?
Cela a peut-être été le cas au début, mais aujourd’hui c’est devenu un atout. À Fontainebleau, nous disposons de trois salles de ventes modernes et adaptées aux nouveaux moyens de communication ; de 2 000 m2 de réserves et de spacieux bureaux, ainsi que d’un bel espace de 1 000 m2 pour les voitures de collection à Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne). Internet m’a aussi permis de me développer : nous mettons en ligne les photos de tous les objets à vendre. La consultation de notre site est croissante ainsi que les achats par téléphone. Parallèlement, nombreux sont les acheteurs qui viennent enchérir sur place, en particulier pour nos spécialités (Empire, voitures de collection et tableaux de l’école de Barbizon) reconnues tant en France qu’à l’étranger et qui subissent moins la crise.

Quelle est cette action de mécénat à laquelle vous participez pour le musée du château de Fontainebleau ?
Dans le cadre de la loi du 1er août 2003, relative au mécénat, la SVV [société de ventes volontaires] Osenat a choisi d’investir dans la remise en état de la frégate du prince impérial que Napoléon III lui offrit en 1863, lui permettant ainsi de naviguer sur l’étang aux carpes du château de Fontainebleau. Cette petite embarcation, reproduction en miniature d’un vaisseau de guerre avec 92 canons, a été remisée à la fin du XIXe siècle. La loi sur le mécénat d’entreprise, trop mal connue, est en fait une opportunité extrêmement intéressante pour nos institutions. C’est dommage que les sociétés ne jouent pas plus le jeu, d’autant plus que les déductions fiscales sont incitatives.

« Art contemporain, souvenirs historiques des XXe et XXIe siècles », vente le 14 juin à l’hôtel des ventes de Fontainebleau, SVV Osenat, 5, rue Royale, 77300 Fontainebleau, tél. 01 64 22 27 62 ; expositions publiques : le 12 juin 14h-18h, le 13 juin 10h-18h et le 14 juin 10h-12h, www.osenat.com; 220 lots estimés 4 millions d’euros.

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°304 du 29 mai 2009, avec le titre suivant : Jean-Pierre Osenat, commissaire-priseur et dirigeant de société de ventes, Fontainebleau

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