Samedi 27 novembre 2021

Disparition

Enrico Navarra (1953-2020)

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 27 juillet 2020 - 353 mots

MUY

Le marchand d’art spécialiste de Basquiat est décédé de maladie le 21 juillet dans sa maison « galerie » du Muy dans le Var.

Enrico Navarra. © Photo Enrico Dagnino, 2010
Enrico Navarra.
© Photo Enrico Dagnino, 2010

Les louanges pleuvent sur Enrico Navarra, décédé le 21 juillet dernier d’un emphysème dans sa propriété du Muy. Il est vrai qu’Enrico Navarra, chaleureux comme un italien, savait recevoir avec prodigalité et simplicité tous ceux qui pouvaient faire fructifier ses affaires : collectionneurs bien sûr, mais aussi conservateurs, journalistes…

Autodidacte, son bagout le mène tout naturellement vers le métier de vendeur, pour tous types de biens, y compris les lithographies d’art. Au cours d’un voyage à New York en 1988, il achète un Basquiat qui vient de mourir, puis deux, puis trois … A l’époque, les prix d’un Basquiat étaient à des années-lumière de ce qu’ils sont aujourd’hui. Enrico Navarra n’est pas pour rien dans cette flambée. Il ouvre l’année suivante une galerie en face de l’hôtel Bristol, dans laquelle il vend notamment des Chagall que lui a confiés la fille de l’artiste et bien sur des tableaux de Basquiat.

En 1996, il publie une monographie sur Basquiat, initiant une pratique qui deviendra l’un des ressorts de son « business model » : les livres inventaires sur une scène contemporaine émergente (Chine, monde arabe), n’hésitant pas à confier l’édition de certains titres à des journalistes reconnus (tel celui sur le monde arabe à notre confrère Fabrice Bousteau).

Enrico Navarra n’était pas un galeriste comme les autres, préférant faire ses affaires avec d’autres marchands, ou dans sa résidence du Muy construite par Rudy Ricciotti, un autre « fort en gueule ». « Hélico » Navarra, comme l’appelaient ses confrères, emmenait sa bande de copains de l’aéroport au Muy par hélicoptère avant de faire une virée à Saint-Tropez, dépensant sans compter.

Le marchand n’hésitait pas aussi à aller en justice pour trancher ses litiges, au point d’y avoir consacré beaucoup de temps – trop aux dires de certains - depuis une quinzaine d’années : contre son confrère Pierre Huber, contre la veuve de Chu Teh-Chun, contre Le Journal des Arts, contre le Musée Guimet ou encore contre le galeriste Philippe Koutouzis qu’il poursuivait d’une animosité sans limite.
 

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