Vendredi 14 décembre 2018

La municipalité de Carnac autorise par erreur la construction d'une maison sur un site archéologique

Par Romain Bouvet · lejournaldesarts.fr

Le 31 janvier 2013 - 428 mots

CARNAC (MORBIHAN) [31.01.13] – Autorisée par erreur par la municipalité de Carnac, la construction d'une maison sur le tertre funéraire de Lann Granvillarec 5 a bien failli causer la destruction totale du site archéologique. Alertées par un passionné, les autorités ont suspendu les travaux.

C'est durant une promenade près de Carnac que Christian Obeltz, correspondant de la DRAC, a découvert par hasard qu'un chantier de construction s'apprêtait à commencer sur l'emplacement du site de Lann Granvillarec 5, un tertre funéraire qui fait partie d'une vaste nécropole datant de –5000 à -4500 ans avant notre ère.

« Ce terrain archéologique fait partie des lieux retenus dans le projet de classement UNESCO de 557 sites mégalithiques du sud-Morbihan » a déclaré Obeltz, scandalisé. Depuis juillet 1996, les sites mégalithiques de Carnac – proposés à l'inscription par la région – ont effectivement rejoint la liste indicative des sites proposés par la France au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les travaux ont été stoppés aussi rapidement que possible par la municipalité alertée, mais les ouvriers ont tout de même eu le temps de niveler une partie du terrain à la pelleteuse et d'arracher des souches d'arbres qui avaient poussé sur le tertre.

Alors construction sauvage ? Pas du tout. Après vérification, il apparaît qu'un permis de construire – autorisant la construction d'une maison individuelle de 230 m2 - a été délivré en toute légalité. Il aura pourtant fallu que le document soit validé par les services d'urbanisme de la mairie de Carnac et que l'architecte des bâtiments de France « oublie » de signaler cette demande au Service Régional d'Archéologie (SRA) de Rennes. Quant à la DRAC de Bretagne elle n'a découvert les faits que tardivement. Le site est pourtant connu depuis une douzaine d'années, il est mentionné dans le PLU (Plan Local d'Urbanisme) et il est recensé depuis 6 ans par l'Atlas des patrimoines du ministère de la Culture. Il semble donc pratiquement impossible que ce terrain ait pu être jugé constructible par l'administration.

« J'ai découvert hier à 17 heures que c'était un site classé. Vous pensez bien que si j'avais été au courant, on n'aurait pas autorisé ce permis de construire » a déclaré le maire de Carnac Jacques Bruneau au journal Ouest-France.

Il faut dire que cette maladresse administrative a de quoi mettre l'élu dans l'embarras. Car ajouté à ses fonctions de maire, Jacques Bruneau se trouve également être le Président de « Paysages de Mégalithes de Carnac et du sud Morbihan », une association créée pour promouvoir et soutenir l'inscription des sites archéologiques de Carnac à l'UNESCO. Ironie du sort.

Légende photo

Alignements de Carnac - © Photo Pinpin - 2006 - Licence CC BY-SA 2.5

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