Carnac : des associations s’opposent à « Menhirland »

Le Journal des Arts

Le 27 septembre 2002 - 365 mots

Après des années d’opposition larvée entre l’État et les riverains des mégalithes de Carnac, le conflit a éclaté. Des associations locales hostiles au projet de réaménagement du ministère de la Culture ont symboliquement rouvert les grilles qui fermaient l’accès aux menhirs.

CARNAC - Depuis le 25 août, des militants associatifs bretons occupent le site des alignements mégalithiques de Carnac, dans le Morbihan, en réclamant l’abandon du projet du ministère de la Culture, déclaré d’utilité publique en 1997. Celui-ci prévoit la création d’une zone protégée autour des menhirs, d’un grand parking, de boutiques, d’une cafétéria, mais également la déviation d’une route et l’expropriation de plusieurs maisons riveraines du site. Pour marquer symboliquement leur action, ils ont réouvert pendant quelques jours les grilles qui depuis dix ans cernent les menhirs. Pour les responsables du site géré par le Centre des monuments nationaux, il s’agissait alors de lutter contre le déchaussement des menhirs, provoqué selon eux par la fréquentation touristique. En réalité, le désherbage radical auquel il avait été procédé quelques années auparavant avait largement contribué à cette érosion.

L’association Menhirs libres, à l’origine de ce mouvement de protestation, est soutenue notamment par diverses associations bretonnes mais aussi par la Confédération paysanne et les Verts. D’après ce collectif, qui exige l’arrêt immédiat des expropriations, l’État a déjà acheté plus de 40 hectares à l’amiable et souhaite en acquérir 86 autres dans le cadre de la première phase du projet qui concerne deux des trois alignements de Carnac. Le département a pour sa part déjà acquis plus de 40 hectares et en convoite 60 autres. Pour la deuxième phase du projet, qui concerne le troisième alignement, de nombreux autres terrains et habitations doivent être expropriés. La perspective de transformer tout le périmètre des menhirs en une vaste zone touristique, vidée de tous ses habitants, inquiète à juste titre les associations. D’autant plus que le ministère de la Culture avait manifesté le désir de raser des maisons du XVIe siècle pour restituer au site un hypothétique état originel. L’enjeu de ce conflit dépasse le simple cas de Carnac : faut-il se résigner à voir le patrimoine, et notamment les monuments et sites les plus célèbres, transformés en parc d’attractions ?

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°155 du 27 septembre 2002, avec le titre suivant : Carnac : des associations s’opposent à « Menhirland »

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