Genève (Suisse)

Sanejouand, la cerise sur le gâteau du Mamco

Mamco jusqu’au 10 mai 2015

Par Bertrand Dumas · L'ŒIL

Le 19 mars 2015 - 331 mots

Pour son vingtième anniversaire, le Mamco s’offre une cure de jouvence en multipliant les expositions déployées sur ses quatre niveaux.

On y trouve douze propositions au total, sans lien revendiqué entre elles, mais orchestrées d’une main de maître par Christian Bernard. Le fondateur et directeur de l’institution genevoise fait ici son dernier tour de piste avant son départ à la retraite. Un baroud d’honneur, malicieusement baptisé « Des histoires sans fin », à l’image de ce festival d’expositions qui convoquent plusieurs générations d’artistes internationaux. La cohabitation est pacifique, avec pour seul principe directeur une salle par artiste. La solution pragmatique connaît cependant deux entorses. Celle d’abord de Katharina Hohmann et Frank Westermeyer. Ensemble, ils ont transformé une maison en installation par laquelle le spectateur regarde passer les trains, clin d’œil au début du cinéma. Le film est aussi un portrait poétique de Marfa, hameau du Texas métamorphosé par Donald Judd en temple du minimalisme. Seconde exception, celle du Frac Île-de-France, qui s’est vu octroyer le quatrième étage pour présenter sa collection. Les œuvres exposées le sont dans la pénombre, ayant soi-disant en commun « de donner à percevoir certaines formes du réel dont le sens tend irrémédiablement à nous échapper ».

Au second étage, on retrouvera avec soulagement la lumière de la grande salle dédiée à Jean-Michel Sanejouand. La notoriété de l’artiste français, né en 1934, est inversement proportionnelle à l’importance de son œuvre dans l’histoire de l’art contemporain. La sélection du Mamco en apporte la démonstration, même si celle-ci est circonscrite à quelques peintures et à un ensemble représentatif de Charges-objets. Ceux-ci procèdent de la mise en rapport d’objets familiers sortis de leur contexte d’origine et débarrassés de leur valeur d’usage, à l’instar du Bloc-cuisine de 1963 ou du Fauteuil et carré de toile rouge de 1966. Cette dernière pièce, particulièrement représentative de la capacité d’invention de Sanejouand, précède de vingt-cinq ans les Furniture Sculpture du Suisse John M. Armleder, preuve supplémentaire qu’on n’est pas toujours prophète en son pays.

En savoir plus
« Des histoires sans fin », Mamco, 10, rue des Vieux-Grenadiers, Genève (Suisse), www.mamco.ch

Consulter la fiche biographique de Jean-Michel Sanejouand

Légende Photo :
Charge-Objet de Jean-Michel Sanejouand : Fauteuil et carré de toile rouge (1966), coll. Frac Ile-de-France, présenté dans l'exposition au Mamco à Genève © Photo L.S.

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°678 du 1 avril 2015, avec le titre suivant : Sanejouand, la cerise sur le gâteau du Mamco

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