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Robert Combas on the rock

Par Philippe Piguet · L'ŒIL

Le 22 février 2012 - 597 mots

Le Musée d’art contemporain de Lyon consacre une rétrospective
au peintre Robert ­Combas, acteur incontournable de la Figuration libre, en regardant son œuvre par le prisme de la musique… rock !

Créé en 1978 par Robert Combas, Ketty Brindel et Buddy Di Rosa, le groupe de rock « Les Démodés » a fait, deux à trois ans durant, les beaux jours des boîtes du Midi, puis, jusqu’en 1984, ceux de quelques vernissages d’expositions de la Figuration libre. Ainsi à Nice, celui de l’exposition « L’air du temps », à la Galerie d’art contemporain, en février 1982. Cette année-là, Combas réalise une peinture intitulée Istanbul qui le montre de profil, les cheveux en banane, chemise blanche et cravate noire, pull jaune, la guitare en main. La musique rock, Robert l’a dans la peau. Il n’a jamais cessé d’en faire et, aujourd’hui qu’il a passé les cinquante ans, il a choisi d’en faire le fil rouge de la première grande rétrospective qui lui est consacrée par le Musée d’art contemporain de Lyon.

Une passion pour la musique
« Le feeling, c’est le rythme, c’est le batteur fou dans la jungle et les danses vaudou, c’est les Rolling Stones copiant les vieux morceaux des Noirs, des blues­men et, sans le vouloir, créant une musique nouvelle. Moi, c’est un peu comme ça pour la peinture, avoir le rythme… Ma peinture, c’est du rock. » Et quel rock ! Un rock bien trempé qui joue des accords et des désaccords d’une musique à laquelle se mêlent des paroles souvent façon art brut, à l’égal de ces petits textes qui accompagnent les peintures de l’artiste.

Si celles-ci sont très nombreuses qui portent l’image de cette passion irrépressible qu’a Combas pour la musique rock, quelle que soit l’époque traversée, c’est qu’elle est pour lui synonyme de liberté et de créativité. Pour Ben, à qui l’on doit le label de « Figuration libre », Combas est un « crabe crooner ». C’est tout dire. Enfermé dans sa musique et ses couleurs, il avance sur le côté, s’échappant aussitôt qu’on essaie de l’attraper… Paradoxalement pour quelqu’un qui aime la dynamique de groupe musical, Combas est un individu fondamentalement indépendant.

Il n’en reste pas moins que, question partage, voilà qu’il a repiqué ces deux dernières années avec la complicité de Lucas Mancione. Robert Combas et son compère ont concocté pour l’exposition lyonnaise tout un répertoire très diversifié de nouvelles pièces qu’ils interprètent et ont enregistrées dans des Vidéos-clips hautes en son et en couleur. Ils y revisitent notamment tous les héros de l’histoire du rock, ceux du Velvet Underground cher à Warhol, mais aussi la musique populaire façon Brassens, voire les joueurs de congas sud-américains. Un vrai pot-pourri de musiques expressives, comme Combas en a toujours aimé le genre, parce qu’il l’entend au sens le plus élevé de la création.

À Lyon, une scène a été spécialement aménagée dans les espaces d’exposition. Non seulement les nouvelles œuvres musicales de Combas y sont projetées, mais l’artiste y intervient en « live » de temps en temps, accompagné d’autres musiciens. Peindre ou jouer devant le public, c’est-à-dire se mettre en scène, Robert Combas a toujours aimé le faire. C’est là une prise de risque avec laquelle il aime à composer. Une marque aussi d’altruisme, de partage avec l’autre.

Autour de l'exposition

Informations pratiques. « Robert Combas - Greatest hits », du 24 février au 15 juillet 2012. Musée d’art contemporain de Lyon. Ouvert du mercredi au vendredi de 11 h à 18 h et le samedi et dimanche de 10 h à 19 h. Tarifs : 8 et 6 €. www.mac-lyon.com

Cet article a été publié dans L'ŒIL n°644 du 1 mars 2012, avec le titre suivant : Robert Combas on the rock

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