Art contemporain

Qui sont les mécènes des tulipes de Koons ?

Par Christine Coste · lejournaldesarts.fr

Le 4 octobre 2019 - 537 mots

PARIS

Les financeurs de la sculpture de Jeff Koons sont composés de mécènes américains et français dont LVMH mais pas François Pinault.

Le <em>Bouquet de Tulipes</em> (2019) de Jeff Koons installé dans les jardins des Champs-Élysées à Paris, juste derrière le Petit Palais © Photo LudoSane
Le Bouquet de Tulipes (2019) de Jeff Koons installé dans les jardins des Champs-Élysées à Paris, juste derrière le Petit Palais
© Photo LudoSane, 5 octobre 2019

L’inauguration du Bouquet of Tulips de Jeff Koons dans les jardins des Champs-Élysées ne fera pas taire les polémiques, y compris celles relatives à son financement pourtant assuré par des mécènes à hauteur de 3,5 millions d’euros. Les coûts d’installation sont, eux, pris en charge par l’artiste. 

Le Fonds pour Paris mandaté pour lever des fonds, associé dans cette opération à Noirmontartproduction, a réussi sa première opération à l’internationale. Les dons américains, soit à peu près la moitié des 3,5 millions récoltés, ont été versés via Paris Fundation, sa structure miroir créée Outre-Atlantique en 2016 pour collecter des fonds aux États-Unis et permettre aux mécènes américains de bénéficier d’une déduction fiscale de 100 %. 

La liste des donateurs américains (dix au total sur seize) fait apparaître de grands noms de la finance et collectionneurs réputés tel que Kenneth C. Griffin, Tishman Speyer ou Cantor Fitzgerald qui lors du 11 septembre 2001 a perdu 658 de ses employés dans ses bureaux du One World Trade Center. On relève aussi la présence de la banque JP Morgan, de l’ancien maire de New York Michael Bloomberg, de la fondation familiale Edward John and Patricia Rosenwald et des collectionneurs Leonard A. Lauder, Debra et Léon Black. 

L’ancienne ambassadrice des États-Unis à Paris à l’origine du projet, Jane Hartley fait également partie des donateurs avec son époux Ralph Schlosstein. Elle s’est révélée aux côtés de Noirmontartproduction et du Fonds pour Paris particulièrement active dans la levée de fonds. 

Si les donateurs américains sont majoritaires, les versements des mécènes français (10) s’avèrent toutefois légèrement supérieurs (55 % des 3,5 millions collectés). En tête de liste (selon le montant des dons) arrive ainsi la société française de fonds de placement Weber Investissements suivie dans la catégorie soutien principal (comme dans les manifestations sportives, il y a deux niveaux de sponsors) par Kenneth C.Griffin, Accor, Cantor Fitzgerald/ Aurel BGC, la Financière Saint James Michaël Benabou, Jane Hartley & Ralph Schlosstein, LVMH Moët Hennessy - Louis Vuitton, Chaille B. Maddox & Jonathan A. Knee et Natixis. 

On avait eu une première idée des donateurs le 21 novembre 2016 lors de la présentation du « cadeau » de Jeff Koons à l’ambassade américaine à Paris. Etaient présents Delphine Arnault, Xavier Niel et François Pinault. Si la liste des soutiens principaux fait mention de LVMH Moët Hennessy - Louis Vuitton et de Free dans celle des soutiens additionnels on ne trouve cependant plus trace du propriétaire de Christie’s, pourtant ami et collectionneur de l’artiste, et au premier rang des invités il y a trois ans. 

La polémique autour de l’œuvre expliquerait-elle son absence ? « La conférence de presse réunissait des gens qui connaissaient bien Jeff Koons mais qui n’étaient pas forcément les futurs donateurs », explique Emmanuelle de Noirmont. « À l’été 2017 nous avions rassemblé l’ensemble des mécènes sauf un, la polémique a démarré fin 2017 », précise-t-elle. Anne-Sylvie Schneider, directrice du Fonds pour Paris, insiste sur le fait que « toutes les promesses de dons malgré les polémiques et la construction lente du projet se sont concrétisées. Aucun mécène n’a renoncé ».  
 

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