Art contemporain

FRAC

Le Frac Auvergne déménage en 2021

Par Christine Coste · Le Journal des Arts

Le 4 avril 2019 - 795 mots

CLERMONT-FERRAND

Après une première installation avortée dans l’ancienne Halle aux blés à Clermont-Ferrand en 2004, le Frac Auvergne investira si tout va bien ces lieux au première semestre 2021.

Vue extérieure du projet de la Halle aux blés réaménagé pour accueillir le Frac Auvergne © ATL / Ateliers Lion
Vue extérieure du projet de la Halle aux blés réaménagé pour accueillir le Frac Auvergne.
© ATL / Ateliers Lion

Clermont-Ferrand. Le 15 mars dernier, Brice Hortefeux annonçait à Clermont-Ferrand que le cabinet d’architecture ATL / Atelier Lion était retenu pour la réhabilitation de la Halle aux blés de la ville « que le Frac [Fonds régional d’art contemporain] Auvergne doit investir au premier semestre 2021 », précisait-il. Le calendrier des travaux est serré. Mais, à deux ans et demi des prochaines élections régionales, le vice-président du Conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes entend bien qu’il soit respecté. « Les vicissitudes électorales ne sont jamais bonnes pour les projets », a-t-il rappelé en référence à l’abandon du déménagement du Frac Auvergne dans ce même bâtiment, il y a près de vingt ans, pour cause de défaite de la majorité sortante aux régionales de 2004. L’histoire ne manque effectivement pas de sel.

Lorsqu’en 2002 Valéry Giscard d’Estaing, président de la région Auvergne, achète à la Ville pour 1 million d’euros l’ancienne Halle aux blés, il s’agit de fournir des espaces adéquats au Frac logé alors dans l’hôtel de Chazerat, siège de la Drac (direction régionale des Affaires culturelles). Les 2 700 m2 de cette halle emblématique de Clermont-Ferrand construite en pierre volcanique par l’architecte François-Charles Dijon entre 1762 et 1772 offrent de belles potentialités depuis le départ quelques années plus tôt de l’école des beaux-arts. La victoire de la gauche aux élections régionales de 2004 met toutefois un terme à cette perspective. La Région revend le bâtiment dans la foulée au département du Puy-de-Dôme, tandis que le Frac Auvergne doit attendre 2010 pour déménager dans ses locaux locatifs actuels, 6, rue Terrail, à deux pas de la cathédrale.

Une réhabilitation après 20 ans de déshérence

Fin 2018, le rachat de la Halle aux blés par la nouvelle entité régionale Auvergne-Rhône-Alpes pour 650 000 euros permet donc au projet de reprendre forme et, du même coup, au site de retrouver une nouvelle vie après vingt ans de déshérence complète. Coût de la réhabilitation : 10 millions d’euros répartis entre la Région (5 M€), le ministère de la Culture (3 M€), la Métropole (1 M€) et le Conseil départemental du Puy-de-Dôme (1 M€).

Vue du projet d'aménagement intérieur de la Halles aux blés pour le Frac Auvergne © ATL / Ateliers Lion
Vue du projet d'aménagement intérieur de la Halles aux blés pour le Frac Auvergne.
© ATL / Ateliers Lion

L’installation du Frac Auvergne dans ces espaces, trois fois plus grands que ceux occupés jusqu’à présent, induira une augmentation des frais de fonctionnement dont la répartition reste à définir. Olivier Bianchi, maire de Clermont-Ferrand (PS) et président de la Métropole clermontoise, « souhaite voir la Métropole rentrer dans le budget de fonctionnement du Frac ». Une annonce qui donne la mesure de l’enjeu du projet, pour une ville qui se portera candidate en 2021 au titre de Capitale européenne de la culture 2028. « Giscard ne voulait pas à l’époque entendre parler de financements croisés », explique Olivier Bianchi pour expliquer l’absence jusque-là de la Ville au financement du Frac Auvergne. Le budget du Frac Auvergne s’élève pour l’instant à 1,175 million (chiffre 2018) financé à 46 % par la Région, par l’État (26 % via la Drac Auvergne-Rhône-Alpes) et par le mécénat (28 %). Mécènes et Drac, qui ont d’ores et déjà augmenté leur contribution au budget dans la perspective du déménagement.

« En 2019, le mécénat franchit pour la première fois le seuil des 300 000 euros », souligne Jean-Charles Vergne, directeur du Frac Auvergne depuis 1996. À cet égard, l’institution fait figure d’exception dans le paysage des Frac régionaux d’art contemporain avec son mécénat constitué d’entreprises locales et de banques ; la fondation d’entreprise Michelin se place naturellement en tête des mécènes avec les ­Laboratoires Théa présidés par Henri Chibret, président par ailleurs du Frac Auvergne. Le Frac Auvergne se distingue également par son budget d’acquisition d’œuvres (170 000 € en 2018, 200 000 € en 2019) et une fréquentation élevée (42 000 visiteurs en 2018, rien que dans ses murs, pour une moyenne nationale pour les autres Frac de 17 000 visiteurs).

Un espace d’exposition multiplié

Le déménagement du Frac à la Halle aux blés n’entraînera pas une entrée tarifée. Jean-Charles Vergne tient à cette gratuité des lieux. La réhabilitation des lieux par l’équipe d’Yves Lion associée à l’architecte local Christian Laporte, spécialisé dans le patrimoine, permet non seulement de doubler les espaces d’expositions – qui passent de 320 m2 à 700 m2 – mais aussi de multiplier par dix les espaces de médiation et de pratiques réservés aux jeunes publics. La totalité des réserves sera dans le bâtiment : « des réserves calibrées pour les trente prochaines années, qui permettront de doubler la collection », précise Jean-Charles Vergne. Brice Hortefeux demeurera-t-il pour la Région aux commandes du projet à la suite des élections européennes du 26 mai 2019 pour lesquelles il est candidat ? L’intéressé affirme avoir « bien l’intention de conserver quelques dossiers en cours qui lui tiennent à cœur ».

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°520 du 29 mars 2019, avec le titre suivant : Le Frac Auvergne déménage en 2021

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