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Julie Binet : « Les Frac essayent d’amener l’art là où le public circule encore »

Par Anne-Charlotte Michaut · L'ŒIL

Le 16 avril 2021 - 686 mots

Julie Binet est secrétaire générale de Platform, l’association de regroupement des Fonds régionaux d’art contemporain (Frac)

Portrait Julie Binet, secrétaire générale de Platform. © Pauline Wallerich, 2019
Julie Binet, secrétaire générale de Platform.
© Pauline Wallerich, 2019
Courtesy Platform
Dans le contexte actuel, pourquoi décider de maintenir le WEFRAC, le week-end des Frac, les 17 et 18 avril prochains ?

Ce n’était pas évident de savoir ce qu’on faisait. Était-ce pertinent de programmer des événements alors que tous les Frac sont fermés ? Finalement, on s’est dit que c’était important d’exister. Comme la crise est installée depuis maintenant un an, il s’agit de montrer qu’on fait avec et qu’on s’adapte. Derrière l’événement festif, le message est de dire que les Frac sont réactifs et maintiennent leurs missions.

Quels sont les enjeux du WEFRAC ?

C’est la sixième édition et, depuis deux ans, on invite des personnalités extérieures au monde de l’art à choisir une œuvre des collections et à en parler. C’est une manière d’ouvrir, de casser le plafond de verre qui existe souvent pour le grand public dans l’appréhension de l’art contemporain. Les trois missions fondamentales des Frac sont de soutenir des artistes par des acquisitions, de diffuser les œuvres sur l’ensemble du territoire et d’accompagner la rencontre avec le public. Il s’agit d’amener l’art contemporain aux gens, d’où cette invitation à des personnalités extérieures qui permet d’ouvrir les publics. Ces rencontres sont maintenues cette année, avec Françoise Vergès (politologue et militante féministe) au Frac Pays de la Loire, Salia Sanou (chorégraphe) à Montpellier, ou la romancière Marie Nimier à Rouen, par exemple.

Comment allez-vous vous adapter à la situation actuelle ?

Les rencontres avec des artistes et des personnalités seront diffusées en live, ou préenregistrées et retransmises pendant le week-end, ça dépend des Frac. En plus de ces invitations, des œuvres seront installées dans l’espace public, sous forme de bannières, de drapeaux, de sculptures… Par exemple, au Frac Poitou-Charentes, Émilie Perotto va faire une procession avec ses sculptures dans la rue ; à Caen, il y aura des affichages sur les arrêts de bus. On essaye d’amener l’art contemporain là où le public circule encore, tout en respectant les consignes gouvernementales liées à la crise. D’autre part, ça fait un an qu’on travaille à la refonte de notre site Internet pour créer une plateforme qui permette à tout un chacun d’avoir accès à toutes les activités des Frac et à leurs collections en un outil unique. Il y aura notamment une carte interactive réunissant tous les projets menés sur le territoire, visibles en temps réel, et une partie médiation listant tous les outils et dispositifs que les Frac développent pour rendre l’art contemporain le plus accessible. C’est un projet ambitieux qu’on dévoilera en même temps que le WEFRAC le 31 mars, lors de la conférence de presse.

Quelles ont été les actions menées par les Frac pendant la crise ?

De nombreuses mesures d’urgence ont été mises en place de manière autonome à destination des artistes et des publics. Dès le premier confinement, beaucoup de Frac ont réussi à dégager des budgets pour pouvoir faire des acquisitions supplémentaires ou lancer des appels à projets. Les Frac sont un circuit parfait pour l’État et les régions en termes de soutien de la création et de l’écosystème de l’art contemporain sur l’ensemble du territoire. Nous avons senti pendant la crise que nous avions un rôle important à jouer. Il y a aussi eu des points positifs à la crise : les Frac ont énormément développé les outils numériques, tout ce qui permettait d’aller vers les publics, de continuer à diffuser l’art. On a progressé dans ce domaine-là et on a conquis de nouveaux publics.

17 et 18 avril

La 6e édition du WEFRAC est maintenue. Chacun des 23 Frac proposera une programmation adaptée aux consignes sanitaires : les rencontres avec des artistes seront numériques, et des œuvres seront installées dans l’espace public.


850

C’est le nombre d’expositions, dans et hors les murs, organisées par les Frac sur l’ensemble du territoire français en 2019.


« Même fermés, les Frac restent ouverts ! Ils ont su s’adapter malgré la crise pour maintenir leurs missions de soutien à la création sur l’ensemble du territoire et d’accès du public à l’art contemporain. » Julie Binet

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°743 du 1 avril 2021, avec le titre suivant : Julie Binet : « Les Frac essayent d’amener l’art là où le public circule encore »

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