Italie - Disparition

Disparition de Giovanni Anselmo

Par Marion Krauze · lejournaldesarts.fr

Le 22 décembre 2023 - 391 mots

TURIN / ITALIE

L’artiste italien, pionnier du mouvement de l’Arte povera, s’est éteint lundi 18 décembre à l’âge de 89 ans. 

La mort de Giovanni Anselmo, survenue le 18 décembre 2023 à Turin, endeuille une nouvelle fois le monde de l’Arte povera, après le décès de Jannis Kounellis en 2017 et celui de Marisa Merz en 2019. Né en 1934 à Borgofranco d’Ivrea, Giovanni Anselmo a été l’un des principaux représentants de l’Arte povera (« art pauvre »), un mouvement d’avant-garde théorisé par le critique d’art Germano Celant en 1967. 

Rien ne prédestinait l’artiste à la voie artistique révolutionnaire qu’il emprunta, puisqu’il a d’abord été vendeur d’encyclopédies. L’éveil artistique de Giovanni Anselmo remonte, selon lui, à son ascension du Stromboli en 1965, au cours de laquelle il se retrouve confronté à la puissance de la nature et ressent l’impression d’être au centre du cosmos. Son rapport étroit avec la nature nourrit désormais sa création artistique. 

Sa rencontre avec le galeriste Gian Enzo Sperone a été déterminante, ce dernier lui consacre sa première exposition personnelle en 1968. Un peu plus connu du grand public, Giovanni Anselmo est représenté par Ileana Sonnabend à Paris en 1970, puis par John Weber à New York en 1972. En parallèle, il participe à toutes les expositions consacrées à l’Arte povera, comme « Con temp l’azione » organisée par Sperone et Christian Stein en 1967, ou celle de la Galleria de’ Foscherari à Bologne en 1968. C’est au cours de cette période qu’Anselmo conçoit ses œuvres les plus emblématiques, parmi lesquelles on peut compter Sans titre – deux blocs de granit unis par une laitue qui se flétrit progressivement – ou encore Ciel raccourci, un pilier qui « rapproche » du ciel. 

En 1972, Giovanni Anselmo participe pour la première fois à la Biennale de Venise et à la documenta de Kassel. En 1990, le jury de la Biennale de Venise lui décerne le Lion d’Or pour la peinture, célébrant l’aspect visionnaire, audacieux et poétique de son art. Comme le soulignait la critique d’art Lea Vergine en 1973, il y a quelque chose de spécial dans l’œuvre d’Anselmo, qui donne l’impression qu’il « veut dépasser le monde, qu’il veut s’aventurer au-delà des limites du langage ».  

Le Musée Guggenheim Bilbao avait prévu, avant l’annonce de sa disparition, une rétrospective de son travail qui doit démarrer en février prochain.
 

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