Vendredi 10 juillet 2020

Spécial Covid-19 - Disparition

Disparition de Germano Celant, « l’inventeur » de l’Arte Povera

Par Olivier Tosseri, correspondant à Rome · lejournaldesarts.fr

Le 30 avril 2020 - 395 mots

ITALIE

L’une des principales figures du monde de l’art italien est morte à 80 ans le 29 avril dernier des suites du Covid-19.

Le Coronovirus a fait l’une de ses plus éminentes victimes dans le monde italien de la culture. Germano Celant, historien de l’art, conservateur, commissaire de grandes expositions était surtout « l’inventeur » de « l’Arte Povera », le dernier mouvement artistique italien à avoir un écho et un succès international. 

En 1967, à 27 ans, il organise l’exposition « Arte povera – Im spazio », à la galerie La Bertesca dans sa ville natale de Gênes. Un manifeste, publié dans la revue Flash Art, explique la révolution que veulent mener douze artistes turinois et romains  : Giovanni Anselmo, Alighiero e Boetti, Pier Paolo Calzolari, Luciano Fabro, Jannis Kounellis, Mario Merz, Marisa Merz, Giulio Paolini, Pino Pascali, Giuseppe Penone, Michelangelo Pistoletto et Gilberto Zorio. 

Un an avant le vent de rébellion qui soufflera sur le monde occidental, un défi est lancé à l’industrie culturelle et à la société de consommation. Le geste créateur prime sur l’objet fini. Un mouvement de libération artistique qui mène sa lutte sur le modèle de la guérilla comme il l’annonce dans le manifeste publié en 1967. Les « armes » sont celles à disposition des artistes : chiffons, terre, bois, corde, toile de jute, vêtements usés… « Je n’ai rien inventé, expliquait Germano Celant, Arte Povera est une expression tellement large qu’elle ne signifie rien. Elle ne définit pas un langage pictural mais une attitude, la possibilité d’utiliser tout ce qui se trouve dans la nature et le monde animal. »

Ses talents seront en revanche utilisés par les plus grands musées à commencer par le Guggenheim de New York dès 1977. Il y devint par la suite senior curator et y organisera en 1994 l’exposition « Italian Metamorphosis 1943-1968 ». En 1981, il prépare l’exposition « Identité Italienne » au Centre Pompidou à Paris mais travaille aussi à Londres et au Palazzo Grassi à Venise. En 1996 il est à l’origine de la première édition de la Biennale de Florence Arte e Moda. L’année suivant il dirige la 47e Biennale de Venise avant de devenir directeur artistique de la Fondation Prada à Milan. « L’Italie est aujourd’hui plus pauvre de son talent et de son génie » a réagi le ministre de la Culture Dario Franceschini.  
 

Tous les articles dans Création

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque