Art contemporain

20 + 1 artistes africains à connaître absolument

AFRIQUE

Trop longtemps invisible, la création du continent africain montre aujourd’hui sa formidable énergie créative dans une saison Africa 2020 tristement empêchée par la fermeture des musées. Regrettable, car l’Afrique, riche de plus de 1,2 milliard d’habitants, plus de 50 États souverains et recouvrant 20 % de la surface des terres émergées compte des artistes majeurs de la scène internationale. Nous en avons sélectionné, pour vous, vingt-et-un : 20 + 1, comme notre siècle qui s’intéresse enfin à ces créateurs ; 20 + 1, pour donner l’envie dans découvrir davantage.

Barthélémy Toguo (1967)

Né à M’Balmayo (Cameroun), Barthélémy Toguo vit et travaille entre Bandjoun et Paris. Bien que citoyen français installé en Europe, il demeure profondément attaché à ses origines et s’intéresse à la question de l’hybridité. Ce dont témoigne, entre autres, la création par l’artiste de la Fondation Bandjoun Station, lieu de rencontre entre art classique africain et art contemporain mondial. Entre 1989 et 1993, Barthélémy Toguo poursuit des études d’arts plastiques aux Beaux-Arts d’Abidjan puis de Grenoble, ainsi qu’à la Kunstakademie de Düsseldorf. Très vite, son travail est repéré et montré dans d’importantes manifestations internationales : « Migrateurs » (Arc, 1999), « Partage d’exotismes » (Biennale de Lyon, 2000), « Political Ecology » (New York, 2001), « All the World’s Future » (Biennale de Venise, 2015). En 2016, il est l’un des quatre artistes nommés pour le prix Marcel Duchamp et expose à cette occasion une installation au Centre Pompidou. Qu’elle soit installation, peinture, sculpture ou gravure, son œuvre porte une dimension politique et interroge l’homme face à l’exil, la migration, l’inégalité, l’état de nature. L’œuvre de Barthélémy Toguo est présente dans d’importantes collections françaises et internationales, dont celles du MNAM (Paris), de la BnF (Paris), du MAC VAL (Vitry-sur-Seine), de la Tate Modern (Londres), du MoMA (New York), du Museum of Contemporary Art (Miami), de la Fondation Louis Vuitton (Paris), de la collection agnès b. (Paris) et de Bandjoun Station (Bandjoun).

Où voir ses œuvres ?
Exposition « Désir d’humanité » , au Musée du Quai Branly. Barthélémy Toguo est représenté par la Galerie Lelong.

Amélie Adamo
Billie Zangewa (1973)

Née au Malawi, Billie Zangewa vit et travaille à Johannesburg (Afrique du Sud). Elle est diplômée en 1995 d’un BFA Printmaking Major (Rhodes University, Grahamstown). Utilisant des chutes de tissu, essentiellement des patchworks de soie découpée et assemblée, l’artiste compose des scènes intimistes. Ces Soldiers of Love sont des broderies figuratives, brillantes et colorées, dont l’artiste est souvent l’héroïne. Mêlant expérience personnelle et caractère universel, ces œuvres dépeignent la vie contemporaine et les activités ordinaires qu’y mènent les femmes. Ici effervescence des grandes villes, là calme de la vie domestique. Qu’elle soit tournée vers l’extérieur ou l’intérieur, la quotidienneté est toujours prétexte à une interrogation politique et identitaire. Réflexion qui soulève les problèmes de genre et de racisme, d’amour et d’injustice. Le travail de Billie Zangewa a trouvé une forte reconnaissance, tant sur la scène artistique africaine que mondiale. Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées, en France et à l’international : Centre Georges Pompidou (Paris), Tate Modern (Londres), National Museum of African Art (États-Unis), MACAAL (Maroc), SMBA (Amsterdam), Spelman College Museum of Fine Art (États-Unis), Johannesburg Art Gallery (Afrique du Sud), Rhodes University Alumni (Afrique du Sud), Fondation Blachère (France), Sasol South Africa (Afrique du Sud), etc.

Où voir ses œuvres ?
« The Power of my Hands »,au Musée d’art moderne de Paris. Billie Zangewa est représentée par la Galerie Templon.

Amélie Adamo
El Anatsui (1944)

Récompensé pour l’ensemble de sa carrière par le Lion d’or à la Biennale de Venise en 2015, El Anatsui est également l’un des artistes africains les mieux cotés sur le marché. Sorti diplômé en sculpture de l’Université des sciences et technologies de Kumasi (Ghana) en 1968, il s’installe dans les années 1970 au Nigeria, pays qu’il ne quittera plus. Il y devient professeur de sculpture à l’université de Nsukka et affirme sa pratique artistique faite de matériaux de récupération et inspirée de traditions artisanales locales. Invité dès 1990 à la Biennale de Venise, où il reçoit une mention honorable, et au Sommet de la Terre à Rio (1992), c’est pourtant à l’orée du siècle que s’opère un tournant décisif dans sa carrière. À partir de capsules de bouteilles mises au rebut, qu’il aplanit puis assemble avec du fil de cuivre, il crée des installations bidimensionnelles monumentales, dont la plus imposante (16 x 25 m) a orné en 2013 la façade de la Royal Academy (Londres). En apparence précieuses malgré la pauvreté des matériaux utilisés, ces majestueuses tentures sont entrées dans les plus grandes collections publiques et privées du monde. Bien que ces œuvres soient fortement chargées symboliquement et porteuses d’une indéniable réflexion environnementale et politique, El Anatsui refuse de tenir un discours sur son travail et rejette les notions de « recyclage » ou d’« écologie ». Événement inaugural de la Saison Africa 2020, la carte blanche du plasticien ghanéen à la Conciergerie est, aussi étonnant que cela puisse paraître, sa première exposition personnelle dans une institution française.

Où voir ses œuvres ?
Exposition « En quête de liberté »,à la Conciergerie de Paris. El Anatsui est représenté par la Galerie RX.

Anne-Charlotte Michaut
Bouchra Khalili (1975)

Dans l’installation audiovisuelle The Tempest Society, commandée pour la documenta 14 (2017), Bouchra Khalili met en scène un groupe de comédiens athéniens durant la crise de la dette grecque, et dont le nom renvoie à une troupe de théâtre créée à Paris par des ouvriers immigrés d’origine algérienne dans les années 1970. Mêlant différentes strates historiques et géographiques, son travail, profondément politique, célèbre la permanence des stratégies de lutte et de résistance. De films en sérigraphies, d’installations en photographies, elle traite des flux migratoires, entrelace récits personnels et collectifs et offre un espace de parole aux minorités qui en sont habituellement privées. Ainsi l’exposition que lui consacrait le Jeu de Paume en 2018 invitait-elle à « une méditation sur la puissance émancipatrice de la parole ». L’artiste franco-marocaine, passée par les Beaux-Arts de Cergy et aujourd’hui installée à Berlin, a déjà présenté son travail à la Biennale de Venise (2013), au MACBA (Barcelone, 2015) ou encore au MoMA (New York, 2016).

Où voir ses œuvres ?
Exposition « Memoria, Récits d’une autre histoire » , au Frac Nouvelle-Aquitaine Méca. Bouchra Khalili est représentée par la Galerie mor charpentier.

Anne-Charlotte Michaut
Joël Andrianomearisoa (1977)

Né à Antananarivo (Madagascar), Joël Andrianomearisoa vit et travaille entre Paris et la capitale malgache. De sa formation d’architecte avec Odile Decq, qu’il enrichit des savoir-faire de Madagascar (fibres et soie), l’artiste développe une sensibilité aux matières, tissu, papier et plastiques divers. Dessin, installation, performance, vidéo, son, photographie : la multiplicité des techniques sert une œuvre à l’atmosphère sombre qui décline l’expressivité du noir. Percevant la fragilité comme force du vivant, l’artiste s’intéresse à l’ambivalence des émotions humaines, de l’amitié à l’amour, de la présence à l’absence, de l’espoir au désespoir, de la nostalgie à la difficulté d’être. Très vite, son travail trouve une résonance dans d’importantes expositions collectives ou individuelles, dont « Africa Remix » (Paris, 2005), « Rencontres africaines de la photographie » (Bamako, 2009) et la Biennale de Venise en 2019. En 2020, Joël Andrianomearisoa a poursuivi l’histoire entamée à Venise (J’ai oublié la nuit) en déployant, au Domaine de Chaumont, son grand livre noir de la nuit produit pour le pavillon de Madagascar avec quatre autres nouvelles pièces (Ce soir la nuit ne veut pas s’arrêter). Son travail est représenté dans d’importantes collections dont : Muzeum Sztuki (Pologne), Les Abattoirs, Musée (Toulouse), Zeitz MOCAA (Afrique du Sud), Musée national d’art africain (Washington), MACAAL (Maroc), Fonds régional d’art contemporain de la Réunion (France), Fondation Zinsou (Bénin), etc.

Où voir ses œuvres ?
Interventions sur les tours et les remparts d’Aigues-Mortes (Brise du rouge soleil) et dans la saison d’art du Domaine de Chaumont-sur-Loire (Les herbes folles du vieux logis). Exposition « Ce qui s’oublie et ce qui reste » , au Musée national de l’histoire de l’immigration. Joël Andrianomearisoa est représenté par la galerie RX.

Amélie Adamo
Mary Sibande (1982)

Née à Barberton (Afrique du Sud), Mary Sibande vit et travaille à Johannesburg où elle fut diplômée universitaire en arts plastiques au début des années 2000. À travers ses sculptures et peintures, elle explore les représentations stéréotypées de la femme et la question de l’identité dans la société sud-africaine. Inspiré de son histoire personnelle, son travail interroge l’archétype de la domestique noire durant l’apartheid. Politique, l’œuvre de Sibande se pose comme acte de résistance et contre-histoire. Depuis qu’elle a représenté l’Afrique du Sud à la 54e Biennale de Venise en 2011, l’artiste n’a cessé de montrer son travail dans de grands musées internationaux et dans d’importantes manifestations collectives dont le Festival mondial des arts nègres de Dakar (2010) ou la Biennale de Lyon (2013). En France, plusieurs expositions lui ont été consacrées, comme au MAC VAL (2013) ou au Mac Lyon (2020). Les œuvres de Mary Sibande font partie de plusieurs collections publiques, notamment celles du Toledo Museum of Art (Tolède) ou du Smithsonian National Museum of African Art (Washington).

Où voir ses œuvres ?
Exposition « Memoria, Récits d’une autre histoire » , Frac Nouvelle-Aquitaine Méca. Mary Sibande est représentée par la Smac Gallery.

Amélie Adamo
Zanele Muholi (1972)

Intitulée « Visual Sexuality: Only Half of the Picture », la première exposition personnelle de Zanele Muholi, à la Johannesburg Art Gallery en 2004, donne le ton. « Iel » – contraction de « il » et de « elle », ce pronom neutre veut dépasser la binarité de genre – s’est donné pour mission de « réécrire une histoire visuelle noire, queer et trans de l’Afrique du Sud ». Après une enfance passée dans un township de Durban, « iel » s’installe à Johannesburg à dix-neuf ans. En 2002, « iel » cofonde le Forum for Empowerment of Women et s’inscrit à une formation accélérée au Market Photo Workshop, école créée par le célèbre photographe David Goldblatt. Zanele Muholi poursuit ensuite ses études à la Ryerson University de Toronto, d’où « iel » sort diplômé.e en 2009 avec un mémoire portant sur les représentations visuelles du lesbianisme dans l’Afrique du Sud post-Apartheid. Sa pratique photographique est indissociable de son engagement en faveur des droits des personnes LGBTQIA+ : en photographiant des membres issus de ces communautés, « iel » sublime leurs singularités, tout en dénonçant la stigmatisation et les violences dont ils sont encore victimes. Débutée en 2006, la série évolutive Faces and Phases, composée de portraits très contrastés de femmes lesbiennes et noires à différents moments de leur vie, est aujourd’hui emblématique de son travail. On retrouve la même intensité dans une autre série initiée en 2012, et qui a consacré Zanele Muholi : des autoportraits dans lesquels « iel » joue de poses et d’accessoires pour détourner les stéréotypes de genre et de race. La Saison Africa 2020 rend hommage à l’œuvre audacieuse et puissante de l’« activiste visuel.le » en présentant la rétrospective que lui consacre la Tate Modern en collaboration avec la Mep.

Où voir ses œuvres ?
Expositions « Zanele Muholi » , à la Mep et « Cosmogonies. Zinsou, une collection africaine » , au MO.CO (Montpellier).Zanele Muholi est représenté.e par les galeries Stevenson et Yancey Richardson.

Anne-Charlotte Michaut
Chéri Samba (1956)

Né à Kinto M’Vuila (République démocratique du Congo), Chéri Samba vit et travaille à Kinshasa où il est perçu comme le maître de la peinture populaire. Inspirée par les affiches et la bande dessinée, sa peinture figurative a très vite trouvé une grande popularité locale, de même qu’elle trouvera une forte résonance internationale, des États-Unis à l’Europe. Sa palette chromatique riche, vive et pailletée crée un effet immédiat, attrayant et accessible au plus grand nombre. Cette beauté colorée dédramatise la violence des sujets traités, des sujets de société cruciaux comme la sexualité, la maladie, la politique, les inégalités, le racisme, la corruption. Depuis la fin des années 1980, ces représentations sont habitées par la présence de l’artiste devenu, par l’autoportrait, commentateur au cœur des tableaux. S’ils émanent d’un dialogue entre Afrique et Occident, ses tableaux n’en portent pas moins un caractère universel. La peinture de Chéri Samba est représentée dans d’importantes collections publiques et privées, en France comme à l’international : Musée national d’art moderne (Paris), MoMA (New York), Musée royal de l’Afrique centrale (Tervuren), collection LVMH (Paris), Fondation Cartier pour l’art contemporain (Paris), collection agnès b. (Paris), CAAC – The Jean Pigozzi Collection (Genève), Zeitz MOCAA (Cape Town), etc.

Où voir ses œuvres ?
Exposition « Ex Africa » , au Musée du Quai Branly et « Cosmogonies. Zinsou, une collection africaine » , au MO.CO (Montpellier).Chéri Samba est représenté par la Galerie Magnin-A.

Amélie Adamo
Naré Famakan Magassa (1997)

En 2018, Naré Famakan Magassa (né à Kita, au Mali) est diplômé du Conservatoire des arts et métiers multimédias Balla Fasséké Kouyaté, à Bamako, où il obtient une licence en arts plastiques. Cultivant depuis l’enfance un goût pour le dessin réaliste, le jeune Naré Famakan Magassa s’est découvert en dessinant une série de portraits de célébrités, comme Sidiki Diabaté ou Chérif Ousmane Madani Haïdara. Sa pratique picturale gardera un peu de cet attrait premier pour le trait et le réalisme. Observateur de la société, son travail évoque certains aspects de l’histoire africaine, comme lorsqu’il peint la société secrète des « korèdougas » dans une série de tableaux peuplés de personnages costumés, énigmatiques et désarticulés. Libre et énergique, le style de Naré Famakan Magassa relève d’une hybridation entre culture africaine et traditions européennes, comme le cubisme. À 22 ans à peine, Naré Famakan Magassa était déjà considéré comme le grand espoir de la peinture malienne. Depuis sa première grande exposition à l’Institut français du Mali, son travail a été montré dans de nombreuses expositions collectives, au côté d’artistes de renommée internationale.

Où voir ses œuvres ?
« Hôtel Sahara »,aux Magasins généraux de Pantin. Naré Famakan Magassa est représenté par 5 Mondes Gallery.

Amélie Adamo
Pascale Marthine Tayou (1967)

En 2012, sous la direction artistique de Pascale Marthine Tayou, le hall de la gare Saint-Lazare a été investi par des milliers de sacs plastiques agencés en une installation aérienne par une centaine de bénévoles. L’utilisation de matériaux emblématiques de la société de consommation est caractéristique du travail du célèbre plasticien camerounais autodidacte. D’installations monumentales faites de matériaux de récupération aux petites Poupées Pascale en cristal, en passant par la création d’une monnaie utopique, l’afro, son œuvre hybride joue des échelles, des matériaux et des références. Tayou, lui, se joue des conventions. Féminisant ses prénoms dès les années 1990, il n’aura de cesse de troubler nos attentes, mais également l’ordre établi. Ses œuvres, porteuses d’un message politique, social et culturel fort, ont été régulièrement vandalisées, comme à Lyon (2011) ou à Donetsk (2015). Professeur aux Beaux-Arts de Paris, Tayou vit pourtant entre la Belgique et le Cameroun. Dans son œuvre comme dans sa vie, il cherche à abolir les frontières. Ainsi, Bernard Blistène écrit qu’il « procède par éclats. Il organise des moments d’intensité au-delà de toute géographie donnée, il nous livre un état du monde. » État du monde marqué par les travers de la mondialisation et du capitalisme, notamment l’impact néfaste de l’homme sur son environnement et la surexploitation des ressources, thématiques au cœur de son travail. Outre la présence d’œuvres dans de nombreuses collections publiques et privées, la reconnaissance dont il bénéficie se manifeste par des installations pérennes dans l’espace public, disséminées de Douala à Shanghai, en passant par Lille ou Amsterdam.

Où voir ses œuvres ?
Exposition « Ex Africa » , au Musée du Quai Branly. Pascale Marthine Tayou est représenté par la Galleria Continua.

Anne-Charlotte Michaut
Frédéric Bruly Bouabré (1923-2014)

Né à Zéprégühé, dans la région de Daloa, Frédéric Bruly Bouabré a vécu et travaillé à Abidjan, en Côte d’Ivoire. À partir de 1948, Frédéric Bruly Bouabré consigne ses recherches dans des manuscrits sur lesquels il développe son œuvre de poète, encyclopédiste, dessinateur. Riche de plusieurs milliers de dessins, réunis sous le titre de Connaissance du monde, l’œuvre de l’artiste se donne comme une sorte d’encyclopédie des savoirs de son peuple Bété et de ceux du monde entier. Frédéric Bruly Bouabré fut l’inventeur de l’alphabet bété : écriture universelle visant à retranscrire toutes les langues du monde. Par des pictogrammes colorés aux diverses formes géométriques, l’artiste évoque des récits de la vie quotidienne, mythologique ou politique. Diffusé en France comme à l’international dans de multiples manifestations personnelles ou collectives, comme « les magiciens de la terre » en 1989, le travail de Frédéric Bruly Bouabré est entré dans d’importantes collections dont celles du Centre Pompidou, de la Tate Modern ou du Musée d’art brut de Lausanne.

Où voir ses œuvres ?
Expositions « Ce qui s’oublie et ce qui reste » , au Musée national de l’histoire de l’immigration et « Cosmogonies. Zinsou, une collection africaine » , au MO.CO (Montpellier). Frédéric Bruly Bouabré est représenté par la Galerie Magnin-A.

Amélie Adamo
Meriem Bennani (1988)

Formée à la Cooper Union (New York) puis aux Arts décoratifs (Paris), cette artiste marocaine, aujourd’hui installée à New York, s’est distinguée par son travail vidéo et ses installations immersives. Toujours teintées d’humour et de tendresse, ses œuvres narratives abordent des problématiques liées aux disparités – identitaires, sociales et culturelles – ainsi qu’à la transmission et à ses mutations actuelles. Mêlant culture marocaine traditionnelle et pop culture mondialisée, codes du documentaire, de la téléréalité et utilisation des technologies numériques, son travail hybride et singulier séduit depuis plusieurs années déjà. Alors âgée d’à peine trente ans, Meriem Bennani avait déjà bénéficié d’expositions personnelles dans des lieux aussi prestigieux que le MoMA PS1 (New York, 2016) et la Fondation Vuitton (Paris, 2019). De mars à juillet 2020, elle a séduit la critique et le grand public avec une réjouissante chronique de confinement sous forme de courtes vidéos disponibles sur Instagram où deux lézards, avatars de l’artiste, et son amie Orian Barki bavardent en se promenant dans New York confinée.

Où voir ses œuvres ?
Exposition « Au-delà des apparences. Il était une fois, il sera une fois » , Les Abattoirs, au Musée – Frac Occitanie. Meriem Bennani est représentée par la Clearing Gallery.

Anne-Charlotte Michaut
L’ode à Rousseau de Zandile Tshabalala

Vous ne verrez pas ses tableaux dans le cadre de la programmation de la Saison Africa 2020 mais à Accra (Ghana), à la ADA Contemporary Art Gallery (jusqu’au 26 mars), et pour cause : plus jeune peintre de notre sélection, Zandile Tshabalala (née en 1999 à Soweto, en Afrique du Sud) est une artiste émergente de la scène africaine. Sa peinture, à l’esthétique proche de celle du Douanier Rousseau, est un manifeste de la beauté de la femme africaine, qui passe par sa puissante féminité et par l’envoûtante noirceur de sa peau. Mais que l’on ne s’y trompe pas, derrière l’apparente naïveté de sa peinture, retournant contre eux les canons occidentaux du « primitivisme » (la stylisation des masques, le paradis originel, etc.), Zandile Tshabalala réalise une peinture éminemment politique, dans laquelle elle porte les revendications des femmes et de la jeunesse africaines pour leur reconnaissance, y compris institutionnelle. Nul doute que sa peinture traversera bientôt la Méditerranée pour être présentée en Europe.

Fabien Simode
Omar Ba (1977)

Né au Sénégal, Omar Ba vit et travaille entre Dakar et New York. Formé dans des écoles de beaux-arts au début des années 2000, au Sénégal et en Suisse, son travail porte l’empreinte d’une hybridation entre Afrique et Occident. Talentueux coloriste, l’artiste crée des tableaux ambivalents aux interprétations multiples, peuplés d’êtres hybrides, mi-humains, mi-animaux. Inscrits dans une réalité politique et sociale, ses motifs font autant écho à l’actualité et à l’histoire de son pays qu’à une dimension atemporelle et mythologique. Références intimes et métaphores personnelles se mêlent à l’apport d’une tradition ancestrale et sacrée. Politique, son œuvre traite de sujets aux résonances sociétales : amour, sacrifice, exil, pouvoir, domination. Jamais littérale ou didactique, son œuvre demeure énigmatique, à la lisière du réel, de l’inconscient et de l’imaginaire. Exposée en France et à l’international dans d’importantes manifestations, son œuvre est entrée dans de nombreuses collections publiques et privées : Centre national des arts plastiques (Paris), Fondation Louis Vuitton (Paris), collection Mirabaud (Suisse), Collection nationale suisse (Bâle), Fonds municipal d’art contemporain de la Ville de Genève, Fonds municipal d’art contemporain de la Ville de Paris, Louvre Abu Dhabi (Émirats arabes unis)…

Où voir ses œuvres ?
« Omar Ba, Anomalie », à la Galerie Templon (Bruxelles).Omar Ba est représenté par la Galerie Templon.

Amélie Adamo
Njideka Akunyili Crosby (1983)

Née au Nigeria, Njideka Akunyili Crosby s’installe aux États-Unis en 1999 où elle obtient ses diplômes en arts (Académie des arts de Pennsylvanie et université Yale). Aujourd’hui, elle vit et travaille à Los Angeles, en Californie, mais se rend régulièrement au Nigeria et dans d’autres pays d’Afrique. Dessin, collage, peinture : hybride et multiculturel, son travail mêle les sources et les motifs, tantôt issus des traditions académiques occidentales, tantôt des cultures populaires africaines. Inscrits dans des intérieurs domestiques, parfois tirés de publicités ou de magazines, les personnages font écho à l’histoire intime de l’artiste autant qu’à la grande histoire. À travers eux, l’artiste représente des aspects de la vie ordinaire, parfois tournés vers l’intimité des rapports humains, parfois aux prises avec l’histoire du colonialisme. Le travail de Njideka Akunyili Crosby a été récompensé par de prestigieux prix, comme le prix Canson (2016), et a été montré dans de nombreux musées internationaux de renom. Son œuvre fait partie d’importantes collections muséales dont celles de la Tate Modern (Londres) ou du Whitney Museum of American Art (New York).

Où voir ses œuvres ?
« The Power of my Hands »,au Musée d’art moderne de Paris. Njideka Akunyili Crosby est représentée par la galerie Victoria Miro.

Amélie Adamo
Myriam Mihindou (1964)

Avec la performance comme pratique structurante de l’ensemble de son œuvre pluridisciplinaire, « Myriam Mihindou procède à un rituel de confrontation et de réappropriation de son corps pour le révéler en tant que sujet conscient et puissant », selon les termes de Julie Crenn. Cette artiste franco-gabonaise, diplômée des Beaux-Arts de Bordeaux en 1993, s’imprègne d’expériences, de rites et de récits inspirés de sa double nationalité et glanés au gré de ses nombreux voyages – de l’île de la Réunion à Haïti en passant par l’Égypte. « Transperformances », photographies, sculptures ou dessins, toutes ses œuvres traitent de la mémoire, du langage, de l’identité. Elle narre des récits métissés, célèbre la nature et interroge notre rapport au monde par une pratique pensée comme un rituel tout entier tourné vers la résilience. Ses œuvres ont été montrées dans de nombreux Frac et centres d’art, ainsi que dans des expositions collectives au Centre Pompidou ou au Quai Branly. En 2017, sa performance La Curée, présentée à la Biennale de Venise, a été unanimement acclamée.

Où voir ses œuvres ?
Expositions « Ex Africa » , au Musée du Quai Branly et « Memoria, Récits d’une autre histoire » , au Frac Nouvelle-Aquitaine Méca. Myriam Mihindou est représentée par la Galerie Maïa Muller.

Anne-Charlotte Michaut
Sammy Baloji (1978)

Découvert aux rencontres photographiques de Bamako en 2007, cet artiste visuel congolais a depuis acquis une large reconnaissance internationale dont témoignent sa participation à la Biennale de Venise (2015) et à la documenta 14 (Cassel, 2017), ainsi que la présence de son travail dans de prestigieuses collections. Nommé chevalier des Arts et des Lettres en 2016, cet ancien pensionnaire à la Villa Médicis (2019-2020), vivant aujourd’hui entre la Belgique et la RDC, nourrit sa pratique artistique d’un travail de recherche approfondi. Diplômé en sciences humaines de l’université de Lubumbashi et de la Haute École des arts du Rhin (Strasbourg), il a entamé en 2019 un doctorat à Anvers intitulé « Contemporary Kasala and Lukasa: Towards a Reconfiguration of Identity and Geopolitics ». Tout entière tournée vers la notion d’héritage industriel et culturel, son œuvre propose, à travers photographies, vidéos et installations, un regard critique sur l’impact de la colonisation belge au Congo. Affirmant ne pas être « intéressé par le colonialisme au sens de nostalgie, ou par le fait qu’il soit une chose du passé, mais par la perpétuation de ce système », il s’agit, pour Baloji, de mettre au jour la permanence des rapports de force sociaux, géopolitiques, culturels de l’Occident sur l’Afrique. Dans le cadre de la Saison Africa 2020, son travail est mis à l’honneur dans trois lieux de la capitale : devant le Grand Palais, où deux sculptures monumentales ornent les escaliers d’une des façades, aux Beaux-Arts de Paris, qui présentera sa première rétrospective dans une institution parisienne, et au Musée national de l’histoire de l’immigration, au sein de l’exposition collective « Ce qui s’oublie et ce qui reste ».

Où voir ses œuvres ?
Expositions « Ce qui s’oublie et ce qui reste » , au Musée national de l’histoire de l’immigration et « Sammy Baloji » , aux Beaux-Arts de Paris. Sammy Baloji est représenté par la Galerie Imane Farès.

Anne-Charlotte Michaut
Otobong Nkanga (1974)

Pour la plasticienne nigériane, l’année 2019 a été marquée par deux consécrations : après avoir reçu une mention spéciale à la Biennale de Venise, elle a été la première lauréate du Lise Wilhelmsen Art Award Programme (Norvège), un prix récompensant un(e) artiste en milieu de carrière (dotation de 100 000 euros). Formée à l’Université Obafemi-Awolowo (Nigeria), puis aux Beaux-Arts de Paris, elle obtient ensuite un master en Performing Arts à DasArts (Amsterdam) en 2008. D’installations en dessins ou tapisseries, son travail plastique protéiforme se nourrit largement de sa pratique performative. Résolument engagée, elle mêle dans ses œuvres fragments d’histoire, de récits et d’images pour traiter de problématiques liées au territoire, à l’environnement, au partage des ressources ou encore aux échanges entre pays africains et européens. La reconnaissance internationale dont jouit aujourd’hui son travail se manifeste par des expositions personnelles et collectives dans de grandes institutions (Tate Modern, Stedelijk Museum…) ainsi qu’une présence régulière dans les biennales et foires à travers le monde.

Où voir ses œuvres ?
« Memoria, Récits d’une autre histoire », au Frac Nouvelle-Aquitaine Méca. Otobong Kkanga est représentée par la Galerie In Situ – fabienne leclerc.

Anne-Charlotte Michaut
Wangechi Mutu (1972)

« Les femmes, plus que les hommes, portent les marques, le langage et les nuances de leur culture. Tout ce qui est désiré ou méprisé est toujours placé sur le corps féminin », affirme la plasticienne kényane, aujourd’hui installée à New York. Souvent associé à l’afro-futurisme, son travail hybride les genres, les matériaux et les références pour déconstruire les représentations stéréotypées – culturelles et médiatiques – du corps féminin, notamment noir. Wangechi Mutu déploie dans ses collages, sculptures, installations et vidéos, un univers fantasmagorique puissant dans lequel évoluent des créatures composites et mutantes, avatars d’une féminité régénérée. L’œuvre de la diplômée de l’école d’art de Yale (2000) séduit depuis le début du siècle, comme en témoignent les nombreuses expositions personnelles qui lui ont été consacrées, de New York à Hong Kong, en passant par Vienne ou Bruxelles. Présent dans les collections publiques américaines les plus prestigieuses, son travail a été présenté pour la première fois en France en 2005 dans l’exposition « Africa Remix » au Centre Pompidou.

Où voir ses œuvres ?
Exposition« Memoria, Récits d’une autre histoire » , au Frac Nouvelle-Aquitaine Méca. Wangechi Mutu est représentée par les galeries Victoria Miro et Gladstone.

Anne-Charlotte Michaut
Romuald Hazoumè (1962)

« Beaucoup d’entre nous sommes aujourd’hui des artistes du monde […], mais je suis fier de dire que je viens d’Afrique et que je porte avec moi ma culture, que j’ai le devoir de perpétuer. Et pas besoin pour ça de se référer à l’histoire de l’art occidental […] puisqu’en Afrique, l’histoire de l’art et de la culture a 4 000 ans d’âge », affirme Romuald Hazoumè. Figure majeure de l’art contemporain international, lauréat du prix Arnold Bode en 2007 (documenta 12), cet artiste béninois né dans une famille catholique d’origine yoruba reste profondément attaché à ses racines. Dans son travail protéiforme, il déconstruit la vision occidentalo-centrée de l’art en revisitant des traditions africaines à l’ère postcoloniale. Il débute dans les années 1980 avec la série de masques Bidons qui feront sa renommée au Bénin, puis à l’international. En utilisant des bidons d’essence récupérés, il réinterprète les masques traditionnels du pays yoruba en substituant aux matériaux naturels un objet de rebut emblématique des trafics pétroliers. Les clichés plaqués par l’Occident sur l’Afrique, Hazoumè s’en empare, les détourne et les dénonce dans un travail syncrétique, toujours teinté d’ironie. Il traite, dans ses sculptures, photographies ou peintures, des réalités sociales, politiques et culturelles africaines. Son installation monumentale La Bouche du roi, puissant plaidoyer contre la traite négrière et hommage à ses victimes, a été exposée en 2006 pour l’ouverture du Musée du Quai Branly. Il investit cette année le Château des ducs de Bretagne avec une vingtaine d’œuvres entrant en dialogue avec la collection du musée d’histoire.

Où voir ses œuvres ?
Expositions « Ex Africa » , au Musée du Quai Branly, « Romuald Hazoumè » , au Château des ducs de Bretagne, Nanteset « Cosmogonies. Zinsou, une collection africaine » , au MO.CO (Montpellier).Romuald Hazoumè est représenté par la Galerie Magnin-A.

Anne-Charlotte Michaut
Pathy Tshindele (1976)

Né en 1976 à Kinshasa, Pathy Tshindele vit et travaille dans la capitale congolaise. Il est diplômé des Beaux-Arts et des Arts décoratifs de Strasbourg au début des années 2000, d’où il tirera les bases d’une culture occidentale tournée vers l’art contemporain. À cet apport, l’artiste greffera une tradition plus locale et populaire, en lien avec son enfance et la vie à Kinshasa. Tantôt performance, tantôt peinture, son travail interroge la violence de l’espace urbain, son ambiance agitée et sa lumière. Mêlant une dimension personnelle à un apport culturel plus universel, l’œuvre de Pathy Tshindele se veut politique. En écho à l’histoire du peuple, d’Afrique et d’ailleurs, ses œuvres traitent de sujets sociétaux : violence, lutte, domination, dépendance. Son travail a été montré dans d’importantes manifestations collectives dont, en France, « Beauté Congo » à la Fondation Cartier pour l’art contemporain à Paris (2015) et « Ex Africa », actuellement au Quai Branly.

Où voir ses œuvres ?
Exposition « Ex Africa » , au Musée du Quai Branly.Pathy Tshindele est représenté par la galerie Magnin-A.

Amélie Adamo
Dominique Zinkpè (1969)

Il est, avec William Kentridge, Chéri Samba, Barthélémy Toguo, Ouattara Watts et Soly Cissé, l’un des artistes dont le nom est inscrit au générique de l’exposition panafricaine itinérante « Prête-moi ton rêve », organisée par la Fondation pour le développement de la culture africaine. Né à Cotonou (Bénin), Dominique Zinkpè fait irruption en 2002 dans le monde de l’art international avec son Taxi Taf-Taf, sculpture représentant un taxi-brousse à la Biennale de Dakar, qui lui décerne le prix Uemoa. Pourtant, Zinkpè n’est pas un sculpteur – ou pas seulement –, il est aussi un vidéaste, un dessinateur et un peintre, s’interdisant de s’enfermer dans une pratique ou une autre. À la Galerie Vallois moderne & contemporain, qui le représente à Paris, il exposait à l’automne dernier une série de peintures animistes qui pouvaient évoquer, par leur composition et leurs couleurs, les peintures de Marc Chagall ou de Jean-Michel Basquiat – des peintures récentes sont également visibles actuellement à la Galerie LouiSimone Guirandou à Abidjan (Côte d’Ivoire). Le travail de l’artiste est très attaché à l’Afrique, à sa culture et à ses mœurs, lui-même étant tourné vers la jeune génération des artistes du continent. En 2012, Dominique Zinkpè ouvre un lieu de création et de résidence à Abomey ; deux ans plus tard, il prend la direction du Centre arts et cultures de Lobozounkpa, à Cotonou (Bénin), créé à l’initiative du galeriste et collectionneur Robert Vallois.

Où voir ses œuvres ?
Dominique Zinkpè est représenté par la Galerie Vallois moderne & contemporain, Paris

Fabien Simode
« Désir d’humanité, Les univers de Barthélémy Toguo »,
Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, 37, quai Branly, Paris-7e. Commissaire : Christiane Falgayrettes-Leveau. www.quaibranly.fr
« Ex Africa, Présences africaines dans l’art d’aujourd’hui »,
Musée du Quai Branly-Jacques Chirac, 37, quai Branly, Paris-7e. Commissaire : Philippe Dagen. www.quaibranly.fr
« En quête de liberté, carte blanche à El Anatsui »,
Conciergerie, 2, boulevard du Palais, Paris-1er. www.paris-conciergerie.fr
« Zanele Muholi »,
Mep, 5/7, rue de Fourcy, Paris-4e. Commissaires : Simon Baker et Yasufumi Nakamori. www.mep-fr.org
« Ce qui s’oublie et ce qui reste »,
Musée national de l’histoire de l’immigration, 293, avenue Daumesnil, Paris-12e. Commissaires : Meriem Berrada et Isabelle Renard. www.histoire-immigration.fr
« Memoria, Récits d’une autre histoire »,
Frac Nouvelle-Aquitaine Méca, 5, parvis Corto-Maltese, Bordeaux (33). Commissaires : Nadine Hounkpatin et Céline Seror. fracnouvelle aquitaine-meca.fr
« Hôtel Sahara »,
Magasins généraux de Pantin, 1, rue de l’Ancien-Canal, Pantin (93). Commissaires : Anna Labouze, Keimis Henni et Maïa Hawad. Magasinsgeneraux.com
« Cosmogonies. Zinsou, une collection africaine »,
MO.CO, Hôtel des collections, 13, rue de la République, Montpellier (34). www.moco.art
« Sammy Baloji »,
Beaux-Arts de Paris, 14, rue Bonaparte, Paris-6e. beauxartsparis.fr
« The Power of my Hands »,
au Musée d’art moderne de Paris, 11, avenue du Président Wilson, Paris-16e. Commissaires : Suzana Sousa et Odile Burluraux. www.mam.paris.fr
« Au-delà des apparences. Il était une fois, il sera une fois »,
Les Abattoirs, Musée – Frac Occitanie, 76, allées Charles-de-Fitte, Toulouse (31). Commissaires : Missla Libsekal et Annabelle Ténèze. www.lesabattoirs.org
« Expression(s) décoloniale(s) #2, Romuald Hazoumé »,
Château des ducs de Bretagne, Musée d’histoire de Nantes, 4, place Marc Helder, Nantes (44). www.chateaunantes.fr

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°742 du 1 mars 2021, avec le titre suivant : 20 + 1 artistes africains à connaître absolument

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