Mercredi 26 février 2020

Politique

Réforme

L’aggiornamento des musées italiens

Par Maureen Marozeau · Le Journal des Arts

Le 13 janvier 2015 - 748 mots

Sous l’impulsion du président du Conseil, Matteo Renzi, le ministère de la Culture italien s’est engagé dans une refonte complète du paysage institutionnel transalpin.

ROME - Dario Franceschini, ministre italien des Biens et des Affaires culturels et du Tourisme (MiBACT), a présenté le 8 janvier des chiffres encourageants pour l’année 2014. Six mois après la mise en place, le 1er juillet, de la gratuité le premier dimanche du mois dans les musées et les sites culturels nationaux, le ministre s’est félicité d’un second semestre marqué par une hausse de la fréquentation ( 6,4 %) et des recettes globales ( 9,1 %). Sur les 20,5 millions de visiteurs comptabilisés de juillet à décembre, la moitié correspond à des entrées gratuites (soit une hausse de 3,6 %) et plus de 1,5 million de visiteurs se sont pressés aux six dimanches gratuits. Les sites les plus visités sont le Colisée à Rome (plus de 6 millions de visiteurs), le site de Pompéi (env. 2,5 millions) et la Galerie des Offices à Florence (près de 2 millions).

Cette conférence de presse est intervenue un mois après l’entrée en vigueur d’une refonte intégrale du ministère et du système des musées en Italie. Le décret signé par le ministre le 23 décembre 2014, que l’on peut rapprocher de la loi musée française du 4 janvier 2002, donne une nouvelle définition du système muséal italien, de la mission des musées nationaux et de leur mode de gestion.

Dorénavant, le paysage se compose de dix-huit grands musées et deux sites archéologiques d’intérêt national autonomes sur le plan scientifique, technique et financier, de la Galerie des Offices (Florence) à la Galerie de l’Académie à Venise en passant par le Colisée à Rome, auxquels s’ajoute un réseau de dix-sept pôles régionaux regroupant les plus petites structures. Autrefois simples services rattachés à une surintendance, ces vingt grandes institutions ont gagné une autonomie complète et seront dirigés par un chef d’établissement, un conseil d’administration, un comité scientifique et un collège de réviseurs des comptes.

Politique de rationalisation
Dans cet effort global de modernisation des administrations impulsé par le président du Conseil, Mario Renzi, le ministre mène de front une politique de rationalisation des ressources humaines et des dépenses ; déjà, entre l’année 2012 et l’année 2013, le ministère a subi une réduction de budget de 100 millions d’euros. Poursuivant d’une certaine manière le travail de valorisation du patrimoine mené de 2009 à 2012 par Mario Resca, ancien dirigeant de McDonald Italie nommé par Silvio Berlusconi, Dario Franceschini entend rapprocher les deux pôles du ministère, la Culture et le Tourisme, dans une action plus coordonnée. Parmi la douzaine de directions générales créées, dont celle des Musées, une nouveauté est à signaler : la direction de l’Art et de l’Architecture contemporains et des Périphéries urbaines œuvrera à inscrire l’art dans l’espace public. Une première dans un pays dont les politiques successives ont largement négligé la création.

Les directeurs pourront venir de l’international

Le 8 janvier était également très attendu le dévoilement de la procédure de recrutement des vingt chefs d’établissements qui, outre leurs compétences scientifiques, devront désormais avoir fait leurs preuves en matière de gestion. L’événement est de taille car l’appel à candidatures, jusque-là limité à la fonction publique italienne, est dorénavant ouvert à l’international. Les candidats ont jusqu’au 15 février pour soumettre leur dossier à un comité de cinq sages, lesquels se donnent jusqu’au 15 mai pour les examiner. Les directeurs des sept grands musées à gestion « générale » seront nommés par le président du Conseil, Matteo Renzi, sur proposition du ministre. Sont concernés la Galerie Borghèse à Rome, la Galerie des Offices, la Galerie nationale d’art moderne et contemporain de Rome, la Galerie de l’Académie de Venise, le Musée du Capodimonte à Naples, la Pinacothèque de Brera à Milan, le Palais royal de Caserte. Seront nommés par la direction générale des Musées les treize directeurs de musées à gestion « non générale » : la Galerie de l’Académie, Florence ; la Galerie Estense, Modène ; la Galerie nationale d’art antique, Rome ; la Galerie nationale des Marches, Urbino ; la Galerie nationale de l’Ombrie, Pérouse : le Musée national du Bargello, Florence, le Musée archéologique national, Naples, le Musée archéologique national, Reggio de Calabre ; le Musée archéologique national, Tarente ; le Parc archéologique, Paestum ; le Palais ducal, Mantoue ; le Palais royal, Gênes ; le Pôle royal, Turin. Dans les deux cas, les nouveaux directeurs seront nommés pour quatre ans et prendront leurs fonctions le 1er juin.

Légende photo

Dario Franceschini. © Ministero per i Beni e le Attività Culturali.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°427 du 16 janvier 2015, avec le titre suivant : L’aggiornamento des musées italiens

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