Dimanche 16 février 2020

La Fiac repousse les murs

Par Éléonore Thery · Le Journal des Arts

Le 15 octobre 2014 - 742 mots

La Foire étend cette année son parcours « Hors les murs » le long des Docks de la Cité de la mode et du design. Installations, projections ou performances, elle tente ainsi toujours d’élargir son audience.

Jusqu’où la Fiac étendra-t-elle ses frontières ? Le programme « Hors les murs » s’enracine dans la capitale, s’étendant d’année en année. Le principe d’un parcours artistique en dehors de l’enceinte de la foire est né en 2005, alors que la Fiac réintégrait le Grand Palais après une migration malheureuse à la porte de Versailles. Faute de place dans la structure fraîchement inaugurée, la foire investit la Cour carrée du Louvre pour y loger ses jeunes galeries. Entre les deux sites, les Tuileries offrent un terrain de jeu prestigieux : ainsi naît le projet, aussi inspiré par le succès du secteur « Art Unlimited » à Art Basel. « Nous voulions signaler notre retour au Grand Palais, l’idée était de donner un site d’exception à des œuvres qui pouvaient prendre place dans l’espace public », souligne Jennifer Flay, directrice de la Fiac.

Des Tuileries, le parcours s’étend au Jardin des plantes en 2011, puis à la place Vendôme en 2012 et l’an dernier aux berges de Seine rive gauche, tout juste réaménagées. Seul le parvis du Petit Palais, également occupé pour la première fois en 2013, ne voit pas l’expérience renouvelée. Mais avec le lancement d’(Off)icielle, la Fiac s’étend à la Cité de la mode et du design et joue la carte du street art le long de ces Docks. La thématique de l’art dans l’espace urbain est y déclinée sous forme de vidéos, performances, installations et concerts.

Aux Tuileries, le Louvre collabore à nouveau avec la foire pour l’installation d’une vingtaine de pièces. Autour du grand bassin, la Fontaine aux Nanas de Niki de Saint Phalle (1961, galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois), l’une des premières du genre, fait face à un miroir au sol de Jean Denant calqué sur les contours de la Méditerranée (2014, gal. Anne de Villepoix) ou à Fanny, Fanny de César, poule faite d’éléments de bronze soudés (1991, G.-Ph. et N.Vallois).

Plus loin, les délicates clochettes de métal de Christian Boltanski (2014, gal. Marian Goodman, Paris) sonnent au vent tandis que Georg Baselitz présente son imposante Louise Fuller (2013, gal. Thaddaeus Ropac), lointaine cousine en bronze de la Loïe Fuller. Colonisée l’an dernier par les cabanes en bois de Tadashi Kawamata, la place Vendôme accueille quant à elle une gigantesque sculpture in situ de Paul McCarthy. Haute de 24 mètres, l’œuvre est un clin d’œil au sacro-saint sapin de Noël comme aux figurines en chocolat de sa Chocolate Factory installée au même moment à la Monnaie de Paris.

Au Jardin des plantes et au Muséum d’histoire naturelle, la thématique choisie – la nature, l’environnement ou la biodiversité – est en relation avec le lieu  et les œuvres sont installées aussi bien à l’intérieur qu’en extérieur. François Bucher et Lina López proposent un voyage dans le temps au sein de la Grande Galerie de l’évolution (2014, gal. Proyectos Monclova, Mexico) tandis que Charwei Tsai (2014, gal. Mor. Charpentier) intervient directement sur le platane de Buffon. À découvrir également, les œuvres de Barthélémy Toguo, Dieter Appelt, Laurent Le Deunff ou Julien Salaud.

« Développement durable »
Le programme « Hors les murs » de la foire comprend ainsi sept pôles parisiens avec les performances entre arts visuels, musique et danse présentées sous le titre « Ouvertures/Openings » à l’Auditorium du Louvre, et celles consacrées sous le vocable « In process » à la création contemporaine, inaugurées l’an dernier en divers lieux. Quel est aujourd’hui l’enjeu de cette vaste programmation qui accueille chaque année 500 000 visiteurs ? « Pour contrebalancer l’idée d’une Fiac exclusive, centrée sur les poids lourds du marché de l’art et les millions d’euros, il me paraît important d’offrir gratuitement à tous une expérience très complète de la programmation contemporaine », explique Jennifer Flay. La Fiac, qui draine des collectionneurs millionnaires se réclamerait-elle de l’utopie de l’art pour tous, vieille d’un siècle ? « Aujourd’hui chacun peut vivre la Fiac à son rythme en fonction de ses moyens et avoir une expérience très qualitative : ça ne dépend pas d’un compte en banque. Je crois aux déclics, aux rencontres spontanées avec l’art », martèle la directrice de la Fiac. Et de conclure : « Je joue aussi mon rôle en consolidant l’audience de l’art. Du développement durable en somme… »

Les articles du dossier : Fiac 2014 : mobilisation générale
  • La Fiac illumine la scène parisienne
  • La Fiac en ordre de bataille
  • Les jeunes bousculent la Fiac
  • Galeries françaises en représentation
  • Des enseignes étrangères en nombre
  • (Off)iciellement attendue
  • Agenda de la fiac / (OFF)ICIELLE
  • Le « off » et l’officiel
  • Du contrat entre l’artiste et le galeriste
  • Le collectionneur sur l’échiquier
  • Les nommés du prix Duchamp 2014
  • La Fiac repousse les murs
  • La nuit des galeries parisiennes

Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°421 du 17 octobre 2014, avec le titre suivant : La Fiac repousse les murs

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