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Attaqué, le plug de Paul McCarthy a été retiré de la place Vendôme

Par Isabelle Freysselinard · lejournaldesarts.fr

Le 20 octobre 2014 - 448 mots

PARIS

PARIS [20.10.14] – Des inconnus s’en sont pris à l’œuvre de Paul McCarthy dans la nuit de vendredi à samedi. L’artiste a décidé de ne pas la réinstaller.

La sculpture The Tree de Paul McCarthy au lendemain du vandalisme - Place Vendôme - Paris - Samedi 18 octobre 2014
La sculpture The Tree de Paul McCarthy au lendemain du vandalisme - Place Vendôme - Paris - Samedi 18 octobre 2014
Photo Ludosane

The Tree, l’œuvre gonflable de Paul McCarthy installée mercredi dernier dans le cadre de la Foire internationale d’art contemporain (FIAC), a donné lieu à de nombreuses polémiques à cause de sa forme ambiguë, faisant penser soit à un arbre stylisé soit à un plug anal. Cette sculpture avait déclenché de vives réactions hostiles sur Internet, notamment de la part de catholiques traditionalistes comme Le Printemps Français. Le blogueur judiciaire Maître Eolas avait réagi en se disant « effaré de voir la quantité de réacs autoproclamés qui savent ce que c’est qu’un plug anal ».

Cette œuvre, qui ne devait être exposée que pendant la durée de la FIAC, n’a pu trôner sur la place Vendôme que trois jours. Dans la nuit de vendredi à samedi, des inconnus ont débranché l’alimentation de la soufflerie qui permettait de la maintenir gonflée. Profitant ensuite de l’absence de l’agent de sécurité parti la rebrancher, ils ont réussi à enlever une des sangles, qui maintenaient la structure droite, avant de prendre la fuite. La sculpture ainsi fragilisée pouvait dès lors chuter sur la place Vendôme. Les responsables ont donc décidé de la dégonfler pour éviter tout risque d’accident.

Samedi, le comité de la FIAC a annoncé que Paul McCarthy renonçait à regonfler son œuvre. L’artiste, qui avait déjà été giflé par un passant lors de l’installation de The Tree, a regretté qu’« au lieu d’engendrer une réflexion profonde autour de l’existence même des objets comme mode d’expression à part entière, notamment dans la pluralité de leur signification, nous avons assisté à de violentes réactions ».

La ministre de la Culture, Fleur Pellerin a réagi vivement en dénonçant « une atteinte insupportable à la liberté de création ». « On dirait que certains soutiendraient volontiers le retour d’une définition officielle de l’art dégénéré », a-t-elle ajouté sur Twitter. La maire de Paris, Anne Hidalgo, a parlé d’une « agression inadmissible » et a déclaré que « Paris ne cèdera pas aux menaces de ceux qui, en s’en prenant à un artiste ou à une œuvre, s’en prennent à la liberté artistique ».

Coïncidence troublante, des panneaux explicatifs, place Vendôme, rappellent les évènements de la Commune en 1871 lorsque la colonne Vendôme fut abattue par les révolutionnaires suite à une pétition lancée par Gustave Courbet qui fut ensuite contraint à l'exil.

L’affaire de The Tree peut sembler close mais, grâce à ce scandale médiatique, l’exposition « Chocolate factory » de Paul McCarthy à la Monnaie de Paris, qui rouvre ses portes, devrait bénéficier de cette incroyable publicité.

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