Mercredi 26 février 2020

Biennale - Société

Biennale de Venise : Zineb Sedira dément être militante du boycott d'Israël

Par LeJournaldesArts.fr (avec AFP) · lejournaldesarts.fr

Le 31 janvier 2020 - 470 mots

PARIS

L'artiste franco-algérienne Zineb Sedira, désignée pour représenter la France à la 59e Biennale internationale d'art de Venise en 2021, a démenti des « accusations infondées et calomnieuses » affirmant qu'elle a des liens avec le mouvement de boycott d'Israël BDS.

Zineb Sedira © Photo Sueraya Shaheen
Zineb Sedira
© Photo Sueraya Shaheen
Courtesy Galerie kamel mennour

« Je suis heureuse de représenter la France et m'attacherai toujours à lutter contre toutes formes de haine, d'actes ou de propos racistes ou antisémites », affirme l'artiste dans un communiqué transmis dans la nuit de mercredi à jeudi à l'AFP.

« Sur proposition du comité de sélection présidé par Charlotte Laubard, Jean-Yves Le Drian, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, et Franck Riester, ministre de la Culture, ont retenu Zineb Sedira pour représenter la France », confirme jeudi un communiqué commun des deux ministres, qui estiment que « depuis hier (mercredi), de fausses informations circulent sur Zineb Sedira ».

M. Riester la défend en soulignant que « Zineb Sedira s'attache à lutter contre toutes formes de haine, d'actes ou de propos racistes ou antisémites ». Selon le comité de sélection, elle a eu le mérite d'« ouvrir la voie à une relecture de l'histoire coloniale dès la fin des années 1990 quand ces questions étaient encore peu assumées par la société française ». « Ces dernières années, elle a élargi ses recherches à d'autres géographies et a étendu la question coloniale à celle des flux économiques et humains et à la circulation des idées », a ajouté le comité.

Le BDS (Boycott, désinvestissement et sanctions) est une campagne qui promeut les boycotts économiques, culturels et politiques d'Israël, de ses citoyens et de ses entreprises. L'artiste de 57 ans, dont les parents ont milité pour l'indépendance de leur pays et qui s'affirme comme passeuse de témoin de la mémoire, collabore depuis vingt ans avec la galerie Kamel Mennour à Paris. Zineb Sedira a eu une exposition au Jeu de paume en 2019.

Cette plasticienne assure qu'elle est « une artiste, pas une activiste ». « Jamais je n'ai adhéré à cette organisation, jamais je n'ai eu d'accointance avec ce mouvement. Je condamne d'ailleurs fermement tout boycott et je ne peux être associée ou être solidaire du BDS. »

Quand elle s'est retirée d'une exposition au sein de la Biennale de la Méditerranée en juin 2017, explique-t-elle, ses raisons « n'avaient absolument rien à voir avec ce mouvement dit BDS » mais étaient « purement artistiques », en raison des mauvaises conditions d'installation d'une de ses vidéos And the road goes on.

« Le retrait de mon oeuvre a été instrumentalisé par le BDS. Toute mon oeuvre témoigne de ma volonté de m'inscrire dans une relation pacifique entre les hommes et les femmes. C'est la raison pour laquelle non seulement aucun boycott d'Israël ne saurait m'être reproché, mais en plus j'ai eu le plaisir d'y exposer mes oeuvres au musée d'Herzlia (...) et plus anciennement à Jérusalem et à Nazareth », affirme-t-elle encore.

Cet article a été publié par l'AFP le 30 janvier 2020

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