Société

Au Vatican, le Pape a inauguré une statue en hommage aux migrants

Par Antonin Gratien · lejournaldesarts.fr

Le 2 octobre 2019 - 408 mots

VATICAN / ROME

Le monument grandeur nature commandé par le pontife a été dévoilé sur la place Saint-Pierre de Rome.

« Tous les voyageurs malmenés et abandonnés sur les routes du monde sont nos prochains », a déclaré le pape François dimanche 29 septembre à l’occasion de la 105e journée mondiale du migrant et du réfugié. Et pour donner corps à son appel, le pontife a inauguré une statue massive sur l’esplanade de la basilique Saint-Pierre.

L’œuvre intitulée Les Anges inconscients a été commandée par la section des migrants et des réfugiés du dicastère du développement humain du Vatican. Pour la réaliser, l’artiste canadien Timothy Schmalz a puisé dans le registre religieux en s’inspirant d’un extrait de la Lettre aux Hébreux : « N’oubliez pas l’hospitalité : elle a permis à certains, sans le savoir, de recevoir chez eux des anges »

Faite de bronze et d’argile, la sculpture représente 140 migrants d’origine et d’époques diverses entassés, debout, sur une barque. Ils sont figurés sous les traits d’Africains, de réfugiés du Moyen Orient et de juifs fuyant le régime nazi, abrités sous les ailes d’un ange déployées au centre du monument.

« Je décris souvent mes sculptures comme des prières visuelles », a expliqué Timothy Schmalz au pontife. Lequel a déclaré lors de l’inauguration : « Je voulais cette œuvre ici, sur la Place Saint-Pierre, pour qu’elle rappelle à tous le défi évangélique de l’accueil ». Le pape François, de son vrai nom Jorge Mario Bergoglio, est lui-même fils d’un immigré italien venu en Argentine. 

Depuis le début de son pontificat en mars 2013, le 266e chef de l’Eglise Catholique a voulu montrer son engagement pour la cause des migrants à plusieurs reprises. Quelques mois après son élection il s’était rendu sur Lampedusa, une île sicilienne devenue l’un des points d’entrée privilégié des migrants cherchant à gagner l’Europe, et y avait dénoncé une « mondialisation de l’indifférence »

En 2016, le pontife avait ramené au Vatican douze demandeurs d’asile syriens rencontrés durant sa visite sur l’île grecque de Lesbos. Lors de son passage, il avait déclaré : « C’est un voyage marqué par la tristesse […] nous allons voir des gens qui souffrent. Nous allons aussi à un cimetière, la mer ». Vendredi 27 septembre, 7 corps de migrants ont été retrouvés dans les eaux de l’Égée. En 2018, plus de 2 260 personnes sont mortes ou disparues en tentant de traverser la Méditerranée, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies.
 

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