Mercredi 16 octobre 2019

Festival

Annick Lemoine, le festival d’histoire de l’art doit beaucoup à cette universitaire

Directrice scientifique du Festival d’histoire de l’art de fontainebleau

Par Margot Boutges · Le Journal des Arts

Le 1 juin 2018 - 579 mots

FONTAINEBLEAU

Passée par la Villa Médicis et la Rue de Valois, l’historienne de l’art est depuis 2015 directrice scientifique du Festival de l’histoire de l’art de Fontainebleau.

Annick Lemoine
Annick Lemoine
Photo Marc Riou

1969 Annick Lemoine naît à Paris, d’un père français, ingénieur, et d’une mère irlandaise. « Dans la culture anglo-saxonne, on part souvent à l’étranger après le baccalauréat », explique-t-elle. C’est à l’université della Sapienza à Rome que cette passionnée d’Italie commence des études d’histoire de l’art qu’elle poursuivra à la Sorbonne (Paris IV).

1997 Sélectionnée pour devenir pensionnaire à la Villa Médicis, elle retourne à Rome dans le cadre de la préparation de sa thèse, consacrée à Nicolas Régnier, « une figure majeure et pourtant méconnue du caravagisme, également marchand d’art de haute volée et collectionneur de renom ». Une thèse « mêlant le connoisseurship [l’art du connaisseur] et l’histoire sociale de l’art », soutenue en 2004 avec les félicitations du jury, qui a fait l’objet de plusieurs prix et d’une publication en 2007 aux éditions Arthena. Ce doctorat lui ouvre un poste de maître de conférences à l’université Rennes 2 en 2007 et des commissariats d’expositions (dont « Le beau langage et la nature. L’art du paysage au temps de Mazarin » au Musée des beaux-arts de Rennes en 2010.)

2009 Elle est sollicitée pour devenir conseillère auprès de Frédéric Mitterrand, alors ministre de la Culture. « Il cherchait à associer des hauts fonctionnaires et des spécialistes », précise-t-elle. Rue de Valois, elle travaille à l’élaboration du Plan musées, qui aide au financement de projets muséaux en région. Côté réformes, elle planche sur l’adaptation des écoles d’art aux standards européens LMD et sur celle du concours de l’Institut national du patrimoine. « L ‘idée était notamment de renforcer l’expertise des historiens de l’art au concours de l’Institut national du patrimoine », précise-t-elle. Alors que l’enseignement de l’histoire des arts vient d’être modestement rendu obligatoire à l’école en 2008, elle souffle l’idée – inspirée des Rendez-vous de l’histoire de Blois – du Festival de l’histoire de l’art, et en préfigure la première édition qui verra le jour en 2011 à Fontainebleau.

2010 Elle quitte la Rue de Valois pour « retrouver (s)es anciennes amours »à la Villa Médicis. Près de dix ans après y avoir été pensionnaire, elle est choisie par Éric de Chassey, alors directeur de l’Académie de France à Rome, pour devenir chargée de mission pour l’histoire de l’art. La tâche est vaste. Lui incombe notamment la conservation du patrimoine de la Villa. « “Muséographier” les salles Renaissance, sauver la collection de moulages, créer de nouvelles réserves… »,énumère-t-elle. Elle organise en outre de nombreux colloques et une exposition qui fera date sur les audaces et licences des artistes de la Rome du XVIIe siècle (« Les bas-fonds du Baroque ») d’abord présentée à la Villa Médicis, puis au Petit Palais à Paris en 2015.

2015 Elle retourne en France pour chapeauter le Festival de l’histoire de l’art. Sans doute a-t-elle contribué à lui donner une résonance plus contemporaine, en créant notamment le Forum de l’actualité, cycle de tables rondes qui ambitionne de « participer aux débats de société » par le biais de l’histoire de l’art. Du 1er au 3 juin, se tiendra à Fontainebleau la huitième édition du festival, qui met la Grèce (en pays invité) et le rêve (en thématique) à l’honneur. À l’avenir, la carrière de celle qui a été commissaire d’une exposition sur Valentin de Boulogne au Metropolitan Museum of Arts à New York (2016) et au Louvre (2017), ou de Nicolas Régnier au Musée des beaux-arts de Nantes (2017) pourrait bien se dessiner dans les musées.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°502 du 25 mai 2018, avec le titre suivant : Annick Lemoine, le festival d’histoire de l’art doit beaucoup à cette universitaire

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