Eglise - Restauration

Rouen au chevet de l’église abbatiale Saint-Ouen

Par Sindbad Hammache · Le Journal des Arts

Le 13 octobre 2020 - 449 mots

ROUEN

L’édifice gothique exceptionnel est en « mauvais état », selon un rapport d’expertise commandé par la mairie. Il nécessite d’importants travaux de restauration.

Abbaye Saint-Ouen de Rouen. © DXR, 2014, CC BY-SA 3.0
Abbaye Saint-Ouen de Rouen.
Photo DXR, 2014

Rouen. Depuis que la charpente de Notre-Dame de Paris a brûlé, celle de l’abbaye Saint-Ouen de Rouen est l’un des derniers exemples d’une « forêt » construite sur le modèle parisien. Et ce n’est qu’une des caractéristiques qui fait de cette abbaye au cœur du centre-ville rouennais un édifice exceptionnel. Le premier, et le plus frappant, est certainement sa taille : ses dimensions sont comparables à celles de sa voisine, la cathédrale Notre-Dame de Rouen, l’un des plus grands édifices religieux de France.

Restaurer un édifice aussi grand sera un défi pour son propriétaire, la commune de Rouen. Mais c’est devenu une urgence, après le diagnostic réalisé par Charlotte Hubert, architecte des Monuments historiques : « On a pu confirmer un très mauvais état, dû à l’usure du temps, sur les couvertures, toitures et charpentes, le massif occidental et le portail des Marmousets sur le transept sud. » La situation est critique pour les toitures qui protègent la charpente et qui avaient fait l’objet d’une campagne de restauration – incomplète – dans les années 1990 : la couverture du transept nord n’a pas été restaurée depuis le XIXe siècle et les parties entourant la tour couronnée à la croisée du transept sont recouvertes de tôles. Sous la toiture, cependant, seules quelques pièces délabrées de la charpente sont à remplacer ; la structure est pour l’instant dans un « bon état général ».

À l’abbaye construite du XIVe au XIXe siècle, l’une des parties les plus abîmées est aussi l’une des plus récentes. Le massif occidental achevé en 1852 souffre des techniques de construction d’alors : le plâtre utilisé pour monter les pierres a perdu son joint protecteur et libère du sel corrosif sous l’effet de l’eau. « Il n’y a pas d’autres solutions que de refaire un nouveau joint et de purger les pierres du sel, explique l’architecte, ce sont des travaux colossaux au vue des dimensions de l’édifice, rien que pour échafauder la façade. » Le portail du transept sud, de style gothique flamboyant dans un édifice de gothique rayonnant, nécessite également la restauration de sa précieuse statuaire, menacée par l’érosion.

Estimé à plus de 20 millions d’euros, ces travaux d’envergure pourront débuter dès 2021. La ville s’est saisi du problème au sortir des élections municipales de juin : « Nous réfléchissons à une répartition pluriannuelle des investissements – un plan compliqué à organiser – et à la recherche de partenaires », confiait l’adjointe à la culture rouennaise au quotidien Paris-Normandie. Le plan de relance Monuments historiques pourrait tomber à pic, pour ces travaux si importants qu’ils seront détachés du budget global de restauration de la ville.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°552 du 2 octobre 2020, avec le titre suivant : Rouen au chevet de l’église abbatiale Saint-Ouen

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