Vendredi 4 décembre 2020

Collection

Le Salvator Mundi de Léonard de Vinci n’était pas la dernière œuvre du maître italien dans une collection privée

Par Alexia Lanta Maestrati · lejournaldesarts.fr

Le 4 janvier 2018 - 501 mots

NEW YORK (ETATS-UNIS] [04.01.18] - Deux autres peintures attribuées à Léonard de Vinci, iconographiquement proche du Salvator Mundi, sont en mains privées ; la famille ducale anglaise Buccleuch et un anonyme.

L’historien de l’art, professeur émérite d’Oxford, spécialiste de Léonard de Vinci, Martin Kemp, affirme sur le site Bloomberg que deux Madones de Léonard de Vinci sont encore dans des collections privées. D’autres experts évoquent aussi la possibilité de l’existence d’une troisième Madone, également dans une collection privée.

L’une des Madones est surnommée Buccleuch Madonna - pour son appartenance à la famille ducale Buccleuch originaire de Grande Bretagne. L'oeuvre appartiendrait à la famille depuis 250 ans, volée en 2003 puis retrouvée en 2007, elle est exposée à la National Gallery d'Edimbourg en Ecosse depuis 2009. Le tableau est entré dans la collection des Buccleuch en 1767, après l’union d’un descendant avec une jeune héritière, Lady Elizabeth Montagu, dont la famille avait fait l’acquisition de l’oeuvre en 1756 à Paris dans un hôtel des ventes.

La Madone des Buccleuch avait été exposée avec le Salvator Mundi en 2011-2015 à la National Gallery de Londres lors de l’exposition « Léonard de Vinci: Peintre à la cour de Milan ». Le cartel indiquait que les deux tableaux sont attribués à Léonard de Vinci et à un artiste inconnu du XVIeme siècle qui aurait complété l'arrière plan. D'après le musée écossais la famille n’a aucune intention de s’en séparer.

La seconde Madone est connue sous le nom de Lansdowne Madonna, d'après ses anciens propriétaires, des nobles anglais au XVIII et XIXème siècle. Le tableau a été retrouvé à la mort du peintre florentin dans son atelier. ll a été vendu en 1999 par les marchands New York’s Wildenstein & Co, et serait depuis dans la collection d’un propriétaire préférant rester anonyme.

Les deux peintures, de taille modeste reprennent un sujet religieux : la Vierge Marie et le Christ sur ses genoux. Le Christ, bébé, tient un dévidoir en forme de croix. La grande différence entre les deux oeuvres est l’arrière plan. L’arrière plan de la Madone des Buccleuch est une marine avec une île, tandis que la seconde a un arrière plan montagneu. Certains experts ont émis l'hypothèse qu’une des versions soit une commande d’un proche du roi de France de l’époque Louis XII ; Florimond Robertet.

Pour Kemp, l’oeuvre est celle du maître, il explique à Bloomberg que « Les analyses scientifiques révèlent que Léonardo Da Vinci travaillait simultanément sur les deux peintures ». Certains éléments techniques de l’oeuvre, ainsi que certains détails tels que les cheveux ou l’aspect humide du regard sont emblématiques de Vinci selon l’expert. Il reconnaît la contribution de l’atelier de Vinci dans la création - cependant la pratique est courante à l’époque et ne remet en cause ni l’authenticité ni le geste de l’artiste.

Les Madones possèdent un caractère exceptionnellement rare. Mais dans l’éventualité d’une mise en vente aux enchères, il semble peu probable que les Madones atteignent le même record que le Salvator Mundi (450 millions de dollars).

Légende photo

La Madone aux fuseaux ("Lansdowne Madonna"), attribué à Léonard de Vinci, 1501, Huile sur bois, 50,2 Á— 36,4 cm © Source Wikimedia - Photo sous Licence Domaine public CC0 1.0

La Madone aux fuseaux ("Buccleuch Madonna"), attribué à Léonard de Vinci, 1501, Huile sur bois, 48.3 Á— 36.9 cm © Source Wikimedia - Photo sous Licence Domaine public CC0 1.0

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