Lundi 24 septembre 2018

Musée

Le Musée en Herbe, victime collatérale du chantier de la Samaritaine

Par Francine Guillou · lejournaldesarts.fr

Le 4 juillet 2018 - 490 mots

PARIS

Fermé en juin après un accident sur le chantier de la Samaritaine, le Musée en Herbe craint pour sa survie si la fermeture se prolonge.

Samaritaine
La Samaritaine en travaux, le 30 juin 2018
Photo Ludosane

Le 6 juin dernier, lorsqu’un pan de mur du chantier de la Samaritaine s’effondre dans la rue de l’Arbre-Sec vers midi, l’attention se focalise sur la crèche et l’école élémentaire voisines : pour les parents d’élèves, c’est un miracle qu’aucun enfant n’ait été touché. Réunis en comité, ils médiatisent l’affaire et réclament rapports d’experts, relocalisation des enfants et audit de sécurité pour l’îlot scolaire. Ce qu’ils obtiennent dans les jours qui suivent l’effondrement.

« De notre côté, il y a aussi eu une peur folle » se souvient Sylvie Girardet, directrice du Musée en Herbe, occupant un bâtiment voisin de l’école.   « Il y avait un groupe d’enfants chez nous qui reprenait ses affaires et s’apprêtait à sortir » au moment où le mur s’est effondré. « Nous avons eu un sentiment presque euphorique lorsqu’on a appris qu’il n’y avait pas de victimes »

« Ensuite, nous avons sans doute été trop discrets » confie Sylvie Girardet, lorsqu’elle évoque la fermeture depuis le 6 juin du Musée en Herbe, structure associative née en 1975 et accueillant chaque année près de 130 000 participants aux visites d’expositions et ateliers du musée.

Par arrêté du Préfet de police du 8 juin 2018, l’accès à la rue de l’Arbre-Sec est interdit et l’arrêté vise nommément le Musée en Herbe : « au départ, cela ne devait être que très temporaire, le temps de sécuriser les lieux. Mais aujourd’hui, on nous parle d’une date de réouverture autour du 5 septembre » explique la directrice, estimant que cette dernière date serait insupportable pour les finances de l’association, qui tire les deux-tiers de ses ressources de la billetterie. « En période estivale, cela représente environ 30 000 euros par semaine »

« Nous courrons derrière les informations, on essaie de participer aux réunions : notre président a bien rencontré la direction de la Samaritaine début juin, mais depuis, la Samaritaine n’a aucune empathie et nous renvoie vers l’assureur d’un sous-traitant » insiste la directrice.

Si la question d’un dédommagement va devoir se poser, l’urgence, pour le musée, est d’être fixé sur une date de réouverture de la rue et sur l’accessibilité des locaux du musée.  « Nous souhaitons une réintégration dans les locaux avant la fin de la période estivale. On nous dit que la sécurisation de la rue devrait intervenir dans les prochains jours : on ne comprend pas pourquoi le musée devrait attendre jusqu’en septembre ».  

Une réunion avec un architecte est prévue dans les prochains jours, et le musée espère que ses doléances seront entendues par la préfecture, la mairie et la Samaritaine.

Si la situation reste inchangée, le musée craint pour sa survie : avec une dizaine de salariés et une trésorerie associative, le manque à gagner devient chaque jour de plus en plus problématique.

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