Lundi 10 décembre 2018

Monument

Feu vert pour la rénovation de la Samaritaine

Par Lucile Pages · lejournaldesarts.fr

Le 20 décembre 2012 - 578 mots

PARIS [20.12.12] – Après de longues péripéties, le projet contesté du groupe LVMH pour la rénovation et le réaménagement de la Samaritaine a finalement reçu l’aval de la ville de Paris, a annoncé mercredi Le Parisien. Le nouveau site devrait ouvrir en 2016.

En 2005, l’édifice centenaire parisien « vétuste » et « dangereux » fermait ses portes. Le groupe LVMH (propriétaire des lieux depuis 2001) planifiait dès lors de grands travaux de réaménagement du site, envisageant même d’y installer sa fondation.

Un projet est finalement proposé en 2008 à la ville de Paris, comprenant un hôtel de luxe, un centre commercial, des bureaux, une crèche et des logements sociaux, le tout sur 7 mètres de hauteur supplémentaires.

Le Maire de Paris, face à une nécessaire modification du PLU sur site de la Samaritaine pour accepter une telle transformation du bâtiment lançait alors une enquête publique pour une révision simplifiée de ce PLU.

Au terme de l’enquête, en 2010, la ville déclassait l’édifice du titre de « Grands Magasins » pour n’imposer que 36% de surfaces commerciales à la Samaritaine, sous réserve de garder la hauteur originelle de l’édifice, d’augmenter à 7 000 mètres carrés les surfaces de logements sociaux (95 logements) et de préserver les aspects patrimoniaux du site.

LVMH déposait donc un nouveau projet en mai 2011. Afin de correspondre aux attentes du PLU, modifié en cours de route, les 2 000 mètres carrés de logements sociaux prévus passaient à 7 000 mètres carrés (10% de la surface du projet), comme conseillé dans le rapport de l’enquête publique. Le bâtiment Sauvage de l’îlot Seine était réservé quant à lui à l’hôtel de luxe Cheval Blanc, tandis que le projet prévoyait la destruction et reconstruction des bâtiments côté Rivoli, pour y abriter 2 800 mètres carrés de logements sociaux, à l’exception de la partie 17e siècle (qui n’appartient pas au groupe de luxe). 20 000 et 1 100 mètres carrés étaient destinés aux aires de bureaux et à une crèche.

Quant à la surface commerciale, sa surface était arrêtée à 26 000 mètres carrés (contre 30 000 avant la fermeture en 2005), comprenant deux moyennes surfaces, un centre d’accueil et des espaces verts (le reste étant réservé à l’aire de livraison et aux locaux de stockage, technique et transport).

Quelques mois plus tard, malgré les protestations et les recours en justice de plusieurs associations de défense du patrimoine, remettant principalement en cause une énième modification du PLU, une seconde enquête publique validait le projet.

Le mercredi 19 décembre, deux permis de construire ont été accordés au groupe LMVH. Interrogé le jour même par Le Parisien, Jean-Jacques Guiony, directeur financier du groupe LVMH et PDG de la Samaritaine, soulignait : « Nous souhaitons que l’on puisse trouver ici la quintessence du commerce parisien, sans que cela soit uniquement un magasin de luxe ». Et d’ajouter : « On ne trouvera pas tout à la Samaritaine comme avant. Il n’y aura plus le rayon bricolage, par exemple. Mais on trouvera quand même un peu de tout… ».

Concernant les espaces protégés du site, comme la façade du bâtiment Sauvage, Jean-Jacques Guiony précise : « Nous ne toucherons pas à la façade ni aux structures Eiffel que nous devons préserver. Mais elles pourront être masquées pour les besoins de la création de l’hôtel ».

La nouvelle Samaritaine devrait s’ouvrir en 2016, après 26 mois de travaux. Une échéance sous condition qu’aucun recours ne soit effectué d’ici le début du chantier.

Légende photo

Vue extérieure de La Samaritaine, 2 quai du Louvre, Paris - © Photo Mbzt - 2011 - Licence CC BY-SA 3.0

Thématiques

Tous les articles dans Patrimoine

Le Journal des Arts.fr

Inscription newsletter

Recevez quotidiennement l'essentiel de l'actualité de l'art et de son marché.

En kiosque