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Le Musée du Gévaudan ouvrira ses portes fin 2022

Par Lorraine Lebrun · lejournaldesarts.fr

Le 24 septembre 2020 - 856 mots

MENDE / LOZÈRE

Un chantier à plus de 10 millions d’euros pour doter d’un Musée de France la seule ville préfecture qui en est dépourvue.

Vue d'architecte de la future cour du musée du Gévaudan. © Atelier d'architecture Emmanuel Nebout
Vue d'architecte de la future cour du musée du Gévaudan.
© Atelier d'architecture Emmanuel Nebout

Fermé il y a plus de 25 ans, le Musée du Gévaudan (anciennement Musée Ignon-Fabre) à Mende va rouvrir ses portes à l’automne 2022. Le projet avait déjà été envisagé par le département, avant d’être cédé à la municipalité qui y travaille depuis plus d’une dizaine d’années. Le coût d’investissement s’élève à près de 10 millions d’euros, dont 2,9 millions d’euros (*) à la charge de la commune de quelques 11 500 habitants, pour un coût de fonctionnement annuel estimé à 580 000 €. 

Le musée est inscrit dans l’histoire de sa ville de longue date. Une première galerie d’exposition ouvre en 1836 par la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Lozère. Il s’installe dans l’hôtel Buisson de Ressouches en 1976 et devient alors le Musée Ignon-Fabre. Mais il ferme moins de 20 ans plus tard pour des raisons économiques. 

Depuis, la Lozère est privée de l’un de ses deux seuls musées labélisés « Musées de France » par le ministère de la Culture en 2002. Le second, l’écomusée du Mont Lozère, a fermé ses portes en 2018. Le maire Laurent Suau (PS), réélu au premier tour en mars dernier, a fait de la réouverture du musée du Gévaudan le chantier phare de ce nouveau mandat. 

Les travaux de gros-œuvres ont débuté en février 2020 avant d’être interrompus par le confinement. Ils ont repris à la mi-avril, mais ce contretemps n’a pour le moment pas eu d’incidence sur la date de réouverture.  Ils vont mobiliser quinze entreprises locales. Le nouveau musée sera installé dans deux édifices du XVIIe siècles protégés au titre des Monuments Historiques : l’hôtel Buisson de Ressouches et une partie de la Maison Montesquieu, avec la « Salle des Fresques ». 

Le Gévaudan désigne le nom du territoire formé aujourd’hui par le département de la Lozère dont Mende est la préfecture. La région est entrée dans l’imaginaire collectif avec l’affaire de la Bête du Gévaudan (1764-1767). 

La future entrée du musée du Gévaudan, rue de l'épine. Vue du bâtiment durant les travaux. © Ville de Mende
La future entrée du musée du Gévaudan, rue de l'épine. Vue du bâtiment durant les travaux.
© Ville de Mende

Le futur musée sera déployé sur 3 niveaux pour un total de 1 200 m². Il accueillera notamment un Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, des espaces en accès libre, des espaces d’exposition permanente avec un parcours construit autour de quelques 1 600 objets (*) issus de la collection pour illustrer les thèmes « Nature » et « Culture », mais aussi des espaces d’actions culturelles (pour des expositions temporaires, des ateliers de médiation…). La maîtrise d’œuvre du chantier sera assurée par l’architecte Emmanuel Nebout.  Le reste de la collection, qui compte 16 000 objets, est installée dans le Centre d'études et de conservation Jean Mazel inauguré en 2017.   

Néanmoins, le projet n’emporte pas l’adhésion de l’opposition. « Ce projet de musée du Gévaudan reste pour nous, aujourd’hui, une folie budgétaire, car il pèsera très lourd sur les finances de la commune, en investissement, comme en fonctionnement. » a estimé le chef de l’opposition Philippe Pouget lors du conseil municipal du 6 juillet dernier.  

La Cour Régionale des Comptes, dans son rapport d’observation publié en 2019, avait également pointé le coût d’une telle entreprise : « La commune dispose de peu de marges de manœuvre financières. […] Le portage par la commune d’un tel projet, dont l’envergure la dépasse largement, devrait être questionné d’autant qu’aucune analyse du besoin ne semble avoir été réalisée et notamment sur la fréquentation potentielle attendue. » 

Ce à quoi répondait, dans La Lozère Nouvelle, Jean-Marc Chevalier, président de la Société des Lettres, Sciences et Arts de la Lozère, qui milite pour l’ouverture du musée : « Déficitaires, tous les musées le sont. Mais en contrepartie, on doit se rendre compte de ce que ça va apporter au centre-ville de Mende. »

(*) Précisions - 20 octobre 2020

Nadia Harabasz, directrice Patrimoine et Musée de la ville, a tenu à nous apporter quelques éclaircissements. 


Dans le financement de ce projet, qui est porté conjointement par le département de la Lozère, la région Occitanie, l’État et l’Union Européenne la part communale s’élève à 2,4 millions d’euros (et non 2,9 millions) sur un total de 9,5 M€.


Les travaux, importants, prévoient la réhabilitation et l’extension de deux parcelles classées Monuments Historiques : l’hôtel Buisson de Ressouches (XVIIe siècle) et la « Salle des Fresques » (XVIIIe siècle) de la Maison Montesquieu, qui sera intégrée au parcours permanent, qui devrait présenter 400 objets et non 1 600.


« C’est un projet urbanistique qui vise à faire revivre le cœur de ville mais c’est aussi un projet de territoire qui ne se limite pas à Mende. On cherche un investissement durable, dans tous les sens du terme, y compris sur l’aspect sociétal explique la directrice, on veut aller au-delà du simple “musée” pour en faire un équipement vivant qui soit un lieu de vie et de convivialité pour les habitants et les visiteurs de passage avec un rez-de-chaussée et un patio ouverts sur la ville. Ce sera surtout un espace pluriel, où l’on viendra décloisonner les patrimoines. »


L’accès au musée devrait être entièrement gratuit, à l’exception de certains évènements ou expositions temporaires. 
 

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