Musée - Nomination

PORTRAIT

Laurence des Cars : première femme à diriger le Louvre

Future Présidente- directrice du Musée du Louvre

Par Sindbad Hammache · Le Journal des Arts

Le 10 juin 2021 - 534 mots

PARIS

1966 Naissance à Antony (Hauts-de-Seine). Petite-fille du romancier Guy des Cars et fille du journaliste spécialiste des têtes couronnées Jean des Cars, Laurence des Cars grandit avec la passion de l’histoire, mais sans fréquenter les musées. « J’ai opté pour l’histoire de l’art parce que je m’ennuyais en droit », confiait-elle au Figaro en
2014. Passée par Paris-IV, l’École du Louvre, elle sort de l’Institut national du patrimoine (INP) en 1994 – sa vocation se confirme au contact d’historiens de l’art comme Bruno Foucart, et plus tard à Orsay, Rodolphe Rapetti.

1994 Stagiaire au Musée d’Orsay durant ses études, elle est invitée par Henri Loyrette, alors directeur du musée, à en rejoindre les équipes à sa sortie de l’INP. Cette spécialiste du XIXe siècle participera notamment à l’entrée dans les collections en 1995 de L’Origine du monde de Gustave Courbet. Durant ces treize premières années à Orsay, elle organise également quelques expositions remarquées, parmi lesquelles « Courbet et la Commune » en 2000, ou une rétrospective « Thomas Eakins » en 2002. La grande exposition « Vuillard, 1868-1940 » de 2003 au Grand Palais signe un premier grand succès public, et scelle son amitié avec Guy Cogeval, co-commissaire de l’exposition.

2007 Henri Loyrette, qui a quitté la direction d’Orsay pour celle du Louvre en 2001, la débauche pour intégrer l’équipe de France-Muséums et le projet « Louvre Abu Dhabi ». Directrice scientifique, elle constitue la collection du « musée universel » qui ouvrira quelques années plus tard au milieu du désert : c’est elle qui conseillera les Émiratis pour dépenser les 40 millions d’euros destinés chaque année aux acquisitions. Laurence des Cars pilote ce chantier depuis Paris, sans jamais s’installer aux Émirats arabes unis. Elle poursuit en parallèle ses activités de commissaire : la grande rétrospective Courbet de 2007 est un succès, au Grand Palais à Paris comme au Musée Fabre à Montpellier et au Metropolitan Museum of Art à New York. En 2010, elle entame un travail de réhabilitation de la peinture « pompier », concevant l’exposition « Jean Léon Gérôme » en collaboration avec Dominique de Font-Réaulx et Édouard Papet.

2014 L’exposition « Naissance d’un musée : Louvre Abu Dhabi » à peine achevée, Laurence des Cars met un point d’arrêt à son aventure au sein de France Muséums. Elle prend la direction du Musée de l’Orangerie en janvier 2014. Elle y poursuit ses collaborations avec de grandes institutions américaines, comme elle l’avait fait pour Vuillard, Gérôme et Courbet, avec notamment « The Age of Anxiety » en 2016, consacrée à la peinture américaine des années 1930. En 2017, retour à Orsay : elle est nommée directrice du musée par la ministre Audrey Azoulay. Là encore, sa politique d’expositions temporaires est saluée, avec les très réussies « Modèle noir » (2019) et « Aux origines du monde », cette dernière étant encore visible cet été (jusqu’au 18 juillet).

2021 Lundi 24 mai, la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, appelle Laurence des Cars pour lui annoncer sa nomination le 1er septembre à la tête du Louvre : « Je n’oublierai jamais cet appel », confie la conservatrice deux jours plus tard sur les ondes de France Inter. Marchant dans les pas d’Henri Loyrette, une de ses premières annonces est de réactiver un ancien projet de son mentor, la création d’un département dévolu à l’art byzantin et aux chrétiens d’Orient.

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Cet article a été publié dans Le Journal des Arts n°569 du 11 juin 2021, avec le titre suivant : Laurence des Cars, Future Présidente- directrice du Musée du Louvre : Première femme à diriger le Louvre

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