Vandalisme

La Liberté de Delacroix vandalisée puis restaurée au Louvre-Lens

Par Margot Boutges · lejournaldesarts.fr

Le 8 février 2013 - 549 mots

LENS [08.02.13] - La Liberté guidant le peuple de Delacroix a été vandalisée le 7 février, recevant une inscription qui a été ôtée le lendemain sur place par une restauratrice de la région lilloise. L’auteure de cette agression a été arrêtée.

La Liberté guidant le peuple de Delacroix, exposée au Musée du Louvre-Lens, a été dégradée dans la soirée du 7 février. Une inscription de 30 centimètres de long sur 6 centimètres de haut a été effectuée au feutre indélébile noir sur la partie basse droite du tableau, près de la signature de l’artiste. L’auteure de l’inscription, une femme de 28 ans domiciliée dans le Pas-de-Calais, a été arrêtée dans son geste « quelques secondes plus tard » par un gardien et un visiteur.

Elle a griffonné « AE911 » sur la toile emblématique du Romantisme, évoquant peut-être une pétition en ligne faisant écho aux thèses conspirationnistes sur le 11 septembre. Pour dégradation d’un objet culturel confié à un musée, celle que le procureur de Béthune, Philippe Peyroux a décrit comme « déséquilibrée », encourt sept ans de prison et 100 000 euros d’amende. Le directeur du département peinture du Louvre Vincent Pomarède s’est immédiatement rendu sur les lieux en compagnie de la responsable de la régie des œuvres de l’institution parisienne, Aline François.

L’effacement de l’inscription a été effectué en moins de deux heures par Anne Perrin, restauratrice indépendante de la région de Lille, qui a usé de solvants, sans détacher l’œuvre des cimaises. « L’intégrité de l’œuvre n’a en rien été atteinte. L’inscription, superficielle, est restée en surface du vernis sans atteindre la couche picturale », a expliqué Xavier Dectot, directeur du Louvre-Lens, assurant que « des mesures de sécurité complémentaires vont être prises avec un renforcement de la présence humaine ».

Placée en dépôt pour un an au Louvre-Lens par le Musée du Louvre, La Liberté guidant le peuple de Delacroix clôture le parcours chronologique de la Galerie du Temps . Le tableau était séparé du public par une barrière de mise à distance comme au Musée du Louvre. Le Journal des Arts avait soulevé lors de son ouverture, par un article (prophétiquement) intitulé « Chefs-d’œuvre à portée de main » que les règles de sécurité du Louvre-Lens n’avaient « rien de drastiques », les œuvres n’étant protégées ni par une vitre, ni par une alarme systématique, l’institution voulant favoriser la proximité des œuvres avec son public. Malgré la présence de gardiens, d’alarmes et de barrières, il est très difficile d’empêcher des actes de vandalismes qui ne prennent que quelques secondes. La mise sous verre des tableaux, qui altère une lecture confortable des œuvres, est réservée à des pièces iconiques comme La Joconde de Léonard De Vinci au Louvre (qui a esquivé un jet de tasse de thé en 2009) ou L’Origine du Monde de Courbet à Orsay. La toile de Delacroix, symbole national placé à la tête de l’entreprise de communication du Louvre-Lens, aurait-elle dû bénéficier des mêmes mesures de sécurité ?

L'incident survenu ne remet en tout cas « pas en cause la volonté de faire partager à tous les chefs-d’œuvre du Louvre à Lens, qui a déjà accueilli 205 000 visiteurs depuis son ouverture » a déclaré Xavier Dectot.

La Galerie du temps, fermée toute la journée du 8 février sera rouverte au public le 9 février.

Légende photo

Eugène Delacroix (1798-1863) - Le 28 Juillet. La Liberté guidant le peuple (28 juillet 1830) Huile sur toile - 260 cm Á— 325 cm - Photo 2009 Musée du Louvre / Erich Lessing

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