Dimanche 15 décembre 2019

Fondation

La Fondation Giacometti veut changer d’échelle

Par Jean-Christophe Castelain · lejournaldesarts.fr

Le 2 décembre 2019 - 463 mots

PARIS

La fondation pourrait s’installer dans un bâtiment de 4 000 m² restauré de l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul tout proche.

Hôpital Saint Vincent de Paul, entrée sur l'avenue Denfer-Rochereau. © Photo Lionel Allorge,
Hôpital Saint Vincent de Paul, entrée sur l'avenue Denfert-Rochereau à Paris.
Photo Lionel Allorge, 2017

« C’est une opportunité unique » s’enthousiasme Catherine Grenier, la présidente de la Fondation Giacometti en montrant les photographies aériennes de l’Hôpital Saint-Vincent-de-Paul. La Mairie de Paris a en effet entrepris de requalifier l’ancien hôpital situé à quelques mètres de la Fondation et fermé depuis 2011.
Une grande partie du site a déjà été attribuée à des opérateurs pour en faire des logements et équipements sociaux, mais il restait un dernier lot à réaménager le long de l’avenue Denfert-Rochereau. C’est ce lot composé de deux bâtiments anciens (Robin et Oratoire) et d’un terrain, qui fait l’objet d’un appel d’offres qui doit contenir un équipement culturel.

La Fondation qui s’est associée avec Linkcity, une filiale de Bouygues, pourrait ainsi s’installer dans l’Oratoire, un bâtiment de 4 000 m² (alors que la maison de la rue Victor-Schoelcher dispose de 400 m²) en U autour d’une cour. Elle pourrait ainsi y présenter plus largement qu’aujourd’hui sa collection permanente (qui compte 10 000 lots), y organiser des expositions temporaires thématiques en lien avec Giacometti et créer…. une école de pratique artistique ! « Le bâtiment est très grand, aussi je voudrais en profiter pour renouer avec une vocation des musées issue de la Révolution, disparue depuis, d’associer collection et école ». Cet équivalent privé d’un conservatoire municipal de dessin, de sculpture et de cinéma serait ouvert aux enfants et adultes.

La Fondation financerait une partie des travaux et Linkcity lui céderait le bâtiment pour un montant que Catherine Grenier ne veut pas révéler mais qui se chiffre en plusieurs millions d’euros. La Fondation vendrait sans doute les locaux qu’elle occupe dans le VIe arrondissement et compléterait son financement par un emprunt profitant des taux immobiliers très faibles.

Le projet semble cocher toutes les cases de l’appel d’offres : un lien fort avec le XIVe arrondissement (Giacometti y a vécu une grande partie de sa vie) et un équipement culturel durable de haut niveau, destiné au grand public.

La restauration du bâtiment serait réalisée par l’architecte franco-libanaise Hala Wardé qui a travaillé pendant de longues années avec Jean Nouvel avant de créer son agence en 2008, tandis que l’aménagement des cours et jardins serait confiée au paysagiste Louis Benech et la scénographie à Adrien Gardère.

Ses quatre autres concurrents que sont « Ogic / La Loge », « BatiParis / Ecole des beaux-arts de Nantes (?) - Aurore », « Apsys / Scintillo » et « Altarea Cogedim – Histoire & Patrimoine/ Thanks for nothing »  n’ont pas encore rendu public leur proposition.

Les offres sont à remettre avant le 3 janvier pour une décision très rapide – en février 2020. De son côté la Fondation envisage une ouverture des lieux en 2024.

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