Mercredi 12 décembre 2018

Collection

Avenir incertain pour la collection de la baronne Thyssen-Bornemisza

Par Nathalie Eggs · lejournaldesarts.fr

Le 1 février 2017 - 589 mots

MADRID (ESPAGNE) [01.02.17] – Le contrat de dépôt de la collection de Carmen Thyssen au Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid est arrivé à échéance lundi 30 janvier sans que l’Etat et la baronne ne soient parvenus à un accord pour l’avenir. Les 429 œuvres composant la partie de sa collection conservée à Madrid sont menacées de sortie du territoire espagnol.

Le Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid est à une étape importante de son histoire. Le contrat de dépôt de la collection de Carmen Thyssen (73 ans), veuve du baron industriel Hans Heinrich von Thyssen-Bornemisza, est arrivé à son terme lundi 30 janvier 2017 sans qu’une solution n’ait été trouvée pour la suite. L’avenir des 429 œuvres de cette collection (qui compte entre autres des Monet, Sisley, Renoir, Degas, Gauguin, Rodin, Matisse et Picasso), déposée depuis 1999 au sein du musée madrilène et valorisée 750 millions d’euros, est très incertain.

Se voulant rassurant, Íñigo Méndez de Vigo, le ministre de l’Education, de la Culture et du Sport espagnol, a promis qu’un accord devrait être scellé à la fin de la semaine. A défaut d’accord, Carmen Thyssen (ou Carmen Cervera), menace de sortir sa collection du territoire espagnol, rapporte El Pais dans son édition du 31 janvier.

Quelle que soit l’issue des négociations, la pérennité du Musée Thyssen-Bornemisza de Madrid (hébergé au sein du Palais de Villahermosa) n’est pas en danger, rappelle le quotidien espagnol. L’essentiel des œuvres qui y sont conservées provient en effet de la collection du baron Hans Heinrich von Thyssen-Bornemisza, décédé en 2002. En 1993, le musée a fait l’acquisition de sa collection, composée de 775 œuvres allant du XIIIe siècle au XXe siècle, pour un montant de 350 millions de dollars.

C’est en 1999, que la collection du baron a été complétée par celle de son épouse Carmen, qui a conclu un contrat de prêt à long terme avec le musée madrilène pour une durée de 11 ans. Le contrat n’a toutefois pris effet qu’en 2002. A son échéance, la baronne avait vainement tenté de vendre la collection à l’Etat espagnol puis le contrat avait été prorogé d’année en année, jusqu’à ce que sonne le glas en 2016, avec une nouvelle échéance de six mois.


En 2011, elle avait ouvert un deuxième Musée Thyssen à Málaga, au Palais Villalón, où sont conservées 300 œuvres de peintres espagnols du XIXe siècle. Tout comme l’ensemble d’œuvres provenant de la collection du baron Hans Heinrich von Thyssen-Bornemisza, l’avenir des œuvres conservées à Málaga n’est pas en jeu, de même que celles du musée de la principauté d'Andorre dont Carmen Thyssen a annoncé l’ouverture il y a deux semaines.

A Madrid, Carmen Thyssen a toujours souhaité que la collection de son défunt mari et la sienne soient montrées ensemble. Le Palais de Villahermosa avait dans ce but bénéficié d’une importante extension en 2004. Hier, mardi 31 janvier, elle a réitéré dans un communiqué « son souhait le plus profond de conserver la collection en Espagne ». Mais la baronne conditionne le renouvellement de son prêt à un cadre juridique plus souple, avouant qu’elle pense désormais à sa succession (elle a un fils, Borja, né en 1980, et deux jumelles adoptées en 2007). Jusqu’ici, elle bénéficiait du droit de disposer de 10 % de la valeur de sa collection. La vente de la toile L’écluse de John Constable chez Christie’s Londres en 2012 représentait moins de 5 % de la valeur. Désormais, elle exige la disposition annuelle de quelque 60 œuvres, « pour pouvoir réaliser des expositions en Espagne et à l’étranger ».

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Le Musée Thyssen-Bornemisza à Madrid © Photo Luis GarcÁ­a - 2011 - Licence CC BY-SA 3.0

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