Dimanche 25 juillet 2021

Livre

Grande monographie

Diego Velázquez en sa constellation

Par Marie Zawisza · L'ŒIL

Le 15 avril 2015 - 336 mots

On pourrait croire que tout a été écrit sur Diego Velázquez. Mais sait-on toujours regarder sa peinture ?

Devine-t-on, dans le Portrait du Pape Innocent X, celui de Jules II peint par Raphaël ou celui de Paul III par Titien ? En regardant son jeune Philippe IV, dont il fut le peintre de cour, voit-on surgir le même souverain entouré d’anges immortalisé par Rubens ? Édité à l’occasion de la grande exposition du Grand Palais – dont l’auteur, Guillaume Kientz, conservateur des peintures espagnoles au Louvre, est précisément le commissaire –, Velázquez. L’affrontement de la peinture analyse les influences artistiques du peintre espagnol : avec érudition et finesse, l’auteur y replace cet artiste qui n’eut pas de suiveurs, ou presque, à la fois dans son siècle et dans l’histoire de l’art. Ainsi, dès les premières pages, nous voici emportés dans un tourbillon pictural, immergés dans Séville en 1600, entraînés au-dessus des vicissitudes terrestres par les anges, les saints et les Immaculées Conceptions du Siècle d’or espagnol, ou plongés dans les tavernes de ses bodegones – terme utilisé en art espagnol pour désigner des scènes de genre humble ou des natures mortes. Bientôt, s’ouvrira le bal des rois et des princesses des cours européennes, des nains et des bouffons, humains, si humains… Au fil des pages, l’ouvrage nous fait ainsi ouvrir les yeux sur la présence discrète de la Renaissance italienne dans les toiles de cet Espagnol dont la « modestie » dans l’art de peindre, dit-on, frappa Rubens – tout en soulignant, toujours, sa liberté, qui fait de Velázquez le peintre d’une « symphonie » unique. Car c’est bien de nous ouvrir les yeux qu’il s’agit : avec ses 427 illustrations parmi lesquelles figure l’ensemble des 130 tableaux peints par Velázquez, cet ouvrage de référence – qui l’est d’autant plus que la biographie et les études de l’historienne de l’art spécialiste du peintre, Enriqueta Harris, n’ont jamais été traduites en français – permet au lecteur d’accomplir un voyage non seulement intellectuel, mais également esthétique et sensible.

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Cet article a été publié dans L'ŒIL n°679 du 1 mai 2015, avec le titre suivant : Diego Velázquez en sa constellation

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