Numérique - Ventes publiques

Takashi Murakami interrompt soudainement sa vente en cours de NFT 

Par Charles Roumégou · lejournaldesarts.fr

Le 16 avril 2021 - 391 mots

Le plasticien suspend la mise en vente des œuvres en NFT, officiellement pour mieux comprendre les enjeux techniques.

Takashi Murakami. © Photo Claire Dorn, 2019, Takashi Murakami/Kaikai Kiki Co.
Takashi Murakami
© Photo Claire Dorn, 2019, Takashi Murakami / Kaikai Kiki Co.

C’est par un simple message posté en début de semaine sur son compte Instagram que l’artiste japonais Takashi Murakami a fait savoir à ses abonnés qu’il suspendait, jusqu’à nouvel ordre, sa vente d’œuvres NFT, intitulée Murakami.Flowers, lancée le 30 mars dernier sur la plateforme Open Sea, l’une des plus importantes places de marché permettant de collecter et d’échanger des jetons non fongibles uniques.

La raison ? L’artiste souhaite s’accorder plus de temps pour comprendre le fonctionnement des NFT. Lui et son équipe veulent en effet mener des recherches supplémentaires sur la meilleure façon de les vendre en toute sécurité. 

Au cœur de ses interrogations - tardives - le choix du format des NFT promis à la vente : soit le format standard ERC 721 (adapté pour les œuvres tirées à un seul exemplaire), soit le format ERC 1155 (adapté pour les œuvres en tirage numéroté). « Nous prévoyons d’examiner attentivement et de discuter de divers facteurs tels que le choix entre ERC 721 et 1155 en fonction de leurs avantages et inconvénients compte tenu du concept de mon œuvre », explique l’artiste sur le réseau social.

Cette vente était l’occasion pour Takashi Murakami de revisiter sa célèbre série Flowers, en créant 108 versions numériques de ses fleurs souriantes façon émojis dans un format 24 par 24 pixels en hommage à la Famicom, une console de jeux vidéo des années 1980 de la marque nippone Nintendo. Les 108 variations - un chiffre choisi pour sa signification dans le bouddhisme - devaient en principe être publiées sur la marketplace à raison de douze NFT par jour, chacun étant vendu séparément. 

Un projet qui, de l’aveu même de son créateur, trouvait en grande partie son origine dans le succès rencontré par la vente aux enchères du collage numérique de l’artiste Beeple, adjugé pour 69 millions de dollars en mars dernier chez Christie’s.

Avant d’être interrompues, certaines enchères auguraient de nouveaux records de vente : le premier NFT, baptisé #0000 Murakami.Flower, faisait par l’exemple l’objet d’une offre d’un montant de 144 éthers, soit environ 260 395 dollars (217 421 euros). Des enchères prometteuses qui tombent bien, Takashi Murakami a annoncé, le 1er juillet dernier, la faillite de sa société de production de films et de dessins animés, Kaikai Kiki, du fait de la pandémie de Covid-19.

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